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Ancienne place forte médiévale, puis musée de l’armée, le château de la ville de Saint-Maurice est aujourd’hui démilitarisé et abrite un musée dédié au dessin et à la narration dessinée depuis plus de 20 ans. Un lieu presque atypique pour y trouver le plus belge des cow-boys américains : Lucky Luke.
Écrite et montée par Philippe Duvanel, conservateur du musée et ancien directeur artistique de Délémont’BD et de BDFIL, l’exposition se déroule sur trois étages. Elle débute, assez logiquement, par le commencement avec un focus sur le travail d’auteur de Morris et les premières apparitions du cow-boy dans Spirou alors que l’auteur était aux États-Unis.
Le parcours revient ensuite sur les évolutions du personnage, tant graphiques avec les différentes périodes que lui a données Morris que scénaristiques avec, bien entendu, l’arrivée de Goscinny aux manettes du scénario entre 1954 et 1977.
Le parcours est chrono-thématique : ici, un long couloir dresse le portrait de famille des différents personnages : héros, antagonistes, animaux… Là, une salle explore les impacts de la censure sur les différentes publications du héros. La suivante, au travers des différentes couvertures exposées de part et d’autre d’un imposant mur, explique les raisons du passage de chez Dupuis à Dargaud.
Si le cheminement peut sembler accidenté, il dépend de la topographie particulière du lieu. Pourtant, les choix thématiques et les importants efforts de mise en scène et de scénographie rendent la circulation intelligible. Dans l’exposition, aucune planche originale mais un travail de fac-similé d’une précision étonnante.
L’imposant escalier de pierre rythme le parcours jusqu’à dévoiler, dans les combles, une salle-cathédrale dédiée aux familles. Une dizaine d’espaces permet à tous de se retrouver autour de jeux interactifs, de points photos mais aussi d’installations développant les adaptations de la série, du petit au grand écran, ainsi que les repreneurs contemporains.
Entre montagnes enneigées, gorges du Rhône et proximité du Léman, le cow-boy solitaire et ses néanmoins compagnons de route ont trouvé un lieu de villégiature de choix pour l’été. Une exposition familiale et accessible à découvrir jusqu’au 22 novembre 2026.
Par Kelian NGUYEN
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Photos, vidéos et montage : Lyne Geynet