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Rat City T. 2 - Par Erica Schultz & Zé Carlos - Ed. Delcourt

Par Marc VANDERMEER 30 septembre 2026 
Suite et fin de Rat City, intronisé par des démons sous une apparence animalière, qui poussent deux prétendants brimés par la vie à s'affronter lors d'un triel aux côtés de Peter Cairn. Sans jamais parvenir à égaler l'œuvre phare de Todd Mc Farlane, ce dytique se résume exclusivement à y insérer de nouveaux protagonistes.

En 2090, après les événements désastreux qui ont conduits les parents d’Arif Ormet à succomber aux attaques de la coalition : l’oncle Elyes et son frère Fidan se retrouvent à leur tours exécutés, poussant Arif à errer de par le monde à la recherche de leurs assassins. Parvenu à Rat City, ce supposé endroit le plus puissant du globe, ce faux-paradis renferme une pauvreté défiant toute concurrence. C’est là, qu’il y rencontrera deux animaux de compagnie, un chat et un chien, tous deux dotés de pouvoirs surréalistes, qui l’invitent pour réaliser ses plus grands désirs... de vengeance !

Rat City T. 2 - Par Erica Schultz & Zé Carlos - Ed. Delcourt
©Zé Carlos / Delcourt

A l’époque d’aujourd’hui, Peter Cairn découvre les joies de son nouveau costume de super héros, bien que son aspect psychologique en prend un sacré coup, déstabilisé entre vision du passé, du présent et futuriste. A son tour, il se retrouve face à un animal, un renard cette fois-ci, qui lui parle en tant qu’ami et allié et qui, à l’instar de ses comparses, fait partie de la fameuse "Progéniture" ! Celle-ci le guidera vers les derniers sentiers de son âme ; de même pour Viktor Neekay, autre figure au cœur de ce suspens, guidé par ces animaux parleurs (au nombre de six au total, comprenant également un oiseau, un serpent et une souris).

La complexité de ce second volet de Rat City s’exprime par ces interminables sauts dans le temps qui, d’un chapitre à l’autre, fluctuent entre souvenirs et futurs actes poussant Peter Cairn, comme Viktor et Arif, vers un dédale obscur d’inquiétude. Lorsque ces créatures chimériques l’analysent, ils n’y ressentent nulle peur en lui, avec ce souhait de le voir mourir pour qu’ils atteignent leur mystérieux objectif démoniaque. Plus que tout : leur convoitise commune s’attarde à vouloir récupérer son si précieux costume, d’autant qu’Arif et Viktor, retenus dans l’entre-deux, essayerons de se mettre en évidence afin de bénéficier pleinement des dons de ces créatures animalières.

Si ce nouveau pavé de trois cents pages se dévore à belles dents, nous nous retrouvons à plus d’un instant, à tenter de comprendre ce qui s’y déroule, notamment par ces incessantes hallucinations parfois confuses et peu claires, qui peuvent engendrer un certain malaise ou un doute quant au déroulement des différentes interactions. C’est ainsi que sournoisement, une fois que certaines pièces du puzzle sont réunies, informant Arif Ormet par l’entremise ces créatures, du lieu où réside l’un des assassins de son frère Fidan : notre héros consent à se rendre dans l’entre-deux pour réclamer vengeance.

En insérant ces créatures énigmatiques,Erica Schultz nous tient quelque peu en haleine, d’autant que ces dernières, bien que devant fonctionner à l’unisson, se retrouvent sans cesse prisonnières de leurs décisions indécises. Jamais ces bestioles ne semblent résonner en chœur. Leur pelage ou écailles resplendissent au firmament, leur donnant ainsi un aspect sombre et diabolique, où seuls leurs yeux étincelants, se démarquent des ténèbres. Ce coté cyberpunk ressort pleinement tout au long du récit, bien que dans son ensemble, on a toutefois du mal à accrocher pleinement au scénario. La trame part en effet dans tous les sens, usant plus le lecteur qu’autre chose. Toutefois, parvenus au chapitre onze, le lecteur aura tout le loisir d’en découvrir davantage sur ces petits démons, vassaux directs de Malebolgia et héritiers de l’enfer.

Ce sera finalement à l’entre-deux, où un triel des plus robustes prendra lieu entre Peter Cairn, responsable indirectement de la mort de Fidan, le frère d’Arif qui d’une manière ou d’une autre réclame vengeance, ainsi que Viktor Neekay, également déposé là-bas par les animaux démons, qui lui, exige de vaincre le Hellspawn...

©Zé Carlos / Delcourt

Tout comme pour le 1er round, Zé Carlos s’est aventuré en tant que cavalier solitaire pour nous peindre ce second ouvrage, qui avouons-le, possède des arguments concluants, bien qu’évoluant toutefois en dents de scie. Si le bestiaire resplendit ainsi que les deux derniers chapitres portés par l’élégance des combats, le trait de l’artiste demeure, quant à lui, inégal à plus d’un moment. Certaines expressions témoignent d’un manque criant de finesse, outrageusement gonflés et exprimant sans cesse pareil rictus. En dépit de l’action quasi ininterrompue, on en vient presque à s’endormir de par ce côté redondant à l’extrême.

Rat City qui se conclut ici en deux petits tomes, ne livre pas réellement une plus value à l’univers de Spawn, si ce n’est d’insérer de nouvelles possibilités à son envergure déjà de taille.

Par Marc VANDERMEER

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Code EAN : 9782413095071
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