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Très bon
22 juillet 2026
Apprendre comment « faire du commerce autrement », telle est la promesse d’On a faim d’idéal, la nouvelle bande dessinée d’Elizabeth Barfety et Armelle. Les deux autrices jeunesse emmènent leurs lecteurs entre la Loire et l’Ardèche pour découvrir les coulisses du fonctionnement de la SCOP (Société coopérative et participative) Bionacelle. Cette entreprise de magasins bio, gérée par ses employés, porte un modèle économique encore marginal.
Introduit par l’expérience de la jeune Léa, fraîchement embauchée, le lecteur s’intègre petit à petit dans cet environnement professionnel où l’humain passe avant tout. « La Bio » y est érigée en modèle idéal, guidant la vie de chaque employé de l’entreprise. Un mode de vie que Léa tente d’adopter tout en essayant de trouver sa place au sein d’une SCOP, dont elle pourrait devenir sociétaire. Pour cela, elle fera de multiples rencontres avec des collègues, des clients et des fournisseurs,…
Portés par un dessin crayonné simple et léger, les multiples concepts économiques et sociaux sont facilement assimilables. Ils sont incarnés par différents personnages intergénérationnels, qui leur donnent une dimension humaine et pratique. Les couleurs vives, faites à l’aquarelle, apportent quant à elles une touche joyeuse et naturelle au récit, dont elles rythment la temporalité, basée sur une année.
Un point de vue orienté
Cette bande dessinée, à la croisée de la fiction et de la BD reportage, trouve peut-être ses limites dans l’angle de vue adopté à travers le récit. Durant leur parcours initiatique, le lecteur et Léa rencontrent très peu de contradictions vis-à-vis de l’agriculture biologique ou du modèle de la SCOP. Des points de vue différents auraient permis de contrebalancer le propos, mais surtout d’en renforcer les arguments.
Le ton devient vite très enjôleur et léger, négligeant également une grande partie des difficultés que rencontrent ce genre d’initiatives. Il n’est, par exemple, jamais mentionné explicitement que Bionacelle fait partie du réseau Biocoop, un réseau qui offre une structure que d’autres SCOP et initiatives similaires n’ont pas.
Malgré tout, On a faim d’idéal constitue un ouvrage important, car il montre que le système de consommation classique n’est pas le seul à fonctionner. Loin des courses individuelles, où le capitalisme influence les choix du consommateur, cette bande dessinée en propose une vision collective, participative et saine. Par sa pédagogie et son humanisme, elle redonne ses lettres de noblesse au bio et offre un récit très accessible aux personnes qui souhaitent questionner leur mode de vie.
Par Robin LECOMTE
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