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Excellent
26 février 2026
C’était l’un des événements de l’année 2023 dans le monde de la bande dessinée, l’adaptation par Milo Manara du Nom de la Rose, le célèbre polar médiéval (et bien plus…) d’Umberto Eco paru en 1980, traduit en 43 langues et vendu à plus de 50 millions d’exemplaires. Après la somptueuse adaptation de Jean-Jacques Annaud au cinéma, et avant une comédie musicale et un opéra, c’est donc l’un des artistes les plus prestigieux du monde de la bande dessinée d’aujourd’hui qui propose sa propre version de cet ambitieux roman médiéval. Visiblement séduits par le projet, les héritiers d’Umberto Eco n’ont d’ailleurs pas hésité à donner carte blanche à leur compatriote italien pour ajouter une nouvelle dimension à l’œuvre la plus célèbre du professeur de sémiologie de l’université de Bologne.
L’histoire de ce roman philosophique commence en 1327, dans une abbaye bénédictine du nord de l’Italie, où plusieurs moines sont retrouvés morts. Pour découvrir l’assassin et mettre un terme à cette série de crimes avant l’arrivée d’une délégation de l’Église pour une importante réunion théologique, c’est un frère franciscain, Guillaume de Baskerville, qui est chargé d’enquêter dans cette abbaye inquiétante où nombre de moines ont des comportements suspects. Assisté par son jeune secrétaire, Adso de Melk – le narrateur du récit –, notre Sherlock Holmes médiéval a sept jours pour confondre le ou les coupables. Dans ce tome 2, tandis que le jeune Adso vit une folle étreinte amoureuse avec une jeune fille qui finira sur le bûcher, Guillaume rassemble petit à petit les indices qui vont lui permettre de résoudre cette enquête : empoisonnements, doigts tâchés d’encre, livre interdit, symboles cabalistiques… Toute l’affaire tourne autour de la riche bibliothèque de l’édifice, dont l’accès est interdit à l’enquêteur… La situation se complique quand, à la demande du pape, l’inquisiteur Bernardo Gui se rend à son tour au monastère…
Comme d’autres auteurs de BD, Milo Manara continue à 80 ans de produire des œuvres d’une haute qualité. Fruit de longues recherches graphiques menées en amont pour coller au plus près des descriptions du livre d’Umberto Eco, cet album est une réussite à tous points de vue : scénario, dessin, ambiance ou couleurs, réalisées par Simona Manara sous la supervision de son père, comme c’était déjà le cas pour les albums consacrés au Caravage. Pour l’anecdote, notons aussi une pointe d’humour du maestro italien, qui donne à Guillaume de Baskerville les traits de l’acteur américain Marlon Brando, ce dernier succédant ainsi à Sean Connery qui interprétait ce rôle dans le film d’Annaud. Ce bel album se conclut avec une postface de Jean-Jacques Annaud qui revient avec humour et talent sur sa relation féconde avec Umberto Eco et sur le travail de Manara, qui, selon lui, contribue, avec les futures comédie musicale et opéra, à faire du Nom de la Rose, plus qu’un livre : un mythe, une marque… Toujours éclectique et décidément infatigable, Milo Manara dessine actuellement un épisode de Sin City écrit par Frank Miller…
Par Dominique ERNST
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Le Nom de la Rose T. 2 – Par Manara d’après U. Eco – Ed. Glénat