Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html

13 jours, 13 nuits dans l’enfer de Kaboul

Par Quentin GUILLIER Très bon 26 août 2026 
Cinq ans après les faits, la traumatisante chute de Kaboul continue d'irriguer les récits français. Après le succès du témoignage de Mohamed Bida adapté au cinéma en 2025, c'est au tour de la bande dessinée de s'emparer de cette évacuation menée dans l'urgence, sous la plume de Jean-Claude Bartoll et le dessin de Renato Arlem, chez Delcourt.

Le 15 août 2021, les talibans entrent dans Kaboul et s’emparent du pouvoir, provoquant l’effondrement du dernier espoir de millions d’Afghans épuisés par quarante ans de guerre.

Alors que la foule se presse vers l’aéroport, d’autres tentent leur chance à l’ambassade de France, l’une des dernières missions occidentales encore ouvertes. Seuls le commandant Mohamed Bida et dix policiers d’élite assurent la sécurité du site, pris au piège avec près de 500 personnes à évacuer, tandis que les scènes de chaos se multiplient dans la capitale.

Pour tenter d’organiser un convoi vers l’aéroport, Bida doit négocier directement avec les talibans, épaulé par Eva, une jeune traductrice franco-afghane dont la connaissance du terrain et des codes locaux devient vite indispensable. Commencent alors treize jours et treize nuits sans sommeil, où ces policiers chevronnés ne peuvent plus compter que sur leur courage et leur sang-froid pour sauver ces civils.

Cette BD adapte le témoignage de Mohamed Bida, publié en 2022 aux éditions Denoël, déjà porté à l’écran en 2025 par Martin Bourboulon dans un film porté par Roschdy Zem dans le rôle principal. Au scénario de cette version dessinée, on retrouve Jean-Claude Bartoll, déjà bien connu des amateurs de bane dessinée, ancien grand reporter formé au Centre de formation des journalistes, il a construit depuis le début des années 2000 toute une œuvre de « docu-fictions » à travers des séries comme Insiders, 9/11 ou encore Mossad : Opérations spéciales. Ce savoir-faire de décryptage géopolitique, acquis sur le terrain avant d’être transposé en cases, semble tout indiqué pour un sujet aussi sensible que celui de l’évacuation de Kaboul. Au dessin, Bartoll retrouve Renato Arlem ccompagné à la couleur par Simon Champelovier.

Adapter une même histoire vraie sur deux supports aussi rapprochés dans le temps n’est pas anodin : là où le film mise sur le souffle et l’incarnation de ses acteurs, la bande dessinée peut se permettre un rythme différent, plus resserré sur le geste et le détail du terrain, entre les couloirs de l’ambassade et les checkpoints talibans. Elle offre aussi une temporalité de lecture différente, où le lecteur peut s’attarder sur une case, revenir en arrière, mesurer la tension d’une négociation à son propre rythme, une manière de vivre l’urgence qui diffère profondément de celle, plus linéaire, imposée par le grand écran.

Au-delà de son statut d’adaptation, cet album s’inscrit dans une tendance de fond de la bande dessinée contemporaine : celle d’un genre du réel qui s’empare de plus en plus vite de l’actualité récente pour en garder une trace, quand la mémoire collective a tendance à s’effacer aussi vite qu’elle s’est formée. Que l’on découvre l’histoire de Mohamed Bida par le livre, le film ou cette version dessinée, le fond reste le même : le rappel qu’un groupe d’hommes a choisi, dans le chaos le plus total, de rester pour en sauver d’autres.

Par Quentin GUILLIER

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Acheter


Code EAN : 9782413081791
CONTENUS SPONSORISÉS  
PAR Quentin GUILLIER  
A LIRE AUSSI  
Romans Graphiques