Derrière le pseudonyme de Lidwine, se cache Dominique Legeard, dessinateur et scénariste de bande dessinée, réputé pour son approche minutieuse et perfectionniste du dessin. Particulièrement reconnu pour son style graphique minutieux, il mêle influences médiévales, fantastiques et baroques à une culture pointue de l’Heroïc Fantasy.
Né en 1960, il montre un goût prononcé pour le dessin dès le collège. Il fait ses débuts dans la bande dessinée dans les années 1980 avec notamment le fanzine breton Frilouz où il rencontre et côtoie les jeunes dessinateurs de la région comme Lucien Rollin, Jean-Luc Hiettre ou encore Gégé (Gérard Cousseau), mais aussi un certain nombre d’invités prestigieux, habitués du festival Quai des Bulles de Saint-Malo : entre autres Jean-Claude Fournier, Bélom, Alain Goutal, Claude Kerfriden, Michel Plessix, Malo Louarn, Blesteau et François Bourgeon.
C’est en 1994 que Lidwine goûte vraiment au succès, avec Le Dernier Loup d’Oz, consacré prix des libraires en 1995. Malgré cette excellente réception, la série ne connaîtra malheureusement pas de suite et s’arrête avec ce seul tome, qui faisait presque office de simple prologue.
Cette œuvre active cependant les radars de Dargaud qui va alors le chercher pour inaugurer Avant la Quête de l’oiseau du temps, plus de dix ans après la fin du premier cycle de la célèbre série, première grande série de . La minutie et le perfectionnisme de l’artiste étaient déjà reconnus, mais ce titre en sera le parfait exemple. Il faudra en effet quatre ans de labeur pour que Lidwine finisse de mettre sur papier le scénario de Serge Le Tendre et Régis Loisel. Un délai qui produira un album magnifique et très détaillé, mais qui poussera également Dargaud à se tourner vers Mohamed Aouamri. Le directeur éditorial de Dargaud François Le Bescond (qui était l’éditeur de ce fanzine des débuts) a publié sur son compte Facebook un émouvant hommage, se rappelant avec humour que l’illustrateur était incapable de rendre son travail dans les temps.
Mais ce perfectionnisme semble être le seul défaut de Lidwine. Très apprécié pour sa gentillesse et son humanité, le dessinateur était engagé dans de multiples causes. Une partie des bénéfices d’Avant la Quête de l’oiseau du temps – L’Ami Javin avait même été reversée à une association.
Nul n’est besoin de produire abondemment pour laisser une trace durable dans le petit monde de la bande dessinée. Il suffit de regarder une de ses planches pour apprécier toute l’énergie qui se dégageait de ses dessins. Lidwine travaillait pour l’amour des autres et pour l’amour de l’art, ce qui revient au même. Il laisse derrière lui une œuvre tant limitée en quantité que précieuse en qualité, chaque planche portant la trace de son immense rigueur et de sa passion pour les univers médiévaux et fantastiques.
Par Akira OIKAWA
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Photos : DR
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