Emil Ferris : rencontre avec un monstre… du dessin [VIDEO]

Par Didier PASAMONIK Kelian NGUYEN Merwan BOUCHOUARI 6 mai 2025 
C’était le phénomène éditorial de 2019, au point que nous l’avions nommée « Personnalité BD de l’année ». Cinq ans après son premier volume, « Moi ce que j’aime, c’est les monstres » (Editions Toussaint-Louverture), Emil Ferris sortait un nouvel opus, aussi formidable et aussi brillant que le précédent en décembre 2024. Une exposition lui était consacrée conjointement à la Galerie Martel. Hélas, un contretemps personnel est venu contrarier ce cadeau de Noël faits à ses lecteurs français : sa venue a été reportée. ActuaBD était en embuscade, grâce à nos amis de la Galerie Martel et des éditions Toussaint-Louverture, nous avons pu rencontrer cette autrice exceptionnelle. Venez voir et entendre l’oracle américaine du dessin. C’est profond et intelligent, comme ses livres !

Ah bah ! On n’a pas cherché loin pour filer la métaphore. Oui, Emil Ferris est un « monstre » du dessin, Godzilla qui tiendrait un stylo-bille ! Il y a chez elle quelque chose d’hypnotique dans le trait. Ses histoires aussi, sont d’une incroyable force. Les portraits structurent son propos : ils sont nombreux dans ses livres, et pas toujours faciles à décrypter. Il faut les observer longuement pour capter l’âme de ses personnages, les suivre dans leurs méandres mentaux et urbains.

C’est pourquoi les livres d’Emil Ferris sont le meilleur investissement possible pour un lecteur de bande dessinée : on lit l’histoire, touffue, pleine de personnages ambigus ou mystérieux, offrant mille pistes ; on entre dans leur psyché, on se perd dans leur regard. C’est l’Amérique profonde, cabossée, en marge, celle qui vote Trump peut-être. Emil Ferris pose sur elle un regard plein d’humanité. Elle cherche à capter son essence, et la petite lumière qu’il y a en chacun de ses habitants.

L’héroïne se voit en lycanthrope scrutant le rapport à l’art de chacun des protagonistes, laissant surgir, là des monstres issus de films et de comics d’horreur, là des tableaux qui sont chacun des moments de sidération, des instants volés à l’éternité, captant la laideur de la beauté, la beauté de la laideur. Une expérience unique.

Et quand Ferris nous parle, nous sommes tout aussi séduits. Par cette beauté monstrueuse, une fois encore la métaphore s’impose. Allez-y voir.

Le coffret des deux volumes, un cadeau somptueux

Par Didier PASAMONIK Kelian NGUYEN Merwan BOUCHOUARI

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Code EAN : 9782381961491

Moi ce que j’aime, c’est les monstres T. 1 & T. 2 - Par Emil Ferris - Editions Toussaint Louverture

Toussaint Louverture ✏️ Emil Ferris à partir de 14 ans Etude sur la BD 🏆 Prix ActuaBD de la Personnalité BD de l’année
 
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4 Messages :
  • C’est assez incroyable ce que cette artiste arrive à faire avec des stylos billes. Cet outil me semble peu adapté au dessin et je me demande si d’autres artistes bd ou illustrateurs utilisent aussi le stylo bille ?

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    • Répondu par Gina Vanilla le 8 mai 2025 à  19:56 :

      Je ne pense pas, effectivement ce qu’elle fait est très bo !

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      • Répondu par turij le 9 mai 2025 à  07:41 :

        Beaucoup d’artiste utilise le stylo bille, soit en dédicace, soit pour des illustrations. En BD je ne sais pas. Cherchez sur le net et vous trouverez tout un tas d’oeuvres incroyables faites avec ce médium. Emil Ferris n’est nullement un cas unique.

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    • Répondu par Ah ? le 9 mai 2025 à  17:33 :

      Il y en a quelques autres.
      Blutch à pu l’utiliser parfois, souvent couplé avec le stylo pinceau.
      Frédéric Poincelet utilise exclusivement le Bic depuis plusieurs années.
      Le premier ouvrage de Hugo Bienvenu, Sukkwan Island est aussi dessiné tout au Bic.
      Marion Fayolle travaille au Bic.
      Placid a également eu une grosse période Bic.
      Il y en a plein d’autres, le name dropping pourrait durer longtemps, héhé.

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