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Oh, quand j’entends chanter Noël, j’aime revoir mes joies d’enfant. Le sapin scintillant, la neige d’argent. Noël mon beau rêve bleu. Les fêtes de fin d’année sont synonymes de trêve et de partage. Les grands repas sont étalés jusqu’à pas d’heure, accompagnés de discussions allant du climat (froid), en passant par les souvenirs de famille, sans oublier le sujet aussi délicat que destructeur de la politique. Tout cela importe peu pour les jeunes lardons, déjà gagnés par l’impatience, qui n’aspirent qu’à une chose : éventrer les emballages des cadeaux.
Cette atmosphère de vie collective, à la fois conviviale et source de tensions, trouve un écho particulier dans deux univers emblématiques de la bande dessinée : Astérix et Les Schtroumpfs. C’est ainsi que l’on retrouve les joyeux petits bonhommes bleus en couverture du tout dernier hors-série de Spirou Magazine. Cette Une, inédite, est bien entendu signée par le Studio Peyo. Schtroumpfette y a fière allure en mère Noël.
Cette même couverture annonce quatre récits complets. Pourtant, à y regarder de plus près, on en dénombre cinq, dont deux consacrés aux fameux Schtroumpfs, à l’honneur.
Quel plus beau cadeau de Noël que l’arrivée d’un enfant. C’est le ressenti quasi général des Schtroumpfs dans le classique de Peyo Le bébé Schtroumpfs, à retrouver dans le magazine. L’un des derniers de la période Dupuis de la série. Au cours d’une nuit apaisée, une cigogne débarque au village des Schtroumpfs tenant en son bec un baluchon. Dans le tissu repose un bébé. Son service étant effectué, l’animal repart, laissant le petit être à sa nouvelle famille. Et oui, c’est bien connu, c’est ainsi que les bébés viennent au monde. Au petit matin, les Schtroumpfs constatent l’arrivée inopinée. Évidemment, instinct maternel oblige, la Schtroumpfette tombe immédiatement sous le charme du petit pleurnichard. Seulement, c’est la mort dans l’âme que les villageois réalisent bientôt qu’ils devront se séparer du nouveau-né. Mais l’amour est plus fort que tout, dit-on. Un récit des plus réconfortants, pour la fin d’année.
Attention cependant : Le magazine comprend l’histoire Le bébé Schtroumpfs et non les quatre histoires de l’album éponyme.
Dans Le Centième Schtroumpf - également présent dans le hors-série - la problématique rencontrée est que le vénérable Grand Schtroumpf n’arrive à en recenser que 99 pour la fête de la lune. Mais comment pallier ce manque à temps pour cette célébration qui a lieu tous les 654 ans ? Avec tous ces nombres, il y a de quoi en perdre son latin.
Vient ensuite une fameuse aventure de Spirou, signée par les tout aussi illustres Franquin et Greg, un choix qui coule de source, finalement pour un magazine Spirou… D’autant qu’il s’agit de Z comme Zorglub, la première apparition du savant fou comptant parmi les principaux ennemis de Spirou et Fantasio. Petit aparté, puisqu’on est sur un numéro spécial Schtroumpfs : Pourquoi personne ne fait le lien entre Zorglub et Gargamel ?
Les Soeurs Gremillet, est une série imaginée par les auteurs italiens Alessandro Barbucci et Giovanni Di Gregorio. Elle raconte le parcours de trois sœurs engagées dans une exploration intime de leurs origines familiales, dans un univers teinté de fantaisie. Dans le Giga Spirou, on découvre “Les trois souhaits”, la cinquième aventure du trio, tout naturellement mise à l’honneur puisqu’elle se déroule pendant la période de Noël. Si Sarah, Cassiopée et Lucille partagent leur quotidien ensemble, elles se retrouvent fort dépourvues lorsque vient l’heure de trouver des idées de cadeaux les unes pour les autres. Elles vont alors croiser la route d’un mystérieux père Noël qui va leur donner à chacune une allumette magique permettant de réaliser un souhait. La grande question est alors : que choisir ? Est-ce que cela va vraiment leur faciliter la tâche ? Un conte hivernal visuellement somptueux, pour ne pas dire féérique.
Enfin, en dernier présent de ce numéro, nous retrouvons Julia la seul, de David Boriau et Yuna Park. L’école n’est pas toujours l’étape la plus facile à traverser dans une vie. Alors, lorsqu’il faut en changer, ça n’aide pas forcément. Julia, la protagoniste de cette histoire, est orpheline, dotée de pouvoirs magiques et, par-dessus le marché, elle vit dans un manoir. Difficile, dans de telles conditions, de se fondre dans la masse. Notre chroniqueuse Bérangère Hallier a dit à la sortie de l’album : “Scénariste prolifique, auquel on doit récemment La fabrique des rêves, David Boriau signe un conte d’hiver sur le deuil, la famille et les amitiés. N’excluant pas certains clichés dans la représentation de l’adolescence, son récit plaira aux plus jeunes qui ne manqueront pas d’être séduits par le graphisme de la Coréenne Yuna Park, dont les teintes sépia et la rondeur du trait créent une atmosphère douce et délicate. Une dessinatrice à suivre qui promet de beaux albums à venir !”.
Outre ces récits complets, on retrouve aussi dans ce méga Spirou son lot de gag, allant de Cédric, Elliot au collège, en passant par Gaston. D’ailleurs, comme l’a tout récemment relayé notre directeur, Charles-Louis Detournay, le numéro de Spirou du 17 décembre a annoncé la fin de publication d’un titre emblématique des éditions Dupuis : la série Dad, créée par Dav. Nous sommes encore sous le choc, et ce Spirou XXL ne constitue au final qu’une bien maigre consolation. On se réjouira toutefois de trouver des pages de l’attachant père de famille et de son quatuor de filles.
Par Rémi BARNAULT
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