Très bon
7 octobre 2024
Soleil Glacé, adaptation du roman éponyme de Séverine Vidal par elle-même, est paru aux éditions Glénat en août 2024, à la fin de l’été, juste avant que les feuilles ne tombent. Par une étrange coïncidence, cette date de publication est cohérente avec l’atmosphère générale de l’histoire, un instant perdu, flou entre la fin d’une saison chaleureuse et le début du froid. Un instant mélancolique aux tons bleus et bruns, mais non sans un certain optimisme, car le Père Noël attend au bout du voyage.
Luce est une jeune adulte, à peine la vingtaine, et dans une situation familiale complexe. Son père Paul a quitté la famille il y a plus de quinze ans, et sa mère Jo a refait sa vie avec une autre femme, Hélène. Mais lorsque Paul meurt, et que Luce découvre la seconde famille qu’il avait cachée pendant tant d’années, c’est le choc. Étrangement, elle ne ressent pas grand-chose. Comment ressentir quoi que ce soit pour une personne qu’elle a si peu connue ? Au cimetière, elle rencontre Pierrot, son demi-frère de sept mois plus jeune qu’elle, et atteint d’un trouble autistique. Immédiatement, elle ressent une profonde affection pour le jeune homme. Ils ont tous les deux perdu leur père, et ont souffert de ses mensonges. Ils auront chacun besoin l’un de l’autre pour comprendre et grandir.
L’histoire de Soleil Glacé est simple. Luce et Pierrot n’ont qu’une seule mission, comprendre l’homme qu’était leur père et refermer leurs blessures. Comme beaucoup d’histoires d’apprentissage, ce n’est pas la destination qui compte, mais le voyage. Et les personnages en sont conscients. Luce le dit elle-même, "l’idée c’est de vivre un truc ensemble". Et quelles aventures vont-ils traverser ! La Laponie, c’est loin, mais tant qu’ils sont bien équipés, ils seront en sécurité ; dans leurs poches, ils ont le portefeuille, les papiers, l’identité, la carte du bus, la monnaie pour le pain…
Pour illustrer cette histoire, Laura Giraud a choisi des tons pastel très doux, et a limité la palette de couleurs au bleu, au brun et au rouge. Le tout donne l’impression de voir de véritables peintures de la vie des personnages contrastant constamment entre le froid du monde et la chaleur humaine.
Soleil Glacé est fort dans sa narration, et d’une justesse impressionnante lorsqu’il touche au handicap. Au début de l’histoire, Pierrot est dans un établissement spécialisé, mais Luce l’en fait sortir. Elle comprend son demi-frère et l’aime pour ce qu’il est, même si ses réactions ne correspondent pas aux attentes de la société. Séverine Vidal a su raconter une belle histoire d’apprentissage, et les dialogues attachants feront plus d’une fois sourire le lecteur. Un véritable roman graphique feel good.
Par Akira OIKAWA
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Le site de l’illustratrice Laura Giraud : https://www.lauragiraud.com/