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2 juillet 2026
« Éliminateur de problèmes », John Martyrosian a passé sa vie à traquer des hommes dans toute la Louisiane pour le compte d’un chef mafieux russe. Ayant eu la chance, assez improbable, d’arriver vivant à la retraite, il savoure désormais son temps libre sur une petite île au large de la Floride et s’occupe en emmenant les touristes pêcher sur son petit bateau. Mais c’était compter sans son ancien patron qui, coincé par la justice, a besoin de lui pour une mission bien particulière : retrouver la fille d’un puissant couple afro-américain, disparue à la Nouvelle-Orléans. Sur place, il trouve un allié contre nature : Matthew Ferrara, un agent du FBI chargé, lui aussi, de retrouver la jeune femme. L’improbable duo va se lancer sur les traces d’un redoutable prédateur, une quête qui les entraînera dans l’enfer d’une ville gangrenée par le mal…
Dernière Aube, c’est un cocktail sombre et explosif imaginé par le romancier et cinéaste français Jérémie Guez, qui vient de reprendre les scénarios de Largo Winch, et mis en images par le talentueux dessinateur hongrois Attila Futaki, décédé en 2024 d’un cancer foudroyant à l’âge de 39 ans. Côté scénario, Guez nous plonge dans une affaire bien tordue, avec des personnages forts et des ambiances glauques. Visiblement inspiré par le graphisme particulier de Futaki, il a créé une intrigue puissante mêlant enquête policière, violence et coups de théâtre. Des bas-fonds aux beaux quartiers d’une Nouvelle-Orléans encore marquée par le passage de l’ouragan Katrina, John Martyrosian mène ses recherches avec une détermination sans faille, rêvant, sans trop y croire, qu’il pourra retrouver sa vie paisible s’il vient à bout de cette sale affaire.
Côté graphisme, Attila Futaki livre, comme à son habitude, une mise en scène très cinématographique qui semble inspirée des meilleurs films noirs de ces dernières décennies. En ouvrant l’album, dont la couverture résume bien la teneur, le lecteur a l’impression que chaque planche a fait l’objet d’une étude attentive pour trouver les meilleurs cadrages possibles. Tout semble ici très travaillé : la mise en page, les décors, les visages, les ambiances… pour obtenir un rendu des plus oppressants, au niveau des dessins, bien sûr, mais aussi des couleurs, signées Attila Futuka et Hiroyuki Ooshima, qui renforcent encore un peu plus le climat lourd de cet ouvrage. Rarement l’alchimie entre polar, cinéma et bande dessinée n’aura été aussi puissante que dans cet album au final tragique et désespéré.
Par Dominique ERNST
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Dernière Aube – Par Futaki & Guez – Ed. Aire Noire Dupuis