Charlie quand ça leur chante : le brûlot d’Aurel contre les récupérateurs de l’esprit Charlie

Par Jorge SANCHEZ Favori de la rédaction 9 février 2025 
Dix ans après le drame de Charlie Hebdo, que reste-t-il de « l'esprit Charlie » ? Après l’assassinat, le 7 janvier 2015, des dessinateurs Cabu, Charb, Honoré, Tignous et Wolinski, (parmi les plus importants en France), le dessin de presse, et l’humour d’actualité au sens large, sont en crise. Aurel nous propose 32 pages d'un essai critique incisif et séduisant pour nous aider à réfléchir sur les nouveaux défis que doit affronter le cartoon quotidien.

Sorti chez Futuropolis 24 heures après les grandes commémorations du 7 janvier 2025, presque a sotto voce, l’album d’Aurel nous offre un portrait cru et très inquiétant de l’état des faits. Auteur rompu au dessin de presse et à la BD politique, Aurel (Grand prix de l’humour vache 2012) peut bien se positionner pour donner son avis sur l’état actuel de « l’esprit Charlie ».

Ayant fait le tour de la majorité des grandes rédactions du pays avant ses 35 ans, et quelques albums d’enquête sur les affaires sensibles de la classe politique à son palmarès, son essai met en lumière la récupération cynique des élites et les systèmes de quadrillage ayant pris place depuis les attentats pour museler le dessin de presse, tout en feignant d’en encourager la pratique.

Charlie quand ça leur chante : le brûlot d'Aurel contre les récupérateurs de l'esprit Charlie
Charlie quand ça leur chante. Aurel, éd Futuropolis.
©Futuropolis

Faisant feu de tout bois, Aurel s’évertue à déployer un arsenal graphique et iconographique particulièrement efficace, afin de rendre la lecture d’un sujet sensible et complexe, une expérience accessible, capable de déverser l’équivalent de trois dossiers Mediapart en quelques planches. Humour grotesque, métaphores littéraires, allégories, etc. Tout concourt ici pour nous dévoiler la face cachée du « Je suis Charlie » en 2025, sans oublier d’en tirer de nous, bien malgré tout, un sourire.

Charlie quand ça leur chante. Aurel, éd Futuropolis.
©Futuropolis

Le constat est sans appel. Le dessin de presse semble atteint d’un mal incurable depuis trop longtemps. Une maladie inexorable et terrifiante qui, à l’instar du Mal bleu de Thorgal, relègue les souffrant a des léproseries distantes, afin qu’ils meurent en silence sans contaminer ses confrères journalistes. Les postes de dessinateur ferment dans les grandes rédactions [1] et la majorité des auteurs peinent à rejoindre les deux bouts du mois. Mais comment en est-on arrivés là ?

Aurel nous propose trois dispositifs semi-indépendants, mais qui, de concert, semblent destinés à rayer des journaux le noble métier. Dans un premier temps, et cela ne surprendra pas les connaisseurs, la précarité. Celle-ci, nous le savons déjà [2], affecte de grands pans des catégories professionnelles des artistes, mais dans le cas des dessinateurs de presse, plusieurs embûches s’enchevêtrent au moment de rémunérer les auteurs.

L’auteur pointe en particulier les tarifications défavorables, paramétrées sans la prise en compte de l’avis des artistes, la stratégie de démultiplier les contrats avec plusieurs prestataires afin de ne pas justifier un emploi salarié à temps plein dans l’équipe de rédaction,"l’oubli" des dessinateurs dans les négociations syndicales, l’inéluctable chute libre de la vente en papier aux kiosques, doublé d’un manque de volonté des directions d’accompagner ses dessinateurs vers la transition numérique… Tout cela concourt à décourager de nouveaux aspirants !

Charlie quand ça leur chante. Aurel, éd Futuropolis.
©Futuropolis

Selon lui, la plus grande menace contre la démocratie aujourd’hui réside dans le contrôle exercé par les ultrariches sur les espaces d’expression libre, tels que la presse et les réseaux sociaux. La dernière illustration de ce phénomène remonte à début janvier, lorsque Ann Telnaes, caricaturiste au Washington Post et lauréate du prix Pulitzer, a claqué la porte du journal après 16 ans de collaboration. En cause : la décision de la rédaction en chef de ne pas publier l’un de ses dessins, qui tournait en dérision Jeff Bezos, fondateur d’Amazon et propriétaire du quotidien, cherchant à s’attirer les bonnes grâces de Donald Trump.

Caricature refusée d’Ann Telnaes par le Washington Post
©Ann Telnaes

Le deuxième étau est bien plus redoutable. Il s’agit d’une frange de la classe politique dont Aurel dénonce la mainmise sur les médias afin de monopoliser les discours sur ce que le dessin de presse doit ressembler, tout en le désarmant de son potentiel critique.

Pour Aurel, les attentats de 2015 ont été utilisés par une partie de ce que l’on nomme parfois la « gauche caviar », pour s’auto-titrer les défenseurs de « l’esprit Charlie », tout en s’arrogeant un droit de veto sur ce que celui-ci signifie.

Nuance a noter : Aurel néglige des termes plus taquins comme « progressistes à Rolex » ou « champagne socialists », pour utiliser celui qu’il trouve plus adéquat, celui de « néo-réacs » [3]. Il remarque que depuis 2015, c’est constitué un réseau de copinage entre des mouvements, selon lui, prétendument progressistes comme Le Printemps républicain ou l’actuelle direction de Charlie, avec le complexe Bolloré de médias conservateurs. Un réseau qui depuis sa nouvelle posture d’arbitre de ce qui est « l’esprit Charlie », s’autorise à censurer et attaquer toute critique à son système idéologique conservateur en dehors du cadre légal.

Notamment, en restructurant les débats autour de la laïcité afin d’en créer un fer de lance pour « cacher [son] racisme antimusulman  », et s’attaquer aux intellectuels qui militent pour l’inclusivité en les assimilant a des « crypto-terroristes ». Une sorte d’ « éditocratie » ayant fait du dessin de presse son armure pour véhiculer sa lecture étroite et auto-refférencielle.

©Futuropolis

L’auteur utilise comme exemple le cas de Guillaume Meurice, humoriste chez France Inter, expulsé de l’antenne, suite à une blague sur le Premier ministre d’Israël, Benjamin Netanyahu, actuellement sous le coup d’un mandat d’arrêt -fortement contesté- par la Cour Pénale Internationale, pour « crimes contre l’humanité ». Une décision suivie par de nombreux départs d’humoristes de l’antenne.

En dépit du classement sans suite de son cas, son licenciement fut salué par de nombreux défenseurs de « l’esprit Charlie » (Riss, le directeur de Charlie Hebdo, a précisément ciblé Guillaume Meurice en déclarant : «  L’esprit Charlie n’est pas une poubelle pour y jeter ses propres cochonneries  » [4].

Aurel recontextualise cette mise au carreau extrajudiciaire de la liberté d’expression dans un contexte plus large en rappelant qu’en 2010, les humoristes Didier Porte et Stéphane Guillon, furent licenciés suite à leurs critiques de Dominique Strauss-Kahn. Des licenciements plus tard déclarés « sans cause réelle ni sérieuse » par le tribunal des Prud’hommes.

Forts de ce système monopolisant les discours publics, cette élite ferait usage, selon Aurel, d’un arsenal idéologique déployés comme axes thématiques pour les grands débats télévisés, telle l’omniprésente et pourtant insaisissable, “Cancel Culture”), un terme issu de l’extrême droite américaine, tout en critiquant les mouvements progressistes d’être sous l’emprise de mouvances tentaculaires venues d’outre-Atlantique.

Voilà, la phrase est dite.
©Futuropolis

Incidemment (ou à propos selon d’autres), il en découlerait un système de préférences non-avouées, celui des auteurs dénommés les « Coco-Plantu », désignant la caste des quelques dessinateurs se passant le relais des projeteurs en proposant une production peu risquée en ligne avec les vues des dites élites, très loin de susciter le grincement des dents qu’Hara-Kiri, La Gueule Ouverte, L’Enragé ou... Charlie Hebdo, suscitait jadis auprès de la bourgeoisie bien-pensante.

Caricature de Bakonet Jackonet, auteur et dessinateur d’actualité, notamment connu pour ses contributions pour Zitrance.
©Bakonet Jackonet

Le troisième étau décortiqué par Aurel est celui de l’auditoire dit « woke », celui d’une « société plus chafouine », comme le dit l’auteur, qui opère avec un certain décalage référentiel et analytique par rapport à la tradition du dessin de presse francophone et qui se retrouve souvent à lire et à condamner certains auteurs ou caricatures comme offensants, voire complaisants envers des injustices comme le racisme, la misogynie, etc.

Dans ce sens, nous remarquons depuis des années comment beaucoup d’artistes se confrontent souvent au mur invisible de la vitesse. La vitesse de la communication d’images et de mots-clés (souvent sous la forme de hashtags ou de slogans), qui re-contextualisent la création artistique dans des registres étrangers à ceux de sa production, et parfois bien à ses dépens.

Extrait de son cadre éditorial, le post d’un cartoonist est twitté (ou blueskypé pour les plus alternatifs), puis transformé en meme ou en gag de reel, quelques dizaines de milliers de fois, avant même que l’auteur ai pris sa pause dej et aille regarder son portable sur le comptoir du café.

Ainsi, une métaphore sur la violence indiscriminée peut-être lue comme une apologie de la maltraitance animale ou une satire de l’orthodoxie religieuse relue sous le prisme des invectives conservatrices contre les communautés des Musulmans et des Arabes en France.

À gauche, le dessin publié chez Libération par Coco satirisant la pratique du Ramadan en pleine guerre contre Gaza, lui ayant valu de nombreuses critiques. À droite, le dessin proposé par Amad pour Les Répliques, reprenant l’esthétique de la dessinatrice pour satiriser les consignes éditoriales de Dov Alfon.
©Libération & ©Les Répliques

Au lieu de chercher le rire sans aucun recul par facilité et paresse intellectuelle, Aurel nous invite a dépasser nos a priori, et voir dans les arguments des nouvelles générations plus que des censeurs « wokistes ». Sans renoncer à l’irrévérence, il enjoint ses confrères et ses lecteurs à garder à l’esprit l’importance de ne pas blesser inutilement et d’exercer notre liberté d’expression avec discernement. Il ne s’agit point d’autocensure, mais de prendre le temps de réfléchir aux idées et aux stéréotypes que les blagues peuvent véhiculer.

En somme, l’humour n’est pas menacé sur ce front, mais il doit évoluer en tenant compte des changements de société.

Charlie quand ça leur chante. Aurel, éd Futuropolis.
©Futuropolis

Autopsie d’une mort annoncée (ou presque), le dessin de presse dans son format actuel semble destiné à disparaître par le concours de toutes ses forces concomitantes. Funambules des comités de rédaction, les dessinateurs ont un long chemin de croix devant eux.

Au-delà de l’appel à lire de la presse dessinée, selon Aurel, le renouveau du dessin de presse, qui traduit souvent ce que le journaliste ne peut exprimer par écrit, passera par un retour à son esprit d’irrévérence primaire. Cependant, de véritables changements systémiques doivent aussi être au rendez-vous, afin qu’on ne décapite pas le dernier fou qui se moque de la nudité du roi, puisque le rire, n’en déplaise aux nantis, est trop souvent notre seul canari prévenant du grisou par les temps obscurs.

©Futuropolis

Voir en ligne : Traits engagés Les dessinateurs de presse parlent de leur métier

Par Jorge SANCHEZ

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Code EAN : 9782754846912

Charlie quand ça leur chante - Par Aurel. Éditions Futuropolis. 32 pages - 6€ 90.

– La chronique "L’hommage à Charlie Hebdo : 10 BD pour mieux commémorer" par Didier Pasamonik

– L’interview "Guillaume Meurice : « Aujourd’hui, le réel dépasse la caricature »" par Christian Missia Dio

– La chronique "Les 3 vies d’Arminé" par Oussama Karfa

– La chronique "Singes" par David Taugis

– La chronique "Faire la Loi" par Didier Pasamonik

– La chronique "La Menuiserie, chronique d’une fermeture annoncée" par David Taugis

[1] Selon la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels, en 2024, seulement 36 dessinateurs et dessinatrices de presse étaient rémunérés en tant que salariés en France, dont cinq en CDI.

[3] Il s’agit ici de réactionnaires au premier sens du mot en politique, à savoir, tout courant opposé à un changement du statu quo social et/ou économique.

Futuropolis ✏️ Aurel à partir de 16 ans Dessin de presse Critiques, essais et analyses de littérature Charlie Hebdo
 
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18 Messages :
  • C’est con, pendant deux paragraphes, j’ai cru que ça allait m’intéresser, et boum, écriture inclusive. L’écriture inclusive ne passera pas. Adieu.

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    • Répondu le 9 février 2025 à  16:35 :

      « L’écriture inclusive ne passera pas » On a les combats qu’on mérite.

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      • Répondu par Joko57 le 10 février 2025 à  16:28 :

        L’écriture inclusive comme arme féministe... Rien que ça (par sa prétention induite) c’est plus comique qu’un dessin de presse.
        Sacré génération de rebelles en papier mâché va.

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    • Répondu le 9 février 2025 à  17:46 :

      Ce genre de réaction épidermique et crispée, c’est formidable comme ça illustre un fossé générationnel ! :-)

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    • Répondu par Joko57 le 10 février 2025 à  16:26 :

      Même chose : écriture inclusive, stop vraiment je peux pas. J’ai été à l’école en apprenant difficilement la langue française, et pas ce gloubi-boulga qui prétend lutter pour la cause féministe
      avec des résistants d’opérette "No Pasaran".

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    • Répondu par Nicolas le 11 février 2025 à  05:25 :

      Vous vous moquez de lui, alors qu’un tel rejet est sûrement synonyme de profond malaise chez ce monsieur. Il faut en parler.
      Que reprochez-vous à l’écriture inclusive ? Vous préfériez avant, quand le féminin était mis entre parenthèses ? Quelle différence cela fait pour vous ?
      A mon avis pour la lecture cela ne fait pas grande différence en vérité... et cela permet de ne pas reléguer le féminin à un rôle... entre parenthèses. Ou alors vous avez l’impression que ce type d’écriture a été davantage imposé par une tendance politique que vous rejetez systématiquement ? Dans ce cas c’est pour vous un combat politique et l’un n’y peut rien.

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      • Répondu le 11 février 2025 à  08:55 :

        Être pour ou contre l’écriture inclusive est une posture politique et rien d’autre. Mais à la fin, c’est toujours l’usage qui décide.

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  • Grands mercis à Aurel pour ce travail salutaire.
    C’est malheureusement vrai que le dessin de presse se meurt . Il n’était déjà pas en grande forme avant les attentats de 2015, mais ces évènements ont accéléré son déclin. Plus de support, plus de budget, plus d’envie des rédactions, la peur de ces rédactions, leur lâcheté devant leurs actionnaires etc... bref, plus de boulot pour les dessinateurs de presse.

    L’excellent Daniel Schneidermann a trouvé le nom adéquat pour cette idéologie néo-réac qui se réclame éhontément de Charlie Hebdo : Le Charlisme.
    Il vient de sortir un livre au Seuil : « Le Charlisme : Raconté à ceux qui ont jadis aimé Charlie »

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    • Répondu le 10 février 2025 à  07:25 :

      « L’excellent » Daniel Schneiderman n’est pas lui non plus exempt de tout reproche et de toute démagogie. Il travaille d’ailleurs à Libération comme Coco, qui est visée par les reproches que Aurel fait un peu à tout le monde dans ce livre. Vous parlez du « charlisme » qui serait désormais un marqueur d’islamophobie de droite ? Il faudrait parler aussi du « kouachisme » d’une partie de la gauche qui semble considérer que les dessinateurs de Charlie l’avaient un peu beaucoup cherché…

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    • Répondu par Joko57 le 10 février 2025 à  16:32 :

      Oh bon sang , un nouveau concept gaucho : Le charlisme ! Et qui serait néo-réac (horreur : vite rétablissant la peine de mort pour ceux qui ne pensent pas comme moi). Et les islamistes terroristes qui massacrent une jeunesse dans un Bataclan, ou bien pratiquement toute la rédaction d’un journal humoristique ? Ça s’appelle comment dites-moi monsieur le donneur de leçon ?

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      • Répondu par Urbain le 11 février 2025 à  08:49 :

        Il vous l’a dit l’autre anonyme, le kouachisme, puisque les journalistes "l’avaient bien cherché".

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      • Répondu le 11 février 2025 à  15:25 :

        Déterrer la vieille et insignifiante querelle Siné-Val 15 ans après, relativiser les attentats de 2015 en sous-entendant que les auteurs de Charlie assassinés étaient avant tout anti-musulmans, et transformer Guillaume Meurice en victime de la liberté d’expression… ça fait peut-être un peu beaucoup, non ? L’extrême-droite et les islamistes me font toujours aussi peur, mais il y a clairement une partie de la gauche qui a besoin de très longues vacances pour reprendre un peu ses esprits.

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  • Je lis toujours Charlie, et j’aime bien.
    7 juillet 2025 10:40, par Cheriez

    C’est vrai que cette BD,’avec l’écriture inclusive, ça devient plutôt lourdingue. Mais bon, je suis quand même allé au bout, et j’ai réalisé que j’étais un néo-réac : c’est l’horreur !

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    • Répondu le 7 juillet 2025 à  16:02 :

      C’est compliqué cette BD quand même. Aurel n’est pas le génie du dessin de presse, ça se saurait. Dans sa position, faire la leçon à des gens comme Coco qui ont plus de talent que lui, c’est délicat. Et la gueguerre permanente depuis 20 ans entre la gauche radicale/LFI/Mediapart accusée d’être islamo-compatible et la gauche modérée Charlie/Libé/Printemps Répu, accusée d’être de droite (ou néo-réac) finira par lasser tout le monde, d’autant plus qu’ils s’agit de deux gauches tout autant bourgeoises l’une que l’autre, et que à force de s’entre-déchirer, c’est bien l’extrême-droite qui va gagner.

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      • Répondu par cheriez le 8 juillet 2025 à  07:46 :

        Oui, on est dans le tragique total : d’un côté l’extrême droite qui fricote de plus en plus avec la droite (ou l’inverse) et ces deux gauches qui ont tellement de points de divergence qu’elle ne s’unissent que par calcul électoral. Que faire ?

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        • Répondu le 8 juillet 2025 à  11:43 :

          Rien pour l’instant, ça prendra une génération encore pour que ces deux gauches irréconciliables (comme disait Valls) sortent de leurs différends nombrilistes et se souviennent qu’elles sont censées s’adresser aux catégories populaires de la population. D’ici là, on continuera à voter pour des centristes pour faire barrage à l’extrême-droite, tant que c’est encore possible.

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      • Répondu le 8 juillet 2025 à  09:56 :

        "garder à l’esprit l’importance de ne pas blesser inutilement et d’exercer notre liberté d’expression avec discernement. Il ne s’agit point d’autocensure..." ben si, on y est dans l’autocensure, c’est de la moraline. Et pendant ce temps là, l’extrême-droite se régale.

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        • Répondu le 8 juillet 2025 à  15:03 :

          Totalement. Si l’humour ne doit pas blesser inutilement, autant arrêter l’humour tout de suite.

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