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Très bon
24 août 2026
Maskemane porte bien son nom : ce « zobal » (l’une des classes emblématiques de l’univers du jeu vidéo et de la série animée Wakfu) ne dévoile jamais sa véritable identité, changeant de visage au gré des situations. Sa richesse, ce sont ses masques aux pouvoirs redoutables, hérités d’une époque qu’il préfère aujourd’hui ne plus évoquer : certains l’aident à fuir, d’autres à se soigner ou à se battre, mais ce dernier pouvoir est réservé aux situations les plus désespérées.
Traqué sans relâche depuis qu’on a tenté de les lui arracher, il doit défendre ces artefacts face à une galerie d’adversaires aussi variés que redoutables : une bande de mercenaires peu scrupuleux, un couple de « vampyres » bien décidé à récupérer son dû et un roi des Roublards dont l’envie dissimule une véritable obsession. Construit comme une longue traque à mort, le récit multiplie courses-poursuites et affrontements sur un rythme qui ne laisse que peu de répit, que ce soit au personnage ou au lecteur.
Ce qui distingue pourtant Maskemane d’un simple défouloir d’action, c’est le ton qui l’accompagne. La série assume un humour bien particulier, fait de sarcasmes et de punchlines bien senties, une forme de dérision typiquement française qui vient désamorcer par intermittence la violence omniprésente du récit. Les répliques cinglantes des personnages, souvent placées au cœur même des combats, apportent un contrepoint bienvenu à la noirceur de l’intrigue, sans pour autant tomber dans la franche bouffonnerie propre à d’autres pans, plus consensuels et familiaux, de l’univers de Wakfu. Un équilibre suffisamment maîtrisé pour que l’humour serve ici le rythme du récit plutôt qu’il ne vienne le désamorcer.
Le principal intérêt de cette réédition tient à ce qu’elle propose : une histoire complète, enfin lisible d’une traite, consacrée à un personnage qui n’a jamais eu droit qu’à une existence secondaire dans la série animée et le jeu vidéo. Les retours de lecteurs, nombreux depuis la sortie de ce format intégral, saluent d’ailleurs la qualité de fabrication de l’objet et se réjouissent d’un retour en librairie qu’ils n’espéraient plus, même si certains regrettent une histoire qui reste, dans l’ensemble, assez courte au regard du format proposé.
Reste que cette intégrale, si elle s’adresse d’abord aux connaisseurs de l’univers de Wakfu, peut aussi intéresser les curieux, car elle ne nécessite pas de connaître au préalable le folklore du jeu : Zobals, Roublards, Vampyres et autres créatures du Monde des Douze. L’entrée dans ce récit reste néanmoins exigeante. Un rendez-vous de niche, certes, mais soigné, pour les amateurs de la franchise française comme pour les autres.
Par Quentin GUILLIER
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Masqueman - Par Tot, Mig et XZF - Ed. Ankama.