Ah bah ! On n’a pas cherché loin pour filer la métaphore. Oui, Emil Ferris est un « monstre » du dessin, Godzilla qui tiendrait un stylo-bille ! Il y a chez elle quelque chose d’hypnotique dans le trait. Ses histoires aussi, sont d’une incroyable force. Les portraits structurent son propos : ils sont nombreux dans ses livres, et pas toujours faciles à décrypter. Il faut les observer longuement pour capter l’âme de ses personnages, les suivre dans leurs méandres mentaux et urbains.
C’est pourquoi les livres d’Emil Ferris sont le meilleur investissement possible pour un lecteur de bande dessinée : on lit l’histoire, touffue, pleine de personnages ambigus ou mystérieux, offrant mille pistes ; on entre dans leur psyché, on se perd dans leur regard. C’est l’Amérique profonde, cabossée, en marge, celle qui vote Trump peut-être. Emil Ferris pose sur elle un regard plein d’humanité. Elle cherche à capter son essence, et la petite lumière qu’il y a en chacun de ses habitants.
L’héroïne se voit en lycanthrope scrutant le rapport à l’art de chacun des protagonistes, laissant surgir, là des monstres issus de films et de comics d’horreur, là des tableaux qui sont chacun des moments de sidération, des instants volés à l’éternité, captant la laideur de la beauté, la beauté de la laideur. Une expérience unique.
Et quand Ferris nous parle, nous sommes tout aussi séduits. Par cette beauté monstrueuse, une fois encore la métaphore s’impose. Allez-y voir.
Par Didier PASAMONIK Kelian NGUYEN Merwan BOUCHOUARI
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Moi ce que j’aime, c’est les monstres T. 1 & T. 2 - Par Emil Ferris - Editions Toussaint Louverture
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