Claude Leblanc est sans doute l’un des meilleurs connaisseurs de l’histoire du manga en France. Ancien rédacteur en chef de Courrier international et de Jeune Afrique, Claude Leblanc est aujourd’hui le référent de l’actualité asiatique au quotidien L’Opinion, où nous l’avons rencontré.
Il a fondé et dirige encore aujourd’hui le mensuel Zoom Japon et a publié plusieurs dizaines d’ouvrages sur l’archipel, dont un sur le magazine Garô (La Révolution Garô – 1945-2022, aux éditions IMHO), la revue de manga fondée en 1964 par Katsuichi Nagai, magazine majeur dans l’histoire du manga alternatif japonais révélant des auteurs comme Yoshiharu Tsuge ou Sanpei Shirato, jouant un rôle central dans le développement du gekiga, un style de manga destiné à un public plus mature, à l‘instar de l’hedomadaire Pilote chez nous.
Quant à Shôtarô Ishinomori (1938–1998) que la biographie de Claude Leblanc inscrit dans l’actualité (Shôtarô Ishinomori – Il était une fois le roi du manga – Editions IMHO), il s’impose comme le mangaka le plus prolifique de l’histoire, auteur de 770 séries et détenteur du record Guinness du plus grand nombre de planches dessinées : 128 000 pages dessinées !
Des pages pour autant médiocres ? Que nenni. Il est un des mangakas les plus influents de l’histoire avec des séries cultes comme Cyborg 009 (1964), adapté en dessins animés qui est un des premiers groupes de super-héros « choral » introduit au Japon en réplique aux Fantastic Four et autres Justice League of America étasuniens.
Il est aussi le père du genre « tokusatsu » moderne (genre audiovisuel japonais utilisant massivement des effets spéciaux, centré sur les super-héros, les monstres (kaiju) ou les robots géants) à travers ses créations pour la télévision, notamment Kamen Rider (1971), une série japonaise de super-héros à moto, mêlant action et science-fiction dans une dimension de justice sociale que l’on retrouvait aussi chez Tezuka ou chez Tsuge.
Son dessin en constante mutation, aussi bien dans le registre humoristique que réaliste a durablement influencé aussi bien le manga que l’animation japonaise de son temps. « Il va démontrer que le manga a une infinité possible d’utilisations » nous dit Claude Leblanc à propos de ce pionnier de la bande dessinée documentaire qui a publié en France des ouvrages comme Les Secrets de l’économie du Japon en bande dessinée (Albin Michel, 1989), la biographie du peintre Katsuhika Hokusaï (Editions Kana, 2010) ou celle du légendaire samouraï Miyamoto Musashi (Kana, 2008). On lui doit plus récemment une BD quasiment autobiographique : Jun chez IMHO (2024).
Découvrez Shôtarô Ishinomori grâce à Claude Leblanc qui nous en parle avec passion dans ce podcast.
Par Didier PASAMONIK Kelian NGUYEN Merwan BOUCHOUARI
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