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Favori de la rédaction
26 février 2026
Lorsque le film Miss Kobayashi’s Dragon Maid : Une dragonne en manque d’amour a été révélé pour la première fois en 2024, on a pu entendre un soupir de soulagement sur la toile. En effet, rien ne laissait penser que la série continuerait après la saison 2, Miss Kobayashi’s Dragon Maid S. Rafraîchissons-nous un peu la mémoire.
En 2017, le manga Miss Kobayashi’s Dragon Maid, né sous la plume de Coolkyousinnjya, est adapté en série par le studio Kyoto Animation. La série rencontre un franc succès, obtenant un score final de 7,9/10 sur la plateforme MyAnimeList. À l’époque, beaucoup n’attendaient qu’une seule chose : la suite des aventures de ces adorables personnages. Les lecteurs ont d’ailleurs eu la confirmation qu’une saison 2 était en cours de préparation en février 2019, annoncée sur la couverture du tome 8. Mais quelques mois plus tard, une tragédie vient tout bousculer. Le 18 juillet de cette même année, un incendie criminel est déclenché au studio de Kyoto Animation, faisant 34 victimes, dont le réalisateur de la série Yasuhiro Takemoto. Suite à cette tragédie, l’une des plus meurtrières de l’histoire du Japon contemporain, le sort de la série devient incertain. Le studio se reconstruit lentement, mais sans son réalisateur aux commandes, nul ne sait si Miss Kobayashi’s Dragon Maid aura droit à sa suite.
En 2021, la saison 2, Miss Kobayashi’s Dragon Maid S, sort finalement, après que Tatsuya Ishihara (derrière La Mélancolie de Haruhi Suzumiya, Clannad ou encore Nichijou) a repris les rênes. Le projet avait déjà été lancé, et l’équipe de Kyoto Animation semble avoir voulu l’utiliser pour rendre hommage aux membres du staff décédés dans l’incendie. Après cette deuxième saison, qui connaît un succès critique encore plus grand (8,21/10 sur MyAnimeList), la situation reste incertaine. Pour certains, Miss Kobayashi’s Dragon Maid S constituait le baroud d’honneur, une façon d’honorer le travail de Yasuhiro Takemoto, crédité à titre posthume. Silence gêné donc, du moins jusqu’en 2024, lorsqu’un teaser du film est révélé par Kyoto Animation. Au fur et à mesure des annonces, on comprend que le film, prévu pour l’été 2025 au Japon et début 2026 chez nous, adaptera l’intégralité du volume 8, soit les chapitres 69 à 78 du manga. Justement ce même volume qui annonçait la saison 2 en 2019, quelques mois avant l’incendie… plus de symbolique qu’il n’y paraît dans cette adaptation !
Ce long préambule terminé, que vaut Une dragonne en manque d’amour ? Spectateurs, soyez rassurés : Kyoto Animation a encore frappé juste et a très bien adapté l’histoire du manga original. On retrouve encore Tatsuya Ishihara aux commandes, qui confirme sa place d’héritier de Yasuhiro Takemoto pour reprendre les aventures de nos dragonnes. Le film se concentre cette fois-ci sur Kanna, l’iconique petite dragonne « kuudere » aux cheveux blancs, devenue l’une des représentantes les plus célèbres des personnages « loli », aux côtés de Shiro (No Game No Life), Louise de la Vallière (Le Familier de la Zéro) ou encore du cast de la plupart des anime de « magical girls ».
La vie paisible de la famille Kobayashi se voit soudainement bousculée par l’arrivée de Kimun Kamui, le père de Kanna, un dragon chef de la faction du chaos. Alors qu’une guerre armée semble inévitable entre les dragons du chaos et ceux de l’harmonie, Kimun Kamui exige que Kanna revienne pour l’épauler. En effet, la petite a brisé un orbe draconique, un puissant artéfact dont elle a absorbé les pouvoirs. Cette bêtise lui a valu l’exil jusque dans le monde des hommes, mais ce pouvoir est désormais convoité. C’est le choc pour Kanna, qui voit son père absent réapparaître soudainement pour lui demander une faveur. La petite dragonne doit alors choisir : suivra-t-elle ce père qu’elle connaît à peine afin de trouver sa place en tant que dragonne, ou s’accrochera-t-elle à cette vie humaine qu’elle a apprise à aimer ? Et qui est ce mystérieux Azad qui semble en savoir plus qu’il ne le laisse croire ?
On est ici dans le registre typique de Kyoto Animation : une histoire douce et personnelle. Derrière les guerres de dragons, c’est en réalité une histoire de parents et de famille. La question principale est la suivante : choisit-on vraiment sa famille ? Kanna a appris à vivre dans le monde humain sous la tutelle de la flegmatique Kobayashi et de Thor, qui agissent comme des figures parentales. Mais elle reste avant tout une dragonne, qui a vécu de nombreuses années aux côtés de son père biologique. L’histoire parvient à mêler des enjeux à grande échelle – on parle tout de même d’une guerre séculaire – et des questions beaucoup plus personnelles et intimes. Que doit penser Kanna de ce père absent, qui reconnaît pour la première fois sa valeur et lui demande de se tenir à ses côtés ? L’histoire met d’ailleurs en parallèle la situation de Kanna avec celle du coucou, cet oiseau qui pond ses œufs dans le nid d’autres oiseaux afin que ces derniers les élèvent à sa place. Kanna se sent comme un coucou venu bouleverser la vie ordinaire de Kobayashi. Même si cette dernière, en adulte responsable, continue de s’occuper de la petite. Kyoto Animation a bien compris les thèmes du manga original et les adapte avec justesse à l’écran.
On retrouve en effet la patte graphique caractéristique du studio, notamment dans le travail des couleurs. Kyoto Animation continue sur sa lancée d’œuvres très colorées et lumineuses, à la Beyond the Boundary et Violet Evergarden. Le studio excelle également dans les scènes d’action, d’un dynamisme impressionnant. Les scènes de bataille sont extrêmement fluides et très bien chorégraphiées. En effet, ce ne sont pas des humains qui se battent, mais des dragons surpuissants, ce qui donne lieu à des scènes mémorables et très dynamiques. On notera également la caméra, qui tournoie dans tous les sens pour suivre les personnages en pleine action. Les animateurs ont compris la liberté permise par une caméra virtuelle et s’en donnent à cœur joie. Mais on ne va pas tout vous décrire ici : vous pourrez en profiter vous-mêmes dans les salles obscures les 1er et 2 mars, puis sur Crunchyroll par la suite ! Sur ce point, espérons d’ailleurs que les ayants droit japonais et l’industrie cinématographique française parviendront un jour à trouver un accord sur les conditions de diffusion… on veut voir les films rester plusieurs semaines à l’affiche !
Toutes ces belles images seraient cependant bien tristes sans le travail des doubleurs japonais. Soyez rassurés, le cast original fait bien son retour dans ce film ! Yuuki Kuwahara réinterprète ainsi l’énergique Thor, la flegmatique Mutsumi Tamura revient proposer une superbe performance en tant que Kobayashi, et surtout, la star du film Kanna retrouve sa voix iconique, Maria Naganawa. Un seul changement de casting est à noter : Ilulu, la nouvelle dragonne présentée dans Miss Kobayashi’s Dragon Maid S, ne sera plus doublée par Tomomi Mineuchi. En effet, cette dernière avait annoncé se retirer du monde du doublage en 2022, sans donner de raison précise. C’est Shiori Sugiura qui reprend le flambeau, déjà forte de son expérience sur Looking up to Magical Girls et Sound ! Euphonium (cette dernière étant également produite par Kyoto Animation, vous voyez le lien). Les actrices originales se réapproprient facilement leurs personnages et transmettent des émotions fortes. Ces doubleuses étant désormais indissociables de leurs rôles, difficile d’imaginer une autre voix pour Kobayashi, Thor ou Kanna !
Miss Kobayashi’s Dragon Maid : Une dragonne en manque d’amour marque ainsi l’arrivée de nos dragonnes préférées sur le grand écran. Une suite attendue, qui confirme la place de la série comme enjeu majeur pour le studio Kyoto Animation. La série est presque une métaphore de la résilience du studio, qui s’est reconstruit après la destruction d’une partie de son travail et la perte de nombreux talents. La suite du manga aura-t-elle, elle aussi, droit à son adaptation ? Nul ne le sait avec certitude, mais on peut l’espérer. Ce qui est certain, c’est que Kyoto Animation et les dragons, c’est le grand amour ! Le studio a d’ailleurs déjà annoncé se charger de l’adaptation de Ruridragon, encore sans date de sortie. En attendant, pour retrouver les adorables aventures de la famille Kobayashi, rendez-vous les 1er et 2 mars dans les salles !
Par Akira OIKAWA
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