Très bon
18 février 2026
Pour obtenir un billet pour le prochain match de Chinatsu, qu’il souhaite offrir à Yumeka, Taiki a affronté Matsuoka, la vedette de l’équipe masculine de basketball, dans une course exténuante qu’il a remportée à la surprise de tous. Il se présente ensuite à Yumeka pour lui donner le précieux billet, sans savoir si elle ira au match et si elle discutera enfin avec Chinatsu pour éclaircir la raison pour laquelle elle a abandonné le basket.
C’est une séquence très réussie, qui place pour une fois directement Chinatsu au cœur du récit, nous révélant de quelle façon elle a débuté dans le monde du basketball, ce qui n’est pas rien. Et comme souvent dans les histoires des origines, il y a un personnage mentor ou rival, ici Yumeka qui joue les deux rôles : une surdouée du même âge que Chinatsu. Une relation intéressante, grâce à la personnalité de Yumeka, opposée totale à celle de Chinatsu, et donc parfaitement complémentaire.
Ce tome conclut cet arc narratif, sans surprise, par la réconciliation des deux anciennes camarades. Les thèmes abordés et les émotions sont forts, et le fait que pour une fois tout soit entrelacé au sport constitue un plus indéniable. Quant à Taiki, il continue de marquer des points, ayant droit comme à chaque fois à un moment de « récompense », qui ne fait pas avancer les choses certes, mais qui ravira les âmes fleurs bleues.
Nous l’avons signalé à chaque chronique : Blue Box est une histoire où rien de décisif ne se passe jamais, le statu quo étant immuable. L’arrivée de nouveaux personnages en tant qu’événements amenant du changement, comme ici ou au tome 8, n’apporte aucune évolution notable. Même si certains passages peuvent apparaître forts, comme la déclaration de Hina, au final le récit retrouve immanquablement son train-train quotidien.
La dimension sportive n’est guère mieux : les tournois se déroulent hors champ. Les entraînements occupent l’essentiel du manga, servant de décor aux relations des personnages et à la mise en scène de leur volonté. C’est en soi bien narré, comme avec le passé de Chinatsu, mais nous avons déjà noté ce détail révélateur : le poste auquel joue Chinatsu reste toujours un mystère, alors que nous parlons de l’héroïne du manga, dont le basket constitue toute la vie.
Entre tranches de vie et moments un peu plus intenses, Blue Box continue de s’articuler autour des regards lourds de sens des personnages et de la lente découverte des pensées de Chinatsu « Poker Face ». La lecture demeure agréable, les personnages attachants et il y a de beaux moments, mais difficile de ne pas penser à Mitsuru Adachi. En effet, le maître développe ce même type d’ambiance, mais avec deux autres caractéristiques qui font la différence : une forme d’auto-dérision et un réel développement sportif, passionnant à suivre. En comparaison, l’œuvre de Kouji Miura apparaît comme une jolie série à laquelle il manque indubitablement d’un petit quelque chose.
Par Guillaume BOUTET
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Blue Box T.11. Par Kouji Miura. Traduction : Lilian Lebrun. Delcourt/Tonkam, Collection "Shônen". Sortie le 12 février 2026. 192 pages. 7,29 euros.
Blue Box sur ActuaBD :
– Lire la chronique des tomes 1 & 2
– Lire la chronique du tome 5
– Lire la chronique du tome 8