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Bon
29 août 2026
Dans l’univers de M.A.D., la guerre contre les Mechams a dévasté le monde, réduisant l’humanité à une poignée d’îlots de résistance séparés par des océans de rouille. Daïa Anikine et son psybot Socrate, avec lequel elle partage littéralement sa conscience, appartiennent à la Mechanical Assault Division (M.A.D.) , chargée de protéger les derniers bastions de la civilisation. Mais dans ce troisième tome, intitulé Lana, c’est un tout autre combat qui attend Daïa : celui, intime, de la disparition jamais élucidée de sa petite sœur. Lorsqu’une piste inattendue refait surface, elle se lance dans une quête désespérée qui l’entraîne au cœur des secrets les plus sombres du M.A.D. lui-même, là où certaines vérités auraient sans doute dû rester enterrées.
Ce changement de focale marque une inflexion notable pour la série : après un premier tome centré sur une enquête criminelle classique et un deuxième qui remontait aux origines géopolitiques de la révolte des machines, ce troisième opus resserre le récit sur l’intime, en retournant l’enquête contre l’institution même que sert Daïa. Une manière de refermer la trilogie sur une note plus personnelle, quitte à mettre quelque peu de côté la dimension purement post-apocalyptique qui faisait la force des deux premiers tomes.
Le duo formé par Daïa et Socrate reste le moteur du récit, dans la droite ligne des dilemmes identitaires chers à des œuvres comme Ghost in the Shell : où s’arrête l’humain et où commence la machine lorsque deux consciences partagent le même esprit ?
Au dessin, Thomas Legrain retrouve l’univers qu’il façonne depuis Un Empire de rouille, entre paysages dévastés et froideur mécanique, toujours épaulé par les couleurs de Mikl. Nicolas Jarry, de son côté, avait construit les deux premiers tomes autour de dialogues tranchants et d’une complexification progressive de l’univers, des qualités particulièrement bienvenues pour traiter un sujet aussi personnel que la disparition d’un proche.
Les deux premiers volets avaient plutôt convaincu, cet univers cohérent et l’enquête de Daïa gagnant progressivement en intensité. De quoi nourrir une attente légitime autour de ce dénouement, annoncé comme le plus personnel de la série.
Par Quentin GUILLIER
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