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Pas mal
3 mai 2026
Allongé dans son lit d’hôpital, la respiration laborieuse, les gestes lents, la peau flétrie par l’âge avancé : Mathieu est sur le point de mourir de vieillesse, laissant derrière lui son épouse éplorée, ses enfants et sa petite-fille. Ce qu’ils ignorent, c’est qu’il ne s’est pas toujours appelé ainsi et quand il aura quitté sa chambre pour un coin isolé, loin du corps médical, juste après avoir rendu son dernier souffle : tout son être va rajeunir, dans la force de l’âge, et son cœur va se remettre à battre.
Il est le Resurection man !
Créé par Andy Lanning, Dan Abnett et Jackson Guice, ce héros par intérim est apparu pour la première fois en 1997. Il se nomme Mitch Shelley, États-unien lambda jusqu’au jour où, du moins comme le raconte l’histoire, il fut génétiquement modifié pour ressusciter. Chaque mort développant un pouvoir en lui, comme en 1945, dans un camp de prisonniers dirigé de main de fer par l’armée japonaise. D’autant que le capitaine n’est pas n’importe qui. Il deviendra, suite à cette période isolée, sans doute le pire ennemi de notre héros.
Ram V, comme à son habitude, joue habillement des informations connues de ce personnage atypique. Le pouvoir de gérer le temps s’avérant un atout majeur pour renvoyer Resurrection Man à n’importe quelle époque, lui apportant encore plus de consistance qu’un simple humain génétiquement modifié ; allant même jusqu’au meurtre originel !
En partant d’un lieu chimérique, source du temps et de la création des mondes, face à un double plutôt machiavélique, Mitch Shelley retrace ses vies et leurs connexions plus nombreuses qu’il n’y parait. Le graphique de Anand RK joue quant à lui sur l’onirisme de la situation, avec des teintes floues, tantôt pastelles, tantôt lumineuses à l’excès. Le trait, assez semblable à du « one line art » rajoute à l’impression de rêve éveillé ; bien loin du style gothique réaliste en couverture de Dan Panosian ! Mais non sans un gage d’intérêt quand l’action se met en place, dynamisée par un jeu de contraste et de lumière éblouissante.
Pour un peu, le lecteur pourrait se perdre en conjecture, comme c’est le cas dans le grand classique Sandman de Neil Gaiman édité, entre autres, aux éditions Urban Comics. La réalité et le rêve, les souvenirs et le champ des possibles se mêlent et s’entrecroisent dans une introspection parfois étirée à outrance, mais qui révèle le talent scénaristique de Ram V.
Un récit qui permet non seulement de dépoussiérer ce personnage parfois méconnu, mais également de le lier à d’autres protagonistes de la franchise DC Comics qu’on aurait eu du mal à soupçonner. Avec ce graphisme presque poétique même dans ses aspects les plus glauques d’un cadavre vivant partant en lambeaux, Resurrection Man est un titre qui mérite d’être découvert pour rejoindre la collection des héros de la Justice League !
Par Marc VANDERMEER
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Resurrection Man. Scénario : Ram V. Dessin : Anand RK & Jackson Guice. Editeur : Urban Comics. 160 pages. Sortie : le 3 avril 2026. Prix : 20,50 euros.
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