Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
La proximité de JD Morvan avec la grande résistante Madeleine Riffaud qui a fêté ses 100 ans cette année et qui a personnellement connu plusieurs des personnages dont ce roman-reportage sur la Résistance retrace les exploits (elle en signe la postface), apporte une qualité particulière à cet ouvrage : celle de l’authenticité. Le danger en effet dans ce genre d’exercice est d’héroïser à l’excès des femmes et les hommes qui n’étaient pas des héros, simplement les acteurs de leur destin et de celui de leur patrie.
Il y a Gerbier, évidemment, solide, entier, intuitif, qui voit tomber un à un ses camarades à ses côtés et qui a senti plus d’une fois le souffle de la bête lui brûler la nuque ; l’audace de Jean-François confiant en sa bonne étoile jusqu’à l’inconscience ; la dignité ombrageuse d’Augustine Viellat dont la maison accueillit aussi bien des résistants en cavale dont la tête était mise à prix, que des aviateurs alliés ou encore de hauts responsables du réseau ; enfin, il y a cette Mathilde, cheville ouvrière du groupe, qui avait fait évader plus d’un partisan dont le « patron » lui-même, à son tour capturée par l’occupant, affrontant crânement la mort.
Les volumes taillés par Emmanuel Moynot sculptent avec probité ce théâtre d’ombre. Son dessin est juste, précis, crédible qui, à aucun moment, ne suinte la documentation. On se laisse emporter par les situations, les dialogues, la dureté des situations, ponctuées -c’est la loi de la guerre- par les exécutions sommaires de ceux qui se sont compromis avec les bourreaux.
Saluons ce travail de mémoire réussi.
Par Didier PASAMONIK
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L’Armée des ombres – Par Jean-David Morvan, Emmanuel Moynnot et Benoît Lacou, d’après Joseph Kessel – Ed. Phileas.
Photo en médaillon : DR. Librairie Bulles en tête, Paris.
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