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LA REVUE DE L’IMAGE POPULAIRE est une publication d’un intérêt irremplaçable, une des rares pour lesquelles on se dit qu’une subvention est indispensable (on espère que le Centre National des Lettres et la SAIF la soutiendra pendant encore longtemps). Car qui d’autre entretient comme eux la mémoire de nombreux illustrateurs inconnus, français ou étrangers, anciens ou contemporains avec une curiosité sans cesse renouvelée ?
Ce numéro en fait encore la démonstration. Chéri Hérouard (1881-1961), vous connaissez ? Nous non plus. C’était un des beaux illustrateurs de La Vie Parisienne. Des femmes affriolantes aux drapés « à la Fuller » dignes de Jules Chéret, une inventivité étonnante traduite par un dessin classique voire académique. C’est ce que nous fait découvrir l’érudit dossier de Guy Costes aux côtés d’étonnantes couvertures de premiers romans de fantastique des années 1920 comme La Dame aux écailles d’Albert-Jean ou encore ce roman érotique d’un certaine Jean Martinet [Sic] : Matée par le fouet (1930) que l’artiste signe d’un pseudo transparent comme un sous-vêtement féminin : Herric. L’icono est abondante et magnifique !
Comment se passer de cet article sur l’œuvre de Caza : « L’art de l’insolite et la quête de l’essentiel » de Stéphane Grobost, un coup d’éclairage utile sur l’un de nos plus grands dessinateurs de SF contemporains ? Ou encore celui de Jean-Jacques Lalanne sur la collection « Tous Frères » illustrée par René Follet ? Ou de cet autre de Julien Lauber sur Didier Savard dont peu connaissent l’étendue du travail ? De Dick Hérisson à Perlin & Pinpin, quel parcours !
Quelle autre revue y associerait cet article de Yves Frémion sur le dessinateur Jehan Pucelle, artiste du XIVe siècle à qui l’on doit entres autres la « Vie et Miracle de Saint-Denis » ? Ou ce travail olipien de Jacques Charlier en hommage à Man Ray, « Le La peint » ? Ou encore cet article de Gilles Ciment, bédé-cinéphile patenté, sur le travail graphique de David Lynch ? Ou les BD perdues (et retrouvées !) de Victor de la Fuente par Moises Hasson ? Ou ces palindromes graphiques débusqués du pseudo familier Théophraste Épistolier ?
Qui d’autre a une nécro aussi exhaustive des dessinateurs disparus que la rubrique « Mauvaises Mines » ? Et une recension minutieuse des censures dans le monde entier ?
Personne.
Se passer de ce puits de science pour 8€ seulement n’est pas seulement faire une preuve de mauvais goût, c’est l’aveu d’une immersion coupable et maléfique dans la fange de l’imbécillité.
DP
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