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Intermezzo : la nouvelle collection Dargaud de nouvelles graphiques

Par Quentin GUILLIER Excellent 1er septembre 2026 
Dargaud lance à la rentrée 2026 une collection inédite : Intermezzo. Le principe est simple et redoutablement efficace, des one-shots de 32 pages, vendus 10 €, au format compact, pensés comme une respiration à la fois pour les auteurs et pour les lecteurs. À côté des épais romans graphiques toujours plus chers, parfois réservés aux après-midis de lecture : ici, on prend un récit complet, fictionnel, sans filet, le temps d'un trajet en train ou d'une pause-déjeuner, à la limite du snacking culturel.

Quatre albums inaugurent la collection, chacun signé par des pointures de la maison. Tous explorent une facette différente du passage à l’âge adulte, de l’amour ou de la condition féminine. Une collection à contre-courant du marché actuel, qui témoigne d’une volonté de rendre la fiction et la création plus « abordables » face à l’augmentation continue du prix unitaire des bandes dessinées. Sur le modèle des Tracts de Gallimard, Intermezzo est une collection appelée à s’étoffer, de la même manière qu’il sera facile d’ajouter l’un de ses numéros à votre panier en librairie. À ce prix, vous auriez tort de vous en priver.

Jane dans les nuages, par Jordi Lafebre

Jane Ground, jeune Anglaise intrépide du début du XIXe siècle, décide de s’envoler en montgolfière pour fuir ses vertes prairies natales. Le hic : Jane est narcoleptique et elle a la fâcheuse habitude de s’endormir n’importe où, y compris à plusieurs centaines de mètres du sol. Ses parents la confient à son ami d’enfance Timothy, garçon indécis jusqu’à la moelle, pour qui suivre Jane est finalement plus simple que de prendre la moindre décision par lui-même. Entre elle qui rêve trop et lui qui n’ose jamais choisir, le duo devra bien, un jour, penser à sa propre « guérison »… Mais d’abord, il lui faut piloter cet engin en plein orage.

Après sa série de polars, Jordi Lafebre change totalement de décor et d’époque : direction l’Angleterre du XIXe siècle, avec le même sens du dialogue et le même dessin solaire et feel good qui ont fait son succès.

Pensionnaires, par Pierre-Henry Gomont

Une nuit, quatre camarades de chambrée forcent la fenêtre de leur pensionnat pour aller retrouver des filles. Bravade, cigarette allumée sur la pelouse au vu et au su de tous : il faut jouer les durs pour gagner le respect du groupe. Mais le bruit réveille le pion de garde, un ancien CRS aviné et peu commode, qui décroche la carabine accrochée au-dessus de son bureau, sort sur le parvis… et tire sur les ombres qu’il distingue à peine dans l’obscurité.

Après avoir transfiguré son enfance dans Malaterre, Pierre-Henry Gomont revient avec un récit directement puisé dans ses propres années de pensionnat. En 32 pages, il capte avec une justesse rare ce moment fugace de l’adolescence et sa brutale confrontation avec le monde des adultes.

Les oranges amères, par Javi Rey

Selon le mythe raconté par Aristophane dans Le Banquet de Platon, les humains étaient à l’origine des êtres doubles, dotés d’une force telle qu’ils exaspéraient Zeus. Pour les affaiblir sans les détruire, celui-ci les aurait coupés en deux, comme des oranges, les condamnant à chercher toute leur vie leur moitié perdue. Cette théorie de « l’âme sœur » a façonné toute une culture du manque et de la quête amoureuse. Qu’en pense Elena, jeune étudiante fraîchement débarquée à la fac, cheveux ultracourts et musique dans les oreilles ? Son fiancé Mario, rencontré au lycée, était-il vraiment sa moitié ? Elle aussi se sent coupée en deux, entre l’excitation de commencer enfin sa vie et la peur immense de tout perdre.

Javi Rey, dont on connaît le trait délicat et les couleurs douces (Violette Morris, Un maillot pour l’Algérie, l’adaptation de Barrio Negro de Simenon avec José-Louis Bocquet, ou encore On l’appelait Bebeto), poursuit ici son exploration tendre et subtile des grands passages de la vie : cette fois, l’entrée dans l’âge adulte.

Figures imposées, par Marzena Sowa & Cristina Bueno

Marilou est une jeune femme de son époque, une époque charnière, juste avant que #MeToo ne vienne fissurer la façade. Elle lit, s’informe, se forge une conscience féministe. Mais autour d’elle, l’ordre social tient bon : plaire reste une injonction presque professionnelle. Le temps d’un week-end, elle troque le baby-sitting contre un autre uniforme : celui d’hôtesse d’accueil, envoyée dans la demeure de la Veuve Rousseau pour célébrer les 250 ans d’un champagne de prestige, une marque au nom d’une femme pionnière, érigée en symbole. Mais sous le vernis de l’hommage, les vieux réflexes persistent : les femmes servent et sourient, les hommes circulent et disposent. À force d’habitude, il devient difficile de dire où commence l’inacceptable.

Après Marzi, Hey Djo ! ou Petit Pays, Marzena Sowa, prix Jacques-Lob 2025, retrouve son talent pour lier l’intime au collectif, épaulée par le trait fin et expressif de l’autrice espagnole Cristina Bueno, qui signe ici le dessin et les couleurs.

Reste à voir si Intermezzo trouvera son public, maintenant que ses albums ont trouvé leur place sur les nez de caisse des libraires. Mais avec un tel casting réuni dès son lancement, Dargaud ne prend clairement pas ce pari à la légère.

Par Quentin GUILLIER

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Code EAN : 9782505142799
Dargaud ✍ Marzena Sowa ✏️ Jordi Lafèbre ✏️ Javi Rey ✏️ Pierre-Henry Gomont ✏️ Cristina Bueno France Marché de la BD : Faits & chiffres
 
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56 Messages :
  • ici, on prend un récit complet, fictionnel, sans filet, le temps d’un trajet en train ou d’une pause déjeuner, à la limite du snacking culturel.
    Bref, de la BD jetable comme il en existait plein dans les stations-service, dans les années 70-80. Dargaud n’invente rien, il recycle les idées.

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    • Répondu le 1er septembre à  16:36 :

      A quelle BD jetables de station-service des années 70-80 faites-vous allusion ?

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    • Répondu le 1er septembre à  16:39 :

      Ça n’a rien à voir avec les albums gratuits de station service dont vous parlez, mais de toute façon, la BD c’est toujours jetable, non ? Vous ne vous prenez quand même pas pour des auteurs de la Pléiade ?

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    • Répondu par Somerset le 2 septembre à  06:01 :

      La comparaison avec les BD des stations service des années 70 n’est pas très pertinente. C’étaient des albums déjà édités (type Lucky Luke, Gaston...) ayant déjà rencontré le succés. Ils étaient donnés en cadeaux publicitaires... Des albums brochés et non cartonnés donc potentiellement "jetables". Mais ça n’a quand même pas grand chose à voir avec ce que fait Dargaud ici.

      Quand on parle de "BD jetable des années 70", on pense d’ailleurs plutôt aux petits formats presse (Kiwi, Blek, etc...). Mais là non plus, rien à voir. La qualité d’intermezzo et le positionnement prix sont à l’opposé. Intermezzo, ce n’est pas "jetable". Ce sont des histoires courtes (avec de vrais scénarios et un vrai dessin) qui s’adressent exactement au même public que celui qui achète des romans graphiques de 120 ou 200 pages... Le titre de l’article les décrit comme des "nouvelles graphiques". C’est assez juste.

      La vraie question que pose Intermezzo, c’est plutôt celle de savoir si 10€, pour 32 pages de qualité de Gomont, ça se justifie alors que pour 23€ on a 112 pages du même auteur avec Slava (très bien...) chez le même éditeur...

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      • Répondu par Milles Sabords le 2 septembre à  10:27 :

        Votre analyse est pertinente, tout en oubliant deux angles :
        les productions Kiwi, Zembla, Blek, etc, était des créations pures, ce qui ne les empêchait pas d’être jetables et le format, la pagination, les albums d’Intermezzo les rend plus vulnérables qu’un album classique cartonné, et donc jetable puisqu’ils deviennent un bien de consommation rapide. Nul doute que cette collection va garnir beaucoup plus vite les bac des soldeurs. Quel intérêt d’ailleurs de passer d’un 220 pages à un 32 pages ? Un 46 pages en format souple, plus petit et moins cher, comme chez les Néerlandais par exemple, suffirait largement.
        Quant à mon parallèle avec les albums gratuits des station-service d’antan, si le positionnement marketing de Dargaud était de concurrencer le modèle économique du Manga, et ça y ressemble fort tant les ventes d’albums s’effondrent de plus en plus, c’est raté. Nous avons toujours du mal avec le n&b en format souple avec un prix d’appel pour nos BD européennes, ce qui serait aussi une autre voie pour permettre aux auteurs d’exister différemment en dehors de leur production « normalisée ». Ce n’est pas tant que le public n’en voudrait pas aux vues du pouvoir d’achat qui baisse, mais plus par manque d’une idéologie éditoriale différente.

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        • Répondu le 2 septembre à  16:17 :

          Deux infos : 1. les ventes de manga sont en forte baisse aussi. 2. le noir et blanc ne se vend vraiment plus du tout.

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          • Répondu par Milles Sabords le 2 septembre à  19:26 :

            Certes, le manga baisse aussi, mais pour d’autres raisons avec le manque de nouvelles séries fortes pour remplacer les précédentes. Pour le n&b, de nombreuses maisons d’éditions en publient encore, comme prochainement l’album Big Sky. Bizarre pour un genre qui ne se vend vraiment plus du tout…

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            • Répondu le 2 septembre à  23:24 :

              De nombreuses maisons d’éditions publient du noir et blanc, vous êtes sérieux ou vous dites n’importe quoi comme d’habitude ?

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      • Répondu le 2 septembre à  12:53 :

        Les petits formats italiens et anglais, Blek, Kiwi, Rodéo, Buck John etc, que vous évoquez avec un certain mépris, contenaient pourtant de véritables chefs d’œuvre. Il n’y a pas que la BD franco-belge dans la vie ! Les plus grands dessinateurs réalistes européens, souvent italiens ou espagnols, ont travaillé et ont été révélés dans ces supports. Par ailleurs, la BD brochée a gardé un charme populaire que l’album cartonné n’a jamais eu. Voir le succès des nouvelles rééditions de Lucky Luke en broché.

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        • Répondu par Milles Sabords le 2 septembre à  17:20 :

          Vous n’avez pas compris le sens de mon message… bien sûr que ces BD, Blek et consorts, étaient des lectures de qualité par de grands auteurs, mais néanmoins, pour les lecteurs de cette époque, elle n’avaient pas le même prestige qu’un album cartonné et se retrouvaient très souvent en vente chez les bouquinistes à des prix dérisoires. Tout comme les Sam bot, Mortimer et autres productions Elvifrance, considérées comme de la BD de gare.

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        • Répondu par Milles Sabords le 2 septembre à  18:59 :

          Succès mitigé pour les brochés, qui reste un marché de niche, moins grand public et plus pour les collectionneurs, même si il y a beaucoup de collectionneurs.

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          • Répondu le 2 septembre à  23:27 :

            Je ne comprend pas. Tout le monde réclame le retour de la fiction et de BD enfin moins chères. Dargaud tente un truc en ce sens et comme d’habitude, vous crachez dessus avant même d’avoir lus ni même vus les objets. Bien sûr, 10 euros pour 32 pages, ça reste très cher. Il faudrait au moins 46 pour ce prix-là, mais les auteurs sont déjà si mal payés.

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            • Répondu par Milles Sabords le 3 septembre à  08:18 :

              À 32 pages pour 10 euros, les auteurs ne risque pas de toucher grand chose sur les ventes. Le seuil d’amortissement de l’éditeur doit être très élevé s’il veut que son opération commerciale soit rentable.

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              • Répondu le 4 septembre à  07:21 :

                Vous ne savez pas ce que vous dites. Vous critiquez tout ce qui sort sans le lire et vous prenez vos souvenirs d’ancien combattant pour des vérités indéboulonnables.

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                • Répondu le 4 septembre à  21:12 :

                  C’est quel format à la fin, ces Intermezzos ? Format comics ou même format que les Lucky Luke brochés ?

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                  • Répondu le 5 septembre à  08:36 :

                    C’est format comics. La référence aux Lucky Luke des stations service Total des années 70 ne tient pas. Mille Sabord parle sans savoir.

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        • Répondu par Somerset le 3 septembre à  04:58 :

          Aucun mépris de mon côté pour les petits formats, bien au contraire. J’en ai acheté et lu avec beaucoup de plaisir. Mon propos n’était pas du tout de dire qu’il n’y a que le franco-belge dans la vie. Il y a eu en effet de grands talents dans les petits formats et des récits de très bon niveau. C’est indéniable.
          Mais c’était quand même plutôt de la production de masse, sur du papier de qualité moyenne, vendue dans les points presse, à un prix relativement bas, avec des durées de vie limitées (je ne saurais dire à quelle fréquence se faisaient les publications mais c’était assez rapide), etc... Par nature, l’objet lui même me semblait plus "jetable" que ce que propose ici Dargaud (album en couleur vendu en librairie). Peut-être en effet que cette collection Dargaud se retrouvera en effet plus rapidement chez les soldeurs que des albums classiques, comme le suggère un autre message. Je n’en sais rien. Mais ce n’est pas prévu par l’éditeur pour être "jetable".
          A noter qu’il y avait évidemment des acheteurs réguliers de petits formats qui suivaient des auteurs et des publications mais je pense qu’ils n’étaient pas majoritaires. Ce n’était juste pas le modèle.

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          • Répondu par Milles Sabords le 3 septembre à  08:43 :

            À l’époque, la mise en couleur en grand format revenait très chère à un éditeur à cause des « bleus » d’imprimerie, d’où, toutes ces publications à petit format en n&b. La mise en couleur avec les moyens actuels revient beaucoup moins cher, à part le coloriste, et encore, ils sont plus mal payés que les auteurs. J’ai parcouru la collection Intermezzo en librairie, et que les auteurs de cette collection soit prestigieux ou pas ne change rien, nous sommes dans un produit peu coûteux à fabriquer et donc jetable. De la BD d’introspection fictionnelle très éloignée de la fiction d’aventure qu’attend le public. En somme, des romans-graphique déguisés en produit d’appel de masse afin d’éviter le barre psychologique des 30 euros. Crise, quant tu nous tiens !

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            • Répondu par Somerset le 4 septembre à  02:46 :

              Peu coûteux à fabriquer, ça ne veut pas dire jetable. A 10€ à l’achat en librairie, je serais surpris que les acheteurs les mettent à la poubelle après la première lecture... Personnellement, je ne connais pas grand monde qui fait ça.

              Mais bon, on verra bien. 4 albums cet automne et 5 annoncés pour 2027. On ne saura pas avant 2028...

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              • Répondu par Milles Sabords le 4 septembre à  13:52 :

                Jetable, s’entend aussi par leur format, pagination et couverture souple, qui n’en font pas des albums à collectionner, mais les rapprochent plus du modèle des magazines vendus en point Relay. Magazines d’ailleurs, qui dépassent souvent les 10€ et qui pourtant n’empêche pas les gens de les mettre à la poubelle une fois lus ou de les abandonner dans des boîtes à livres.

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            • Répondu le 4 septembre à  07:16 :

              Qui vous dit que le public veut de la Bd de fiction d’aventures ? Vous prenez vos références datées et nostalgiques pour l’avis général ?

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              • Répondu par Milles Sabords le 4 septembre à  14:34 :

                L’IA est entrain de faire vaciller le monde du cinéma en produisant des courts-métrages aussi beaux que bluffants, et les exemples ne manquent pas sur Internet. Les plateformes de streaming regorgent de séries inventives où l’aventure est omniprésente. Que font les éditeurs BD pour résister ? De la BD du réel qui parlent de votre quotidien (mais comme c’est votre quotidien pourquoi en faire des albums ?), de la BD reportage dont les sujets sont déjà sur les chaînes en continue, des biopic à foison aux couleurs pastels et aux dessins édulcorés comme s’il fallait infantiliser le propos pour mieux vendre, de l’underground panthéonisé à Angoulême parce que ça fait la une de la presse bobo. Si la BD ne se réinvente pas très vite pour proposer de la fiction stimulante, l’IA proposera des albums qui balayeront tout. Avant, la BD était un médium qui devançait les modes, maintenant, elle les poursuit lamentablement. Et ce ne sont pas des resucées de concepts comme Intermezzo, ou d’autres collections marketing pour faire plus de cavalerie, qui changerons la donne. Il est temps que les éditeurs redeviennent des éditeurs et non plus des gestionnaires d’actifs. Il est temps de replacer l’auteur au centre du débat.

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                • Répondu le 4 septembre à  16:33 :

                  Et donc se réinventer pour vous c’est de refaire de la bonne vieille BD d’aventures en album cartonné de 48 pages ?

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                  • Répondu le 5 septembre à  06:59 :

                    Non, mais visiblement le concept perdure : Alix, Complainte des landes perdues, Corto Maltese (version Pellejero), Alix Senator, Lucky Luke de Bonhomme, sans compter les Tanguy & Laverdure - Michel Vaillant - Astérix & Obélix nouvelles générations, Blake & Mortimer hors-série, ou récemment les reprises de Bruce J.Hawker et Bob Morane, c’est pas de la « bonne vieille BD d’aventures » qui plait toujours au grand public ? Vous confondez « genre » et « personnification ». La BD du réel ou de reportages, ne vous permet pas de vous attacher à des personnages, des univers ou une série, et donc, d’être pris par le côté feuilleton. Je me fiche des anciennes licences que l’on maintient sous perfusion, par-contre, il faut continuer le mouvement de la BD d’aventure comme Murena, Undertaker, Les Aigles de Rome, L’Épervier, en proposant de nouvelles séries, de nouveaux personnages et laisser aux auteurs le temps de produire de la qualité pour fidéliser le lectorat. Quant je pense que les albums Intermezzo sont réalisés en 3 ou 4 mois, un non sens pour notre métier artisanal, et de ce que j’en ai parcouru en librairie, c’est juste 32 pages de BD du réel à moindre coût pour l’éditeur.

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                    • Répondu le 5 septembre à  08:44 :

                      Toutes ces séries que vous citez sont achetées par un public vieillissant. Impossible pour les éditeurs de miser à l’avenir sur le 48 pages CC d’aventures à la papa, c’est ridicule. Le seul point sur lequel vous avez raison, c’est sur la BD du réel ou d’actu : pour le coup, voilà vraiment de la BD jetable qu’on ne lit qu’une fois et qui ne propose aucune forme d’évasion du quotidien et de notre époque sinistre. Pour finir, ce métier avait beau être « artisanal », s’il vous faut plus de 4 mois pour dessiner 32 planches, vous êtes vraiment mal barré.

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                      • Répondu le 5 septembre à  09:28 :

                        Vous rigolez ou quoi, un public vieillissant ? Toutes les séries citées par Mille Sabords touchent tous les publics et tous les âges, ça se voit que vous ne fréquenter pas beaucoup les festivals, sinon les éditeurs auraient déjà déposé le bilan. Ce n’est pas avec le roman-graphique que les éditeurs peuvent se refaire la cerise. D’ailleurs, personne n’a dit que la nouvelle norme c’était de sortir un 32 pages en 4 mois, faut arrêter de délirer ! Tout ce qui compte pour un éditeur ce sont les ventes, qu’on y passe 4 mois ou 2 ans et ce ne sont pas les auteurs les plus rapides qui vendent le plus.

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                        • Répondu le 5 septembre à  15:51 :

                          Je suis en festival et en librairie toute l’année et des 12-35 ans qui achètent du 48 pages cartonné, je n’en vois jamais. C’est vraiment un format dépassé, réservé aux vieilles séries patrimoniales que seuls les plus de 40 ou 45 ans achètent. De toute façon, c’est la génération qui a les moyens. Pour les jeunes, il y avait le pass-culture de M.Macron qui leur a surtout permis d’acheter des mangas mais c’est fini.

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                        • Répondu le 5 septembre à  15:55 :

                          Ces dernières années, ce sont pourtant bien les succès massifs de quelques BD du réel qui ont permis aux éditeurs de s’en sortir, figurez-vous. Un album de Blain et Jancovici se vend mieux qu’un Blake et Mortimer.

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                          • Répondu par Milles Sabords le 5 septembre à  20:33 :

                            Jancovici a eu du succès parce qu’il était dans l’œil du cyclone médiatique, tout comme Blain et son Blueberry, ou l’album sur Pesquet par Montaigne. Ce sont des coups éditoriaux, du pur marketing, et ça ne suffira pas à sauver le marché BD. Blake & Mortimer ont encore de beaux jours devant eux.

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                          • Répondu le 5 septembre à  21:20 :

                            Oui, mais un Blake et Mortimer, il y en a un tous les ans. Un Blain et Jancovici, c’est un one-shot. Du moins, on peut l’espérer.

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                            • Répondu le 6 septembre à  16:22 :

                              "Blake & Mortimer ont encore de beaux jours devant eux." Vu la moyenne d’âge des acheteurs, les beaux jours ne dureront pas des décennies. Mais après tout, la planète sera probablement inhabitable dans quelques décennies…

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  • C’est de la couverture souple n’est ce pas ?

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    • Répondu le 2 septembre à  16:20 :

      Oui, broché, ça veut dire… broché, c’est à dire généralement assemblé par collage (plus rarement cousu) et relié avec un carton souple.

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  • gros doutes
    3 septembre 19:15, par ouioui

    32 pages, c’est très peu pour construire un récit digne de ce nom.
    Du broché, hors format habituel, ça ne va pas plaire aux collectionneurs.
    10 EUR pour 32 pages, le prix n’est pas spécialement attractif, certainement pas pour les jeunes lecteurs.
    Et puis surtout, il y a quand même eu l’expérience d’un concept totalement identique, la "collection 32" de Futuropolis il y a 20 ans environ, qui a été un échec retentissant... Etonnant que personne n’en parle ici !? Bref, je suis très dubitatif, quelle que soit la qualité des projets...

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    • Répondu par Somerset le 4 septembre à  02:42 :

      Très intéressant ce parallèle avec cette collection de Futuropolis en effet. Bien plus que celui avec les petits formats. On pourrait argumenter que le concept de la Collection 32 était légèrement différent avec des séries à suivre dans un mode feuilleton (toute proportion gardée on se rapprochait plus de l’esprit du manga, pas cher et avec des sorties plus rapprochées). Mais c’étaient de grands livres avec un format broché 32 pages pour du franco-belge. Très similaire donc à ce que propose Dargaud ici... C’était il y a 20 ans mais l’échec de Futuro n’est pas de très bon augure pour Intermezzo. Et je vous rejoins, cela n’a pas grand chose à voir avec la qualité des titres proposés. Il n’est juste pas certain qu’il y ait un public.

      A lire ici https://www.actuabd.com/+Futuropolis-La-collection-32-c-est-fini+
      Les commentaires sont à lire. 20 ans plus tard, le débat broché vs cartonné n’a pas vraiment bougé :-)

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    • Répondu le 4 septembre à  07:25 :

      Personne n’a pensé à en parler probablement parce que ça n’a pas marché et que tout le monde ou presque a oublié.

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    • Répondu le 4 septembre à  08:50 :

      « 32 pages, c’est très peu pour construire un récit digne de ce nom. » C’est le genre de déclaration péremptoire qui n’a de sens que pour son auteur.

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      • Répondu par ouioui le 4 septembre à  11:37 :

        Bien sûr, il y a moyen de faire des histoires extrêmement bonnes et fortes en 32 pages ou moins (un exemple qui me vient en tête : Karabouilla de Wasterlain, une histoire courte du Dr Poche), mais quand même, ce n’est pas pour rien que le format historique de 46p s’est développé et que bon nombre de one shots sont plutôt de minimum 54p à présent, et que les romans graphiques de plus de 200p pululent... Franchement, je serais extrêmement surpris que ça marche... Quel est le public visé ? Certainement pas les jeunes qui vont comparer ça aux mangas contenant 4 fois plus de planches pour un prix nettement inférieur. Pas les lecteurs plus âgés qui préféreront toujours mettre quelques EUR de plus pour avoir le dernier XIII, Tuniques Bleues, Blake et Mortimer etc. Pas les maniaques qui ne sauront que faire de ces formats bizarres dans leur bibliothèque. C’est dommage car la qualité semble être là, mais je n’y crois pas...

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        • Répondu le 4 septembre à  16:37 :

          Le public visé est les bobos des centre-villes, comme 90% de ce que le marché de l’édition propose. C’est la dernière catégorie de population qui a encore les moyens et qui se distrait encore (un peu) par le livre (écrit ou dessiné). C’est que tout le monde doit comprendre ici, c’est que le monde que nous avons connu n’existe déjà plus. Le divertissement ne passe plus par la chose imprimée.

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      • Répondu le 4 septembre à  15:03 :

        Le problème c’est qu’ils tentent le coup avec des auteurs plutôt traditionnels et expérimentés. Avec un jeune auteur sur palette graphique, utilisant l’IA pour les décors et les couleurs, 32 pages, il faut trois jours pour les faire.. on va encore avoir mille ans de retard sur les asiatiques.

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        • Répondu le 5 septembre à  05:16 :

          Les Asiatiques ne sont vraiment pas l’exemple à suivre, et même pour leur production le mur se rapproche de plus en plus.

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          • Répondu le 5 septembre à  08:49 :

            Je ne parle pas de modèle artistique mais de modèle économique. Le droit du travail n’est pas le même au Japon. Un mangaka peut s’entourer de 4 esclaves assistants qui travaillent 15 heures par jour et dorment par terre dans le studio. Et en Corée, il y a déjà longtemps que la « chose imprimée » a disparu et qu’on lit de la BD 100% sur les téléphones.

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            • Répondu le 5 septembre à  09:56 :

              Je parlais aussi du modèle économique Asiatique qui va droit dans le mur. On ne peut pas construire indéfiniment des data centers pour alimenter nos portables, le réchauffement climatique est déjà entrain de nous le faire comprendre. Si le système économique mondial ne se corrige pas rapidement, la sanction va être douloureuse et radicale. L’Internet devait remplacer le papier, on en consomme plus qu’avant. L’imprimé n’est pas prêt de disparaître.

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              • Répondu le 5 septembre à  16:00 :

                Là vous élargissez trop le sujet. Si on veut dans nos métiers lutter contre le réchauffement climatique, commençons par réduire drastiquement la production, arrêtons d’imprimer au bout du monde, n’imprimons que les livres pré-commandés à l’avance et cessons globalement la distribution massive des produits culturels par des camions qui roulent au diesel.

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                • Répondu le 7 septembre à  09:20 :

                  Vous avez tout bon, sauf que les camions électriques existent mais ne sont pas prêts de remplacer les camions au diesel… l’autonomie reste faible, et surtout le remplacement de la flotte ne se fera qu’avec l’aide des Etats, et les Etats n’ont plus d’argent ! Ne parlons même pas des avions électriques… le secteur des transports représente à lui seul un tiers des émissions de CO2, et ça va être difficile de faire baisser ce score.

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                  • Répondu le 7 septembre à  19:09 :

                    Je n’élargis pas le sujet, mais nos métiers dépendent aussi de la marche du monde. Une guerre à l’autre bout de la planète peut faire flamber le prix des matières premières : électricité, pâte à papier, encre, transport, cotisations patronales plus élevées, et conditionne forcément le choix des politiques culturelles. Nous ne sommes pas un métier isolé sur une île, dont il suffirait juste de faire moins de gâchis pour sauver notre environnement. Sans compter l’incidence de l’IA qui reste quand même un problème mondial.

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                    • Répondu le 8 septembre à  06:54 :

                      Totalement d’accord. On oublie trop souvent que la vraie raison de la crise actuelle de l’édition est la baisse du pouvoir d’achat des lecteurs. Ou plutôt leurs arbitrages de consommateurs, au détriment des biens culturels physiques , dans un contexte d’inflation causée par la ggéopolitique : guerre en Ukraine, guerre en Iran. Les gens conservent leurs abonnements Netflix, mais n’achètent plus de livres.

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  • Les commentaires qu’on peut lire ici sont atterrants de stupidité. On est au delà du conservatisme, c’est de la sénilité intellectuelle. Saluons cette nouvelle collection qui a l’air bien belle !

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    • Répondu le 6 septembre à  22:17 :

      Toujours dans la bienveillance, le Colonnier. Il se croit vraiment plus malin que tout le monde ?

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    • Répondu le 7 septembre à  03:19 :

      C’est tellement facile d’arriver après la bataille et de dire « vous êtes tous séniles ».

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      • Répondu le 7 septembre à  09:23 :

        La collection 32 de Futuropolis n’était pas au format comics, mais dans un format proche de l’A4, ce qui était absurde avec une si faible pagination. Et par ailleurs, les maquettes de ces fascicules étaient très rebutantes, c’était l’époque où les graphistes faisaient n’importe quoi avec la pao.

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        • Répondu par Capitaine Kérosène le 8 septembre à  04:54 :

          Pas d’accord. J’achetais les parutions et j’en appréciais les maquettes et le papier, pour ne rien dire des histoires. J’ai toujours regretté la disparition de cette collection que j’ai attribuée au conservatisme des lecteurs de BD. Il suffit de voir les réactions des intervenants sur ce sujet pour s’en convaincre.

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          • Répondu par Mille Sabords le 8 septembre à  06:09 :

            La photo qui illustre l’article d’Actua BD parle d’elle-même ; d’un côté une PLV de Comics de 104 pages à 6,99 euros dans une qualité de fabrication digne d’un album cartonné, de l’autre la PLV Intermezzo avec des BD qualité fascicule à 32 pages pour 10 euros. La messe est dite.

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            • Répondu le 8 septembre à  16:14 :

              Vous ne dites vraiment que des bêtises. Vous comparez des BD inédites, donc de la création qu’il faut financer (si vous êtiez vraiment l’auteur que vous prétendez être, vous sauriez que payer les auteurs a un coût), à des rééditions médiocres et soldées de vieux comics Marvel, amorties et réimprimées 20 fois depuis des décennies.

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              • Répondu le 14 septembre à  05:08 :

                Et vous, vous êtes sérieux ? Sans parler des Comics de Panini, mettre 10 euros dans un fascicule à peine plus épais qu’une brochure publicitaire, alors que pour 2 ou 4 euros de plus on peut avoir un album cartonné en nouveauté qui est aussi une création, franchement, je préfère mettre plus pour un cartonné !

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                • Répondu le 14 septembre à  17:11 :

                  Franchement le cartonné c’est ringard. L’avenir est au broché, mais avec plus de pages et pas trop cher évidemment.

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