Là où ils sont malins, les gars de la Japan, c’est qu’ils n’organisent pas un festival de BD, mais un festival des loisirs japonais. Si l’édition parisienne dépasse (chiffres vérifiés) les 200 000 entrées, ce qui en fait le troisième événement culturel de France, celle de Marseille en fait cinq fois moins, mais cela place la manifestation au même rang que les festivals d’Amiens ou de Blois, exclusivement BD ceux-là. Certains pourront regretter l’ouverture faite aux YouTubers et autres influenceurs, mais cette diversification correspond aux attentes des amateurs de mangas, consommateurs de culture multicanaux, en particulier sur les réseaux. Le phénomène Inoxtag en a fait la démonstration en librairie.
Dès lors, pas de surprise de retrouver parmi les têtes d’affiche le Youtuber Cyprien Iov, qui a lui aussi commis des bandes dessinées (Roger et ses humains, co-scénarisé avec Paka chez Dupuis), présent exceptionnellement le samedi 28 février. Figure majeure du YouTube francophone, il a progressivement étendu son activité à la bande dessinée, à l’audio-fiction et au cinéma. Il vient de publier Pire Guide du Japon chez Link Digital Spirit (l’éditeur de Jeux vidéo Magazine), un carnet personnel décoiffant rapportant sa vision du Japon.
Le pôle animation — élément central de la popularité de la culture japonaise chez nous — mettra à l’honneur l’équipe du nouveau long métrage La Bête du mois de Kamisari. Le producteur et concepteur Toshinari Shinohe viendra présenter ce projet en avant-première, après le succès international de L’Enfant du mois de Kamiari, diffusé sur Netflix et largement primé en festivals.
À ses côtés, le producteur Michihiko Suwa, figure historique de l’animation japonaise passée par Yomiuri TV, évoquera une carrière marquée par des séries majeures telles que City Hunter, Détective Conan ou Inuyasha, que nos lecteurs connaissent bien. Le producteur Uko Oshia, également acteur et réalisateur, complétera cette délégation en abordant les enjeux contemporains de la production cinématographique japonaise et le rôle culturel du cinéma.
La bande dessinée sera présente avec Alexis Tallone, le dessinateur (Sc. Sylvain Runberg), de la version franco-belge de Capitaine Flam chez Kana, un artiste que nous avions rencontré pour les lecteurs d’ActuaBD, souvenez-vous.
Côté musique, le duo franco-britannique Dariasirene proposera un univers mêlant reprises d’anime et compositions pop-électro influencées par la scène japonaise contemporaine. Connu pour ses performances en ligne et ses passages à la TV japonaise, le groupe incarne la circulation actuelle entre cultures numériques occidentales et inspirations nippones.
Le festival accueille également des créateurs issus des réseaux sociaux, à l’image de Monsieur Pof, dont les vidéos à la distinction délicieusement surannée font pofer… pardon, pouffer de rires ses followers.
Autre temps fort, attraction majeure du festival : les sélections françaises du World Cosplay Summit 2026. Ce concours international mettra en avant la créativité des cosplayers, avec des prestations scéniques mêlant performance, fabrication de costumes et interprétation de personnages issus de l’animation ou du jeu vidéo.
Concerts, karaoké géant, arts martiaux, ateliers culturels et animations participatives s’ajoutent à cette programmation maligne comme tout. Fidèle à son identité, la Japan reste l’un des meilleurs ambassadeurs du Japon et de sa culture dans notre pays.
Voir en ligne : LE SITE DE L’EVENEMENT JAPAN EXPO SUD
Par Didier PASAMONIK
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Japan Expo Marseille
Parc Chanot
du 27 février au 1er mars 2026