Tout juste une semaine après le Drawing Now, la foire du dessin contemporain qui avait lieu au Carreau du temple et une semaine avant l’ouverture du Festival du livre de Paris, le Grand Palais accueil Art Paris la foire de l’art moderne et contemporain.
Dans la nef du Grand Palais entièrement rénovée depuis cet été, 170 stands proposent un voyage éclectique dans l’art sous toutes ses formes : peintures, sculptures, photographies, design… Dans le bain de soleil dont nous sommes gratifié cette année, quatre stands intéressent les bédéphiles. Une participation record. Visite.
Nous commençons par celui de MEL Publishing, maison d’édition personnelle de Michel Edouard Leclerc, la figure de la grande distibution dont on connaît la qualité de collectionneur de bansde dessinée et qui s’est donné comme mission de bâtir un pont entre la bande dessinée eet l’art contemporain. Lucas Hureau, son directeur, présente une sélection des lithographies récemment publiées, des ouvrages d’art d’une grande sophistication qui valent bien une planche originale. Parmi eux, des noms bien connus de Druillet, Christophe Blain, Art Spiegelman ou Bilal.
Ce dernier précisément, légende de la BD de science-fiction, bénéficie d’un solo show sur le stand de la galerie Barbier. Habituée du Drawing Now où, cette année encore, elle a représenté Elen Usdin, la galerie Barbier participe pour la première fois à Art Paris. En s’associant avec le fonds Enki Bilal la galerie de la rue Chapon à Paris propose une sélection des plus belles cases des trois premiers tomes de la série Bug (Casterman) dont deux tableaux inédits fait spécialement pour l’événement.
La galerie Barbier et le fonds Enki Bilal éditent parralèlement un catalogue pour l’occasion. L’opportunité aussi d’en savoir un peu plus sur un projet de musée qui devrait ouvrir d’ici à la fin de l’année au cœur de la capitale...
Autre habituée de Drawing Now, la galerie Martel propose les œuvres de trois de ses artistes : l’incontournable Lorenzo Mattotti et ses grandes toiles colorées ; le disruptif Alex Barbier et ses toiles fauves et la fanfare colorée de Brecht Evens et son étude de la gare d’Aulnay-sous-bois. Un avant-goût de la grande rétrospective qui se déroulera prochainement au Musée Thomas-Henry de Cherbourg.
Toutes ces galeries défendent d’ordianire des auteurs de bande dessinée mais pour s’adapter au public habituel d’acheteurs d’Art Paris, plutôt porté sur la peinture et la sculpture, la sélection s’est précisément portée sur ce type d’oeuvres. Pour voir des planches de bande dessinée, il faut se rendre chez le quatrième acteur de cette édition, la galerie Huberty & Breyne.
Là aussi, présentation de trois artistes et un cohérence : le dessin d’humour à la frontière entre BD et dessin de presse : Claire Brétecher, Wolinski et Reiser, trois des meilleurs satiristes qui ont marqué le XXe siècle de leur trait efficace et de leur gags tranchants. On admirera en particulier le trait de Clare Bretécher qui va faire dans quelques jours l’objet d’une rétrospective à la Cité de la bande dessinée à Angoulême, sous la houlette des commissaires Anne-Hélène Hoog et Michel Lieuré.
La présence de ces quatre spadassins offre un autre regard sur le 9e art auprès d’un nouveau public avide de sensations nouvelles. La foire est ouverte jusqu’à dimanche soir. Cette année un programme de conférences est prévue en plus des expositions.
Le Grand Palais sera l’écrin du Festival du livre de Paris dès la semaine prochaine. On s’y retrouve !
Par Kelian NGUYEN
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Photos : Kelian Nguyen