Très bon
29 juin 2024
« On choisit ses copains et rarement sa famille » dit-on, d’où souvent des conflits, des incompréhensions à l’origine de quelques mélodrames intrafamiliaux.
Comment accepter de voir partir la maison familiale dans laquelle se nichent de multiples souvenirs, nourris de l’évocation de vacances, de rires et de pleurs, de rencontres et des premiers émois d’adolescents. Mais voilà, au sein des trois frères susceptibles de recevoir la villégiature en héritage, l’oncle Albert souhaite récupérer « sa part ». Faisant face à des problèmes financiers, il entend récupérer l’argent de la vente éventuelle.
De son côté, Julie, trentenaire, semble plongée dans un spleen sans fin suite au décès de son compagnon dont elle attend un enfant. Pour chacun, des souvenirs de jeunesse remontent à la surface nourrissant des rancoeurs ou des regrets. Ces retrouvailles jouent sur la nostalgie : les murs de la maison témoignent de cette époque à travers la couleurs des papiers peints et des traces cachées.
La famille ne risque-t-elle pas se déchirer devant ce dilemme : céder aux demandes d’Albert ou rechercher une solution favorable aux deux partis ?
Au delà des aspects financiers, chacun se remémore les événements vécus au cours des différents étés mais ce sera d’ailleurs pour Julie l’occasion de découvrir la révélation d’un secret intimement inscrit sur le mur d’une chambre.
L’éditeur Bamboo poursuit son exploration de l’esprit famille dans ses différents aspects non sans avoir recours à une certaine nostalgie du temps passé. Après le très réussi Le Gigot du dimanche (de Pelaez et Espé) où les retrouvailles viraient à la chasse au trésor, cette fois, c’est autour de la nostalgie et des souvenirs de vacances que tourne cette chronique nonchalante.
La sortie de l’album n’a sans doute rien de fortuit au regard du calendrier, bien évidemment et ne manquera pas de faire écho auprès de toute une génération ayant connu ces ambiances de farniente nichées au creux d’une villégiature calme, arborée et… pas trop éloignée de la plage !
À travers cette chronique familiale, Séverine Vidal dresse de simples et beaux portraits tout en jouant sur une ambiance fortement imprégnée de plusieurs étés passés en famille. La mise en page et le découpage suit un rythme de douceur estivale que restitue agréablement le graphisme de Victor L. Pinel. L’un comme l’autre ont déjà été remarqués au sein du label Grand Angle par des albums de qualité. Avec cette association chacun confirme son talent pour un album qu’on aura plaisir à déguster à l’ombre d’un parasol, au fond d’une chaise longue avant ou après la sieste. Bonnes vacances à tous !
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