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Très bon
28 mai 2026
Madeleine a recouvert les murs de sa chambre de posters de ses films et séries préférés : Virgin Suicides, Buffy contre les vampires ou encore Scream. À force de vivre entourée de personnages de teen movies, on finit par leur ressembler : Madeleine corrige ses traits d’un coup de gloss ou de mascara, papote avec ses copines aux toilettes, collectionne les stickers kawaï, rêve au son de la musique pop et est amoureuse (mais c’est un secret)... Somme toute, une adolescente comme il en existe tant d’autres.
Seulement voilà, Madeleine fait du sport, et pas n’importe lequel... du sumo ! Ce n’est pas une lubie ; c’est une passion. La jeune fille se verrait bien championne. Elle mène le combat de sa vie : celui de s’imposer en tant que femme dans un univers traditionnellement très masculin.
La future athlète dévore la vie à pleines dents. Les provisions de son frigo également. Elle sent le regard des autres. La société n’aime pas les « gros », encore moins quand il s’agit d’une femme. Parviendra-t-elle à faire accepter sa vision de la féminité ?
Comme dans la série Mi-Mouche (de Maurel et Cazot), l’album s’attache particulièrement à rendre compte de la relation parent-enfant. La mère de Madeleine ne comprend pas les choix de sa fille, pour qui elle rêve de grandes études placées sous le signe de l’excellence scolaire. Cours particuliers, surveillance étroite des emplois du temps... rien ne doit entacher une partition réglée au millimètre près. Le père, lui, se mure dans le silence, perdu entre une épouse qui le houspille sans cesse, une fille qu’il n’arrive pas à cerner et un passé qu’il a choisi de taire à jamais.
Venu de l’audiovisuel, le scénariste Guillaume Scaillet signe ici son premier roman graphique. On peut indéniablement parler de réussite, mais la véritable révélation de cet album est surtout Léa Hybre dont le talent se manifeste à chaque page. Son trait faussement naïf apporte une légèreté bienvenue à un sport réputé brutal. Les planches ont été colorées aux feutres à alcool, un choix peu commun en BD, qui teinte le récit d’une ambiance résolument moderne et pop. Et comme à leur habitude, les éditions Sarbacane font bien les choses : la qualité d’impression de l’ouvrage permet d’apprécier pleinement ces couleurs acidulées.
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Sumo Girl - Par Guillaume Scaillet et Léa Hybre - Ed. Sarbacane