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Marina Lisa Komiya et Ajnai, lauréats du Prix Émile Guimet de littérature asiatique 2026

Par Didier PASAMONIK 4 juin 2026 
La 9e édition du Prix Émile Guimet de littérature asiatique, qui s’est déroulée le 3 juin 2026 a récompensé des œuvres dans trois catégories : roman, bande dessinée et manga, avec une cérémonie présidée par Laure Adler au musée Guimet à Paris. Dans le domaine de la BD, dont les prix « Roman Graphique » et « manga » sont remis pour le 3e année consécutive, la Chine et le Japon sont à l’honneur, tandis que Prix du roman revient à un auteur tamoul.

Le Prix Émile Guimet de littérature asiatique (PEGLA) est un prix littéraire avant tout, même si, depuis le succès de l’exposition Manga, tout un art !, la BD a maintenant toute sa place dans le musée des arts asiatiques de Paris. Présidé par Laure Adler, le jury réunit des personnalités issues du journalisme, de la littérature et des institutions culturelles : Pierre Haski, Nicolas Idier, Claude Leblanc (qui succède à Didier Pasamonik), Yannick Lintz, Line Papin, Jean-Claude Perrier et Constance Rivière.

Marina Lisa Komiya et Ajnai, lauréats du Prix Émile Guimet de littérature asiatique 2026
"Salamalecs" d’Antonythasan Jesuthasan (éditions Zulma) reçoit le Prix PEGLA du roman.

La cérémonie commence par un texte touchant magnifiquement lu par Noam Morgensztern, sociétaire de la Comédie-Française racontant la situation précaire d’un migrant dans le quartier de Château-Rouge, dans le 18e arrondissement de Paris. On comprend très vite que l’on est en train d’entendre est un extrait du roman Salamalecs d’Antonythasan Jesuthasan (éditions Zulma), traduit du tamoul par Léticia Ibanez. L’auteur étant en Inde, il s’est fendu d’une visio. Une conversation avec son éditrice et sa traductrice fait comprendre tout l’humour et la richesse linguistique de ce roman qui n’a pas volé la dotation de 5000€ qui lui revient.

Ajnai, , Prix PEGLA du Roman Graphique 2026. Une découverte.

Arrive le lauréat du « Roman Graphique ». Il revient au Chinois Ajnai pour Les Légendes des steppes (éditions Paquet), traduit du chinois par Daphné Huang. Le dessinateur enjoué, drôle et exubérant en dépit du fait qu’il débarquait de l’avion, a raconté comment, publiant sa BD sur les réseaux sociaux chinois, il est arrivé à constituer une communauté de 140 000 personnes. Composé de courtes nouvelles, ce manga chinois est composé de nouvelles qui racontent le quotidien de la vie mongole. C’est brillamment dessiné et cela nous fait découvrir un dessinateur prometteur. L’auteur empoche 2500€.

Le prix suivant est particulier : ce sont des élèves de L’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco ) qui ont fait leurs choix. Parmi ces élèves, sans aucun doute les futurs traducteurs des mangas de demain. Ils ont élu «  à l’unanimité » Les Guerres invisibles T.1 de Marina Lisa Komiya, (Casterman), traduit par Anaïs Koechlin.

Voici ce qu’en disait Akira Oikawa dans nos colonnes : « Les Guerres invisibles dépeint ainsi une fresque sur ceux dont on parle peu, ceux qui subissent le cours de l’histoire sans pouvoir l’influencer. Ce n’est pas une histoire de héros ou de vainqueurs. C’est l’histoire, un peu misérabiliste il est vrai, de survivants qui tentent de se reconstruire. Ce ne sont pas que les villes qui doivent être rebâties, mais tout ce qui constitue « l’identité japonaise ». Un bon livre qui explore une facette de l’histoire encore peu explorée. »

Les Guerres invisibles de Marina Lisa Komiya
© Sakka / Casterman
Marina Lisa Komiya, son éditeur Wladimir Labaere et sa traductrice Anaïs Koechlin, Prix PEGLA 2026 du manga
Photos : D. Pasamonik

L’auteur, Marina Lisa Komiya, qui refuse toute assignation de genre, était présent à la vente et a rappelé que son travail s’inscrit dans un engagement de longue date pour la visibilité des minorités — un combat qu’il juge plus nécessaire que jamais au regard du contexte international actuel. Ce prix était doté lui aussi de 2500€.

Comme cela arrive souvent, le jury a souhaité remettre une « mention spéciale », un coup de cœur qui a retenu son attention : c’est Promenons-nous dans l’espace de Doronoda Inuhiko (Glénat), traduit par Karine Rupp Stanko. Chez ActuaBD, Kelian Nguyen l’avait aussi beaucoup aimé : « Dans la lignée des seinen introspectifs et chaleureux, Promenons-nous dans l’espace explore l’acceptation de soi et la rencontre avec l’autre. La recette est connue et fonctionne avec ce duo atypique et attachant. Inuhiko Doronoda livre ici un message fort sur l’ouverture à la différence. Ce premier tome s’annonce comme l’une des belles surprises de la rentrée manga. »

"Promenons-nous dans l’espace", mention spéciale du jury Manga du PEGLA 2026

Par Didier PASAMONIK

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Code EAN : 9782889325931
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