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Editions Fordis : une rentrée éclectique de classiques de la BD

Par Christian GRANGE 26 septembre 2026 
Pour cette rentrée 2026, l’intégrale de La Guerre des magiciens et le troisième polar de Sergio Toppi qui ont bénéficié d’une campagne de financement participatif, ainsi que Tiriel, BD oubliée de Raymond Poïvet et Jean-Pierre Dionnet, et Les Pionniers de l’espérance (T.8 de l’intégrale au long cours de cette série), et enfin, un western avec un nouvel album de la Jeunesse de Tex.
Editions Fordis : une rentrée éclectique de classiques de la BD

Créées il y a une quinzaine d’années, les éditions Fordis affichent quelque 80 albums publiés, dont certains sont aujourd’hui épuisés. En dépit des turbulences qui touchent actuellement l’édition du 9e art — hausse des coûts, difficultés de distribution, surproduction et son corollaire, le manque de visibilité en librairie —, voici un éditeur qui poursuit son chemin.

The Magicians War, l’intégrale (La Guerre des magiciens) reprend la série de bande dessinée en trois tomes écrite par Carlos Trillo et Robert Dal Pra, dessinée par Domingo Mandrafina pour les deux premiers volumes, et la complète avec un dernier épisode inédit, dessiné par Rodolfo Torti. L’histoire se déroule en 1936, à Berlin, où deux anciens inspecteurs de Scotland Yard, Bob et Charlie, spécialisés dans la traque des charlatans et des faux spirites, se retrouvent malgré eux impliqués dans une intrigue mêlant magie, espionnage et nazisme.
Un carnet de croquis et d’illustrations complète le récit, ainsi qu’un dossier consacré aux espions qui profitaient des spectacles de magie pour faire passer des messages aux résistants ou infiltrer l’ennemi.

Julia, l’éternel repos

Cette histoire constitue le troisième et dernier volet d’une trilogie policière dessinée par Sergio Toppi, grand dessinateur italien disparu en 2012. On y retrouve son style graphique sombre et une atmosphère pesante, parfaitement adaptés à l’univers de la série.

Le Saint George, une petite maison de retraite, est bouleversé par la mort atroce d’un homme déchiqueté par un monstre. Julia Kendall, criminologue et consultante auprès de la police locale, se lance dans une enquête complexe qui la confronte à l’horreur et aux mystères entourant cette mort. À noter : une exposition consacrée à Sergio Toppi se tient jusqu’au 31 octobre au château de Voltaire, dans l’Ain.

Les Pionniers de l’espérance, monument de la bande dessinée française dû à Roger Lécureux et Raymond Poïvet, apparaît dans l’hebdomadaire Vaillant en décembre 1945. Sa publication se poursuit jusqu’en 1973, notamment dans Pif Gadget, marquant l’imaginaire de plusieurs générations de lecteurs.
Publiée en albums de façon disparate, notamment aux éditions Vaillant puis dans la collection Copyright chez Futuropolis, cette série de science-fiction connaît enfin une réédition chez Fordis sous la forme d’une intégrale en huit volumes.
Notons d’ailleurs que la plupart des volumes précédemment publiés par Fordis sont aujourd’hui épuisés.
Raymond Poïvet avait fait l’objet d’une exposition exceptionnelle à Angoulême (voir ici l’article qu’ActuaBD lui avait consacré).

« Tout au long des dizaines d’épisodes publiés, de La Cité des ondes au Sanctuaire des glaces, en passant par l’extraordinaire Jardin fantastique, Lécureux et Poïvet auront bercé plusieurs générations de lecteurs dans une science-fiction inventive, esthétique et humaniste. » (Beaux Arts Magazine hors-série – Les Secrets des chefs-d’œuvre de la BD de science-fiction, 2016)

Autre nouveauté annoncée : La Jeunesse de Tex Willer, qui revient sur les jeunes années du célèbre héros, alors hors-la-loi solitaire, traqué pour un crime qu’il n’a pas commis : le meurtre de Joe Scott, éclaireur de l’armée. Dans ce huitième album, Les Cinq Doigts de la Main rouge, Tex poursuit son enquête et découvre peu à peu l’identité des tueurs.

La jeunesse du héros créé en 1948 est racontée par le scénariste Mauro Boselli et le dessinateur Marco Ghion. Les amateurs de western retrouveront ainsi la suite des aventures de ce personnage toujours aussi populaire.

Enfin, Tiriel, série créée par le tout jeune Jean-Pierre Dionnet et le dessinateur Raymond Poïvet, fait également son retour. Initialement publiée dans la revue Lucky Luke en juillet 1974, la série connaît une première édition en album, en noir et blanc, en 1975 chez Fernand Nathan. La suite, Retour à Golgondooza, paraît dans Métal Hurlant en 1982-1983. Cette réédition est complétée pour l’occasion par un texte mis en images par François Boucq, qui vient mettre un point final à l’histoire.

Voir en ligne : Site de l’éditeur

Par Christian GRANGE

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