Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
Bon
11 juin 2026
Les éditions Kinaye continuent de proposer des titres étonnants ! Leur dernière nouveauté, Les Fleurs des funérailles, de Delfina Pérez, s’inscrit dans la lignée de ce qu’avait pu proposer, par exemple, La Rumeur du chat perché, paru plus tôt cette année. On retrouve une nouvelle fois un album plutôt court, d’une quarantaine de pages, avec une histoire simple à petite échelle. On trouve même un léger aspect « nouvelle moderne », avec un récit très concis centré sur un seul enjeu.
Lorsque l’on qualifie Les Fleurs des funérailles de nouvelle moderne, c’est surtout parce que l’album reprend certains codes du genre. L’album se concentre autour d’un seul sujet : la relation entre Costa et Karen. On apprend très vite que, avant même le début du récit, Karen a quitté le groupe de rock amateur qu’elle formait avec ses amies pour tenter sa chance dans un autre groupe aux ambitions plus professionnelles.
Les Fleurs des funérailles débute in media res, alors que le groupe de Costa est sur scène pour interpréter la chanson éponyme et « enterrer » symboliquement Karen. Mais alors que Costa pensait avoir tué le souvenir de son ancienne guitariste à tout jamais, cette dernière apparaît dans la salle... Costa est alors prise de court. Comment doit-elle se sentir face à celle qui a quitté le groupe ? Pourra-t-elle lui pardonner ? Ou vivra-t-elle éternellement avec sa rancœur ? Le livre se concentre sur cette seule question, aussi il est difficile de parler plus de l’histoire sans tout raconter, mais attendez-vous à ce que les réponses soient plus compliquées qu’un simple oui ou non.
L’aspect le plus marquant de cet ouvrage est sans aucun doute son style graphique. L’album joue à fond l’esthétique rock’n’roll et propose de superbes illustrations en noir et blanc aux ombres très marquées. Delfina Pérez, qui vient du monde de l’animation et qui a notamment travaillé sur Adventure Time : Fionna and Cake, donne à ses personnages une grande fluidité de mouvement, tout en gardant un aspect cartoon. Chaque personnage a sa silhouette bien définie et est reconnaissable au premier coup d’œil. Rien à dire côté dessin donc.
Petit bémol cependant, lié au format de l’album. L’histoire étant très courte, elle manque parfois de contexte. Les noms des personnages, par exemple, ne sont révélés qu’au fil du récit, si bien qu’il devient difficile de savoir qui est qui durant une bonne partie de la lecture. Bien sûr, chaque personnage est visuellement distinct grâce au dessin de Delfina Pérez, mais l’on aimerait malgré tout pouvoir associer plus rapidement un nom à chaque visage. À l’exception de Karen, nommée dès son apparition, Costa, Brenda ou Mora restent longtemps anonymes.
On se retrouver souvent à penser : « Karen reste amicale avec la bassiste à la coupe champignon ». L’histoire étant très courte, le lecteur a fini le livre avant même d’être certain d’avoir tous les noms des personnages en tête. Il aurait sûrement fallu une petite liste en introduction ou des étiquettes pour expliciter les noms de tout le monde.
Les Fleurs des funérailles s’inscrit ainsi dans la continuité de que Kinaye avait proposé dans La Rumeur du chat perché. L’album propose une courte nouvelle à l’esthétique Rock ’n’ roll marquée qui saura vous occuper le temps d’un trajet. On apprécie toujours les expérimentations de Kinaye, une maison qui reste très originale dans le paysage BD.
Par Akira OIKAWA
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Les Fleurs des funérailles - Par Delfina Pérez - Editions Kinaye. Parution le 12 juin 2026. 11,90 €.