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Excellent
1er juillet 2026
Victor, Lennon et Mattéo sont trois bons copains que la musique et un humour potache et décalé réunissent pour une longue virée dans le Sud-Ouest. Ce dernier ayant perdu son père trois mois auparavant, le trio profite de son passage dans la région pour aller vider la maison du défunt. Le jeune homme est manifestement peu affecté par la disparition d’un homme qui a quitté le foyer familial alors qu’il n’avait que cinq ans et dont il garde peu de souvenirs, et encore moins d’affection. Le lien filial semble s’être rompu depuis longtemps : leurs relations ont, au mieux, été difficiles, voire inexistantes, au point que le fils n’a même pas assisté aux funérailles.
Mattéo passe une première nuit dans la maison de son enfance, qui lui paraît à la fois étrangère et familière malgré quelques maigres souvenirs et de rares objets abandonnés. Le lendemain matin, il découvre sur un miroir un curieux Post-it où il est écrit « Je suis toujours en vie ». Cet étrange rituel se reproduit les jours suivants et ne manque pas d’intriguer le jeune homme, chambouler le groupe de copains, provoquer des rencontres inattendues et improbables. Qui en est l’auteur ? Un voisin malintentionné, la mystérieuse Anna Maria, un inconnu jouant les fantômes.. ?
Ici, pas de morts ressuscités, de créatures d’outre-tombe ni d’ésotérisme de pacotille ! Ce nouveau roman graphique du tandem Jim et Laurent Bonneau n’emprunte pas à ces facilités : c’est plus subtil, plus intime. Le cheminement de ce fils à la recherche d’un père qu’il a peu, ou mal, connu renvoie à la complexité des sentiments, des non-dits, à ce que faire son deuil veut dire au terme de plusieurs années de séparation et d’incompréhension mutuelle.
Dans cette sorte de road trip sentimental et dérisoire, chacun de ces grands ados se retrouve confronté à ses propres contradictions et à ses interrogations sur l’amour, la mort ou la transmission. Cette quête de sens fait écho à des choses intimes, enfouies au plus profond de chacun, dont le deuil, associé à cette escapade sur la côte basque, est le centre.
Le cheminement des personnages nous installe progressivement dans une ambiance d’insouciance, crépusculaire et solaire, à laquelle participent autant le déroulement du narratif que les tons ocres et jaunes, presque saturés, qui accompagnent le récit. Celui-ci fait aussi une large place au temps qui passe, aux silences, aux attentes (plus de 300 pages !) ainsi qu’aux espaces par un découpage privilégiant une gamme de plans larges ou rapprochés sur les visages, et distribuée dans une mise en page en trois bandes. Ces ambiances finissantes et lumineuses font de cet étrange voyage le moyen, pour chacun des personnages, d’une introspection et, pour Mattéo, d’un retour vers ce père disparu.
Après le succès d’une première collaboration avec l’Etreinte, Jim et Laurent Bonneau ont manifestement pris plaisir à retravailler ensemble dans un récit non formaté, évoluant page après page, au fil des envies et en toute liberté. Cet épais one-shot se révèle particulièrement efficace pour entraîner le lecteur dans ses propres interrogations et expériences personnelles.
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