Quelques coups de feu éclatent dans une réserve tanzanienne : deux éléphants gisent tandis que les vautours et les hyènes se précipitent sur les carcasses. Mais nul doute que d’autres charognards, avides d’ivoire, se trouvent derrière ces coups de feu. De plus, cette fois, un journaliste français, Axel Schwartz, a été tué dans des circonstances troubles après avoir enquêté sur ces trafics. Depuis Paris, son rédacteur en chef missionne Iris Speranza, une belle trentenaire, pour reprendre le flambeau et découvrir comment son collègue a été tué.
Sur place, Sperenza découvre un réseau mondial, de la Chine au Canada, derrière le trafic. Intrépide, elle risque sa vie (et celle des autres...), avec des méthodes qui flirtent entre journalisme d’investigation et agent secrète. Sa ténacité lui permet de découvrir la vérité. Au-delà du récit, l’album donne à voir la face cachée du braconnage, qui exploite les populations locales, menace l’environnement, et révèle les dérives de la mondialisation.
Sur les thématiques qu’il aborde, l’album se rapproche d’un documentaire ; sur les méthodes utilisées par Speranza sa manière de s’en sortir de façon assez miraculeuse, on est plus proche de la fiction. La journaliste est une super-héroïne, au physique très avantageux, à qui tout sourit, parfois de manière fort peu crédible. En tirant sur un fil, elle amène avec elle toute une bobine qui contiennent un grand nombre de problématiques parfois difficiles à restituer en 64 pages. Ces écueils ne nuisent toutefois pas au rythme du récit, dont on ne peut qu’adhérer aux messages qu’il délivre sur le système néocolonialiste que le trafic d’ivoire perpétue.
Par Damien BOONE
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