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27 avril 2026
Avant la construction d’une autoroute vers Kyoto, le village portuaire de Shikomi était florissant. Pêches abondantes, tourisme fréquent. Rien n’aurait pu prédestiner ses habitants au déclin. Mais Rurik Sallé et Corbeyran ne tardent pas à expliquer la situation aux lecteurs dans les mots d’un ivrogne, devenu pilier de bar et la tenancière d’un certain âge. Bientôt, leur village ne serait plus qu’un souvenir déserté par ses touristes et ses habitants... à moins qu’une autre catastrophe ne précipite sa chute !
En plein mois de juillet, les températures ont commencé à baisser drastiquement, perturbant les maigres poissons encore présents dans la baie. Avec le froid, à l’instar des longues nuits d’hiver polaire, l’obscurité s’est installée pour finalement voir apparaître la neige. Une Neige de Sang car dans cette nuit sans fin, des meurtres se succèdent.
Comme tout bon polar en huis clos, les habitants se soupçonnent, s’accusent. Le pugilat n’étant jamais bien loin. Seules quelques personnes parviennent à maintenir le calme et instaurer quelques règles pour se protéger et découvrir ce qui se trame en dehors des murs de l’ancienne auberge où tout le monde s’est réfugié.
La réponse se trouve peut-être dans la maison du menteur, un peintre isolé, vivant par le passé dans un chalet dans la forêt toute proche. Ses peintures dévoilent un passé tragique à Shikomi, une malédiction impliquant des Ronins qui semblent se réveiller pour anéantir ce qui reste du village afin de, peut-être, jouir du repos éternel.
Le scénario, entre légende urbaine et folklorique, dans un contexte bien campé dans la réalité, intrigue et suscite la curiosité des lecteurs. Le graphisme de Jef, dessinateur pour l’excellente trilogie La Mécanique ou encore Le Convoi aux côtés de Kevan Stevens réitère une fois encore un niveau graphique de haute voltige. Toujours si réaliste entre crayonné fin et couleurs plutôt pâles pour s’harmoniser avec le climat nocturne et hivernal, qui ramène à la fois la tension palpable, accentuée par les découpages dynamiques sur certaines planches, et l’espoir dans les maigres couleurs chaudes quand les protagonistes sont au coin du feu ou à l’abri dans l’auberge.
Une intrigue qui se lit vite, mais ô combien intense. Une légende urbaine qui se dévore. Un aperçu à la fois du présent et du passé du Japon qui se rencontrent dans cette aventure surnaturelle riche en émotion. De quoi plaire aux amateurs de ce trio d’auteurs !
Par Marc VANDERMEER
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Neige de sang. Scénario : Corbeyran & Rurik Sallé. Dessin : Jef. Éditeur : Ankama. 80 pages. Sortie : le 16 janvier 2026. Prix : 18,90 euros.
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