Ressuscité d’entre les morts, Jean Philippe Baptiste Gagnière alias Gueule de cuir, en raison de son masque aux pouvoirs incroyables, s’est lancé à la poursuite du Roi des tombes, un assassin d’enfants aux rituels ésotériques. Ce justicier aux allures de super-héros dispose de peu d’alliés : un alchimiste, des membres de la troisième triade, un oiseleur et une drôle de veuve.
Dans ce nouvel épisode, on apprend que Paris et le pouvoir royal est menacé par La Sarne, un mystérieux breuvage assimilé à une drogue dont le Roi des tombes entend inonder toute la ville. Notre justicier masqué se voit donc confier la mission d’éradiquer le phénomène et délivrer Fabre, un alchimiste kidnappé et au service de ce sinistre projet. Gueule de cuir se retrouve contraint d’agir pour le compte de Richelieu, afin d’éviter l’empoisonnement du Royaume. Dans quelle mesure cette alliance de l’épée et du goupillon sera à la hauteur, pour venir à bout du sinistre Roi des ombres et des groupes qui se disputent le pouvoir sur la ville ?
Dans ce second tome, notre justicier se trouve confronté à de nouveaux défis dans son combat implacable face au mystérieux Roi des tombes. L’intrigue plutôt confuse et sombre dès le premier album se dévoile un peu plus au risque de reprendre un schéma narratif conventionnel, allant jusqu’à transformer l’ennemi en une sorte de narco trafiquant. Une évolution vers des préoccupations plus mainstream et signifiantes pour le lecteur d’aujourd’hui ?
Tout en reprenant les codes du comics et en les adaptant à la France du Grand Siècle, Pierre Pevel développe son scénario avec bien des rebondissements et une galerie de personnages bien typés. Mais c’est bien évidemment l’efficacité, la finesse du trait et le dynamisme du graphisme de Stéphane Créty qui accrochent le lecteur. Avec une série de plongées, une grande variation de plans et une accumulation de points de vue vertigineux au-dessus des toits de paris, il nous entraîne à la suite de ce héros incroyablement bondissant. La restitution d’atmosphères très cinématographiques apporte un rythme effréné à ce mélange d’aventures, d’ésotérisme et de fantastique. Mention spéciale au très beau travail du coloriste Jérôme Maffre, dont l’éditeur a eu la délicatesse de placer le nom en couverture. Une pratique encore trop peu courante.
Le troisième volet devrait faire la synthèse des questions qui restent en suspens. Il devrait également renouer les fils de cette intrigue de cape et d’épée sombre et violente.
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.