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Pas mal
29 décembre 2025
Le duo Kevans Stevens & Jef, pour lequel on attribue pas mal de titres aussi déjantés que loufoques, à l’instar de Mezkal et Le Convoi, nous revient avec ce deuxième tome de La Mécanique, prévu en trois tomes.
Suite à un premier opus d’excellente facture, nous étions en droit d’espérer un deuxième volet de même acabit. Le résultat fluctue cependant entre deux eaux. Dans un monde futuriste où la technologie a pris le dessus sur l’Humain, pour laquelle toute notion de culture s’est vue effacée au détriment d’un plaisir immédiat et illusoire, Vananka poursuit sa quête dans le seul but de retrouver sa bien-aimée Isabelle.
Pour cette suite, nous apprenons des détails importants du passé du Major, ce grand ponte colossal se déplaçant en fauteuil roulant high tech. Car il fut à une époque, pas si lointaine, où ce bougre tyrannique possédait encore ses deux jambes. Déjà à ce temps-là, en quelque sorte roi en son palais, ce commandant des forces armées dictait ses ordres tels des commandements divins sur l’ensemble de Mégalopolyon, immense Cité futuriste en avance sur son temps.
Or, il s’avère qu’Isabelle exerçait ses talents à la guitare dans un rade clandestin, et qu’amoureux de celle-ci, le Major lui offrit une vie de Reine à ses côtés. Commencèrent les déboires en tout genre, et un accident conséquent qui l’immobilisa définitivement, le condamnant à se déplacer en fauteuil roulant.
De son côté, Vananka, piégé par une mémoire défaillante et accro au « Blast », une drogue fortement répandue et dangereuse, essaye tant bien que mal de reconstituer les pièces du puzzle de son passé afin de retrouver sa bien-aimée.
À ce stade du récit, on ignore encore pas mal d’éléments qui pourraient éclaircir cette affaire, avouons-le, bien nébuleuse dans sa compréhension par moments.
L’album aurait pu être d’excellente facture si ce n’est cette apparition plutôt étrange de personnages à tête d’Orcs se baladant à l’aide de massues ou de masses tout droit sorti d’une autre dimension. Que viennent-ils donc faire dans ce récit ? C’est un mystère qui demeure jusqu’à présent sans la moindre réponse ni explication à l’appui. Mélanger divers styles diamétralement opposés peut s’avérer efficaces uniquement s’ils sont ingénieusement exploités et conçus avec une certaine approche. Or, malheureusement, on ignore le pourquoi du comment de leur présence pour cette Mécanique. C’est d’autant plus dommage que le reste de la trame est plutôt bien imaginé et prend forme peu à peu sur l’échiquier.
Pour la partie graphique, comme à son habitude, Jef soigne et maitrise son élément avec justesse et grand soin du détail. Indéniablement, l’artiste jongle sur les effets d’ombre et de lumière de manière remarquable. Son trait nerveux et dynamique apporte une plus value non négligeable au récit macabre et dérangeant. Il distille de l’émotion là où on ne s’y attend nullement et parvient à amplifier nos sens avec un crayonné parfois jubilatoire.
Étant donné qu’il ne reste qu’un seul album pour clôturer cette trilogie, prévu pour le premier trimestre de 2026, il est fort à parier que Kevan Stevens nous réserve encore bien des surprises qui, espérons-le, éclairciront certaines zones de mystères.
Par Marc VANDERMEER
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La Mécanique T. 2. Scénario : Kevan Stevens. Dessin : Jef. Editeur : Soleil. 80 pages. Sortie : le 15 octobre 2025. Prix : 17,50 euros.
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