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Bof
22 juillet 2026
1932 à New-Hope, quelque part en Oklahoma. Une petite bourgade avec sa mairie, son église avec un prêcheur apocalyptique, son café-restaurant où tout le monde se retrouve et son commissariat géré par un shérif solitaire. Une petite ville comme il en existe cent, habitée par des gens qui ont cru en un rêve de grandeur, de richesse et de fortune grâce à une terre féconde. Mais rapidement la désolation a remplacé les champs verdoyants, la sécheresse a appauvri les sols et les quelques brins de végétation qui parviennent à pousser sont ravagés par des lapins sauvages plus prolifiques que jamais. Alors la population s’en va. Furtivement. Discrètement pour ne pas être confrontée au maire qui a financé ce projet et qui pourrait réclamer des comptes...
Dans ce décor de la Prohibition d’après-guerre, une journaliste est venue, sous les traits de J.G. Jones qui a vraisemblablement pris Cate Blanchett comme modèle pour cette héroïne. D’ailleurs, tous les protagonistes semblent tout droit sortis d’un film en noir et blanc, à peine mâtiné de couleurs pour accentuer une scène. Orson Welles, Lily-Rose Depp et d’autres figures emblématiques du cinéma classique se donnent la réplique durant ces moments de vie figés dans les planches, avec un réalisme bluffant, comme sur la pellicule de Sarah, cette journaliste venue dans ce trou perdu des États-Unis en quête d’un sujet humanitaire à proposer à son journal.
Dans cette ville balayée par les « Dust Bowls » (tempêtes de poussière), ravagée par une multitude de lapins sauvages qui donnent lieu à des battues sanglantes à coups de bâton sur les crânes de ces pauvres bêtes, la jeune femme était loin d’imaginer que son reportage allait virer à une enquête criminelle d’envergure. Pourtant, tous les signes scénaristiques d’un polar sombre sont présents.
Phil Bram n’a omis aucun cliché sur ces villes paumées où la population se réduit comme peau de chagrin. Le prêcheur, dans sa paroisse, prône la vengeance divine en brandissant des serpents à chaque sermon. Le maire, en père presque mafieux, vocifère sur ces fermiers ingrats qui quittent SA ville en douce. L’idiot du village, pas si bête... Juste traumatisé par ce qu’il a vécu en Europe pendant la Grande guerre. Les trafiquants d’alcool toujours prêts pour un sale coup et les jeunes qui espèrent un jour quitter ce trou perdu. Puis le shérif passait son temps, jusqu’à l’arrivée de cette étrangère, à boire des alcools locaux et prohibés ou à dormir.
Mais il n’est plus l’heure de se morfondre sur son échec quant à l’enlèvement d’une petite fille des années plus tôt. Une famille a été brûlée vive en voulant quitter la ville. Et ce n’est que le premier crime pour cette année 1932 ! Les mystères se suivent mais si la qualité graphique enjoint le public à poursuivre sa lecture, la trame est relativement cousue de fil blanc. Comme s’il ne pouvait jamais rien arriver d’autre dans ces bourgades désolées... Alors on se retrouve à lire, plus par intérêt graphique avec le style d’un réalisme bluffant de J.G. Jones, que pour véritablement connaître le dénouement... que les amateurs du genre déduiront aisément bien avant la fin. Dommage.
Par Marc VANDERMEER
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Dust to Dust. Scénario : Phil Bram. Dessin : J.G.Jones. Editeur : Delcourt. 192 pages. Sortie : le 2 juillet 2026. Prix : 22,50 euros.
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