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Très bon
12 septembre 2026
Passionné de récits maritimes et de pirates, Oscar mène une vie paisible entre la boulangerie familiale et Jéo, son ami écrivain amateur. Plutôt solitaire, le jeune garçon rêve d’aventures devant les grands voiliers qu’il voit accoster dans la petite cité portuaire où il vit avec sa mère. Ces navires venus d’ailleurs sont autant de promesses d’évasion pour celui dont l’existence semble, jusque-là, devoir se dérouler à quai.
Alors qu’il effectue une livraison à bord de l’un de ces bâtiments amarrés au port, Oscar s’aventure un peu trop loin et fait la rencontre d’une étrange jeune fille aux cheveux bleus. Ce hasard va l’entraîner dans une série de péripéties où il croisera des espions lancés à la poursuite de la dénommée Carole, tandis qu’un énigmatique médaillon, objet de toutes les convoitises, semble détenir la clé de l’aventure. Voilà notre jeune mitron embarqué bien malgré lui dans un monde qui ressemble soudain à ceux des récits qui le faisaient rêver.
Après le succès du Monde de Milo (avec Richard Marazano, Dargaud), Christophe Ferreira entame une nouvelle épopée pleine de rebondissements et d’évasion, plutôt destinée au jeune public. Venu de l’animation et installé au Japon, l’auteur déploie un style semi-réaliste où se conjuguent une esthétique issue du manga et une belle maîtrise de l’aquarelle. Ses personnages évoluent dans des décors particulièrement soignés, où les ruelles, les quais, les navires et les paysages donnent immédiatement corps à cet univers maritime. Une attention portée aux ambiances qui n’est pas sans rappeler, par moments, le cinéma de Hayao Miyazaki.
Les tribulations d’Oscar s’inscrivent ainsi dans un univers coloré et chatoyant, qui fait de l’appel du large l’un de ses principaux moteurs. Ferreira sait jouer de l’opposition entre la quiétude de la petite ville portuaire et l’irruption progressive du danger : il suffit d’un bateau, d’une rencontre et d’un médaillon pour que le quotidien du jeune garçon bascule dans l’aventure.
La narration, mouvementée sans devenir confuse, enchaîne poursuites, rencontres et révélations avec l’efficacité nécessaire pour entraîner son jeune lecteur dans son sillage. L’ensemble ne révolutionne certes pas les codes du récit d’aventures maritimes, mais les utilise avec suffisamment de générosité et de savoir-faire pour donner envie de prendre la mer avec Oscar.
Autant d’éléments susceptibles de séduire le jeune public, qui devra toutefois attendre le second tome pour connaître la suite de cette épopée sympathique, dépaysante et joliment menée.
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