Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
- Comment devient-on directeur de collection de BD quand on est journaliste ?
— Je suis journaliste, donc je collabore avec des gens qui font des reportages inspirants dans le monde entier. Je suis un grand fan de romans graphiques et j’ai eu envie de raconter autrement ces histoires du bout du monde, avec le regard magique du duo journaliste/auteur de BD. C’est alors que j’ai proposé à Steinkis et à Editis, à l’époque, de créer cette collection.
- Comment choisissez-vous les sujets ?
— C’est assez facile, en fait, c’est en discutant avec les gens extraordinaires qui m’entourent. Je vois leurs sujets et, quand l’un me parle, on en discute pour trouver un angle intéressant qui pourrait être raconté en BD. Ensuite, on le propose à Steinkis qui entre dans la danse.
- En tant que directeur de collection, avez-vous un regard sur la partie graphique de la BD ?
— Comme directeur, et comme journaliste, mon rôle est plus axé sur le fond, sur le scénario. Les équipes de Steinkis sont composées de professionnels de la bande dessinée, c’est plutôt leur partie. Mais évidemment, je tiens un rôle dans le choix et le suivi du développement graphique.
- D’un point de vue personnel, que représente la BD ?
— La BD permet de s’évader, même si ce n’est pas un scoop. Mais surtout, c’est un espace de création fabuleux. J’ai toujours lu des bandes dessinées, d’abord classiques, puis j’ai évolué et je suis fasciné par le dessin et la richesse des auteurs et autrices de BD. Je trouve que c’est le dernier espace de création de tous les possibles.
- Vous dites que la BD aide à s’évader, or Témoins du Monde est une collection de bandes dessinées de reportage, souvent ancrées dans des réalités dures. Qu’est-ce qui en fait la particularité ?
— C’est vrai que la collection est beaucoup plus ancrée dans le réel. Mais le dessin permet de créer une distance. Ça me plaît beaucoup et surtout, par rapport à des documentaires audiovisuels, la collection permet de toucher un public plus jeune, surtout les moins de 40 ans, mais aussi plus féminin. Ça permet de rendre accessibles des sujets essentiels aux réalités très dures. Au-delà du cliché, je l’ai beaucoup constaté en salon. Et ça me rend fier d’avoir créé cette collection.
- À partir de cette année, la collection est gérée uniquement par Steinkis. Dans le rétro, quels sont pour vous les principaux faits d’armes de la collection ?
— On a débuté avec une BD de Feurat Alani sur Falloujah, malheureusement sortie en plein milieu de la crise du Covid. Mais ensuite, la collection s’est installée petit à petit. Jusqu’au premier succès avec Tropique toxique. Et aujourd’hui, je suis heureux de voir que des sujets que l’on pensait plus confidentiels, ou pouvant freiner les lecteurs, ont de beaux succès d’estime. Comme Les Filles du Kurdistan ou le génocide des Tutsi au Rwanda. Maintenant, on espère la continuer et sûrement l’ouvrir sur des sujets plus sociétaux, bien que nous voulions garder notre ADN centré sur des sujets géopolitiques qui nous touchent au quotidien.
- Que pouvez-vous nous dire sur Nanterre avant l’orage ?
— Pour moi, c’est un véritable coup de cœur. Déjà parce que c’est une BD choc, sur la réalité de ce qu’est Nanterre grâce à la sensibilité du texte de ce grand journaliste et ami qu’est Feurat Alani. Mais aussi parce que le trait pop d’Ulysse Gry a complètement compris et traduit le scénario de Feurat. Je pense que c’est une bande dessinée essentielle qui devrait plaire.
Par Kelian NGUYEN
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Photos : Kelian Nguyen