Hier soir, le gratin des collectionneurs d’originaux franco-belges s’était donné rendez-vous à Paris chez Christie’s, la fameuse salle de vente parisienne. L’expert de la vente, Alain Huberty, et l’équipe de Christie’s avaient mis les petits plats dans les grands. Cinquante planches sublimes du cow-boy qui tire plus vite que son ombre étaient exposées. De La Mine d’or de Dick Digger à Hors-la-Loi, en passant par Les Cousins Dalton, Les Rivaux de Painfull Gulch ou Sarah Bernhardt, c’est toute la carrière de Lucky que l’on pouvait découvrir sur les cimaises. Le dessin stylé de Morris fait merveille, un plaisir pour les yeux que les Parisiens, résidents ou de passage, peuvent aller voir gratuitement jusque vendredi.
Les estimations vont de 20 000 à 50 000€, en fourchette basse et jusqu’à 80 000€ en fourchette haute, auxquels il faut rajouter les frais acheteurs de 27% HT, une coquette somme ! C’est une des vacations-stars de la fin de cette année.
La soirée a été introduite par une érudite intervention d’Hugues Dayez qui a égrené le souvenir de ses conversations avec « l’homme qui créa Lucky Luke ». La conférence a été perturbée par une intervention d’Aymar du Châtenet dirigeant de la Fondation René Goscinny qui faisait remarquer que le nom de René Goscinny n’était pas crédité au même niveau sur les cartels figurant dans le catalogue. Une bizarrerie car ceux de Bob de Groot ou de Xavier Fauche & Jean Léturgie sont bien mentionnés dans les cartels, mais Goscinny figure en entête de chacune des pages des titres qu’il a scénarisés.
Derrière cette revendication, il y en a une autre : tous les dessinateurs ont un droit de suite sur les ventes aux enchères. Or, une bande dessinée -d’ailleurs signée « Morris & Goscinny »- sur les planches est une œuvre de collaboration. Pourquoi le dessinateur serait-il le seul à percevoir le droit de suite ? Cette épineuse interrogation est en sous-texte de cette intervention. Les autorités de Christie’s ont préféré éluder la question… Le catalogue, assorti de beaux textes d’Hugues Dayez et d’une préface d’Eddy Mitchell est achetable en ligne (50€, gulp !), sur le site de Christie ‘s.
Lors de ce cocktail, on pouvait croiser Achdé et Jul qui sortent ces jours-ci leur album Un Cow-Boy sous pression, leur nouveau Lucky Luke. Il met en scène un village d’immigrés allemands qui se retrouvent soudain privés de bière, Donnerwetter !
Dans la foulée, Arte lance un documentaire en trois épisodes intitulé « Dans les bottes de Lucky Luke » où l’on découvre Jul chevauchant dans l’Ouest américain sur les traces de Lucky. Une jolie ballade ! On peut le visionner sur le site de la chaîne franco-allemande
Une belle façon d’achever l’année du centenaire de Morris, né le 1er décembre 1923.
Voir en ligne : LA VENTE LUCKY LUKE CHEZ CHRISTIE’S
Par Didier PASAMONIK
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© Lucky Productions - Photos, sauf mention contraire : D. Pasamonik (L’Agence BD)
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