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Le Japon est connu comme le pays du manga, mais vous dessinez également des comics américains. Vous considérez-vous comme un mangaka, un auteur de BD, ou un autre type d’artiste ?
Je suis surtout un mangaka, mais au vu de mes projets actuels, je suis aussi illustrateur, storyboarder et réalisateur d’anime. En fait, on pourrait dire que je suis un créateur aux multiples facettes.
Comment votre expérience d’animateur sur Nausicaä de la Vallée du Vent et Z Gundam a-t-elle influencé votre carrière ?
J’ai eu l’opportunité de travailler sur Nausicaä lorsque j’étais encore animateur débutant, et ça a profondément marqué mon travail jusqu’à aujourd’hui. J’ai pu appréhender l’animation sous différents angles. J’ai fait quelques copies de storyboards de Miyazaki, de dessins originaux et de genga d’animateurs légendaires, que je conserve précieusement encore aujourd’hui.
Lorsque j’ai commencé sur Z Gundam, j’ai appris à travailler pour la télévision, et il fallait que je sois efficace. Recevoir les instructions de Yoshiyuki Tomino (le créateur de Gundam) et travailler avec lui dans l’urgence, c’était une expérience intense mais très enrichissante. Et plus tard, lorsque j’ai travaillé sur Gundam comme storyboarder, c’était très émouvant.
Quelles impressions souhaiteriez-vous que les lecteurs gardent de votre série Silent Möbius ?
Silent Möbius est mon magnum opus. Bien qu’elle soit terminée depuis maintenant 25 ans, la série a encore beaucoup de fans fidèles, et je continue de dessiner pour eux. Toute œuvre peut marquer la façon de penser, les souvenirs, voire la vie des lecteurs. Si Silent Möbius pouvait avoir un tel impact, j’en serais ravi.
Vous travaillez aussi avec Marvel et DC. Comment se déroule ce processus de travail ? L’approche créative des mangakas japonais évolue-t-elle lorsqu’ils travaillent avec des maisons d’édition américaines ? Ou existe-t-il une branche indépendante de ces mêmes maisons américaines au Japon ?
J’ai été le premier mangaka japonais à me lancer dans les comics américains en 1999. J’étais passionné de comics américains depuis longtemps, alors je voulais réussir coûte que coûte !
Ce qui ne change pas entre le Japon et les États-Unis, c’est l’importance des relations humaines. Je me suis toujours appuyé sur mon agent, M. Yanagi, pour gérer ma carrière et mes projets aux États-Unis. Je travaille aussi avec mon ami de longue date et rédacteur en chef de Marvel Comics, C. B. Cebulski, et Erik Ko, le président d’UDON Comics, sur différents projets.
Quand on travaille aux États-Unis depuis le Japon, je pense qu’il est important de trouver un agent et de collaborer avec lui. Après tout, notre but en tant qu’artiste est de se concentrer sur le dessin. Je laisse les négociations et les arrangements à mon agent, ça permet d’améliorer mon travail.
Par Kelian NGUYEN Akira OIKAWA Romuald LEFEBVRE Quentin GUILLIER
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Pour les plus curieux, et ceux désireux d’en savoir plus et de le rencontrer, vous pourrez le retrouver à Japan Expo en personne. Du 9 au 12 juillet à Villepinte, lors de ses séances de dédicaces et conférences.