Hervé Barulea, dit Baru, est né le 29 juillet 1947 à Villerupt (Meurthe-et-Moselle). C’est la ville dont on parle dans cet ouvrage. Il ne s’y passe pas grand-chose, mais parfois des événements qui s’inscrivent en lettres de feu dans l’histoire culturelle collective.
D’origine italienne, Baru est d’abord un fort en muscles qui commence par enseigner l’éducation physique. Il se lance tardivement dans la BD quand il découvre, subjugué, le Journal Pilote où il débute en 1982. C’est la trilogie Quéquettes Blues qui le révèle, le trait lâché rehaussé d’aquarelle tapant dans l’œil du jury d’Angoulême 1985 : il y reçoit l’Alfred du meilleur premier album. Oui, jeune lecteur, il n’y avait pas de Fauve, ni d’Alph’Art à l’époque. On avait « le bonjour d’Alfred »…
Les thématiques chez Baru sont ancrées dans la réalité sociale et politique. Elles mettent souvent en scène la classe ouvrière, les banlieues, celle des « Ritals », des immigrés italiens. On est bien loin de l’univers des YouTubers gâtés d’aujourd’hui… Voyant ses premières pages au trait flamboyant comme un riff de guitare électrique, les Japonais de la revue Morning (Kodansha) s’intéressent à lui. Il y publie L’Autoroute du soleil (1995, Casterman). Eh oui, jeune Luffy, il est traduit au Pays du Soleil Levant alors les Français viennent à peine de découvrir Akira et Dragon Ball !
Mais ce qui intéresse Baru, c’est de parler aux copains, ses lecteurs et les autres. « Si je fais des bandes dessinées, c’est pour eux ! » dit-il avec une touchante sincérité. Quéquettes Blues (1984), Le Chemin de l’Amérique (1990) ou Les Années Spoutnik (2000) sont des sujets de « boomers » Ce sont sans doute eux qui récompensent Baru par un Grand Prix de la ville d’Angoulême en 2010 pour l’ensemble de sa carrière.
Ce livre est une introduction à l’histoire culturelle de l’époque. La France sortait d’une guerre éprouvante, l’empire colonial s’était effondré sur lui-même et réglait sordidement ses comptes. Les Etats-Unis comme la France étaient gouvernés par des généraux en uniforme. « J’ai essayé de faire une entrée en matière de l’état de conflit dans lequel on était quand on était jeunes et qu’on avait affaire à des parents qui décidaient pour nous ! […] Rock ‘n Roll, c’est avant tout un bouquin sur une génération. »
Les récits indépendants qui le composent racontent des moments incroyables, comme lorsque le Comité des fêtes de Villerupt, le bled d’où vient Baru, tente de programmer Johnny Halliday. Ne pouvant pas l’obtenir (évidemment), ils se rabattent sur un musicien inconnu, comment il s’appelle déjà, ah oui : Jimmy Hendrickx ! De quoi marquer le jeune homme !
Tous ces récits sont ponctués de références aux morceaux les plus mythiques de l’histoire du Rock ‘n Roll. Des morceaux d’Anthologie que Baru évoque dans cette vidéo et dans cet entretien inédit. STAY TUNED !
Par Didier PASAMONIK
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