En septembre 1740, une escadre anglaise quitte Portsmouth à destination des mers du Sud. Après une longue et difficile traversée de l’Atlantique, les vaisseaux atteignent le cap Horn et subissent une succession de tempêtes qui dispersent les six bâtiments. Parmi eux, le Wager finit par s’échouer sur les côtes de Patagonie. Les naufragés sont plus ou moins livrés à eux-mêmes, tout en cherchant à s’organiser pour tenter de rejoindre le Royaume -Uni. La poignée d’hommes survit sur une île désolée, hostile, dépourvue d’animaux et de nourriture. Épuisement, cannibalisme, meurtres, mutineries accompagnent ces hommes dans leur lutte pour survivre dans des conditions inimaginables.
Après un précédent album relatant l’épopée de l’escadre du Commodore Anson (Le voyage du Commodore Anson, Futuropolis), les auteurs se penchent sur l’incroyable destin de l’un des navires, le Wager. Prenant le parti de l’aspirant de bord John Byron, ils reviennent en détail sur cette épopée dont il fut l’un des rares survivants. Sans oublier de rappeler, en postface, le contexte géopolitique de l’expédition, Christian Perrissin se concentre sur cette tragédie humaine faite d’extrême violence pour des marins plongés dans un milieu hostile. Suivant au plus près les souvenirs de Byron, son récit se révèle précis, documenté et très détaillé, au risque, parfois, d’en freiner le rythme par la profusion d’encadrés narratifs. Tout au long de ces 120 pages, le dessin « très jeté », presque esquissé, de Matthieu Blanchin souligne l’aspect tragique, misérable, brouillon, presque dantesque, de cette expédition au caractère fascinant.
Cette BD d’aventure plaira aux amateurs de récits maritimes et d’épopées historiques sombres, sensibles aux fresques humaines intenses et solidement documentées.
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