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La fabuleuse ligne de vie de Corto Maltese

Par Didier PASAMONIK Favori de la rédaction 19 décembre 2024 
Dans la poursuite des grandes séries classiques mythiques de la bande dessinée, celle des aventures de Corto Maltese reste sans doute l’une des plus réussies. Cela se confirme avec le dernier album de Juan Diaz Canales et Rubén Pellejero, La Ligne de vie. On y retrouve, outre Corto, Raspoutine, Bouche Dorée et Banshee. Un cocktail d’aventures empreintes de nostalgie qui raconte l’histoire sans l’air d’y toucher. Cette fois c’est le Mexique de l’entre deux guerres qui sert de toile de fond à cette aventure où le marin se trouve au cœur de la Guerre des Cristeros, forcément malgré lui.

Que le marin d’Hugo Pratt ait une ligne de vie heurtée, cela ne nous étonne pas. Il en a même plusieurs, des lignes de vie, tant ses aventures épousent depuis toujours les vicissitudes d’une planète en train de se moderniser, passant d’une époque où l’on voyageait sans passeport, où l’aventure était avant tout coloniale, à un monde forgé par les nationalismes les plus déterminés, creusets des conflits mondiaux à venir. Corto Maltese est le révélateur de tous ces antagonismes.

Le scénariste Juan Diaz Canales connaît la recette : un conflit méconnu, ici celui de la guerre des Cristeros où le gouvernement mexicain mate la révolte d’un mouvement rural et catholique opposé à la constitution laïque mise en place en 1917 ; des personnages mythiques : comme le général Enrique Gorostieta Velarde, brillant soldat, chef des Cristeros, charismatique et croyant, qui sera assassiné à la suite d’un coup de main des services secrets américains (on voit que ces pratiques ne datent pas d’hier…) que Corto Maltese rencontre, de même qu’un certain Charles Lindbergh, le héros de la traversée de l’Atlantique, que l’on découvre ici en train de bombarder les Cristeros pour le compte du gouvernement des Etats-Unis avant d’embrasser la cause fasciste.

Au-delà de cette recette, efficace mais convenue, Rubén Pellejero excelle en successeur doué du maître vénitien. Ses pages sont belles, rythmées, respectueuses du trait de Pratt, jusqu’à ses inspirations car on a là un personnage de petit journaliste français qui semble dessiné par Milton Caniff...

On se laisse emporter par cette histoire, par ses personnages dont quelques-uns nous sont connus. Et on retient que si Bouche Dorée, la sorcière éprise de politique de la macumba brésilienne, donne une courte vie à l’aventurier aux semelles de vent, il faut bien une jeune femme Leprechaun, en l’occurrence Banshee, pour en défaire la malédiction.

Par Didier PASAMONIK

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Code EAN : 9782203276475

Corto Maltese T. 17 : La Ligne de vie - Par Juan Diaz Canales et Rubén Pellejero - Ed. Casterman

Corto Maltese Casterman ✍ Juan Díaz Canales ✏️ Rubén Pellejero Aventure Espagne
 
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6 Messages :
  • Je vais le relire. A la première lecture, le scénario m’a semblé vraiment décousu et superficiel. Mais les précédents m’avaient fait la même impression. C’est mieux en les relisant. Comme ceux de Pratt qui sont quand même bien mieux. Pellejero est bien quand justement il n’essaie pas de faire du Pratt.

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    • Répondu le 20 décembre 2024 à  06:54 :

      À part servir l’intérêt économique d’un éditeur, inutile et absurde d’essayer de faire du Pratt.

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  • Je ne sais pas si c’est à cause des couleurs informatiques ou à cause de la mise en page et des cadrages ou de la combinaison de tout ça mais je ne vois pas du Pratt. Je vois du Corto Maltese fait par un autre dessinateur. Un peu comme ces albums hommage ou des auteurs dessinent à leur manière les personnages des autres.
    Vous avez raison de citer Milton Caniff. Le second strip de la première page présentée fait vraiment penser à "Terry et les Pirates".

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    • Répondu le 20 décembre 2024 à  11:00 :

      Du Corto Maltese fait par un autre dessinateur, c’est exactement ce que c’est censé être.

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  • La fabuleuse ligne de vie de Corto Maltese
    20 décembre 2024 17:48, par Gonzalo Iz.

    J’ai trouvé les trois précédents très bons, particulièrement Nocturnes berlinois et le dernier décevant. Je l’ai relu et je n’ai pas changé d’avis malheureusement. Quant au grand Rubén Pellejero, il fait le job, mais on est loin du sublime Dieter Lumpen.

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  • La fabuleuse ligne de vie de Corto Maltese
    21 décembre 2024 13:54, par ECHO

    L’article indique que le général Gorostieta aurait éré assassiné par suite d’une machination des services secrets américains.
    Certes les Américains ont bon dos et cette version est peut-être exacte. Ce n’est pas celle qu’on trouve sur Wikipédia :
    " Dix-neuf jours avant la date d’effet prévue pour la cessation des hostilités - sur le fondement d’un accord élaboré par l’ambassadeur américain Dwight Morrow entre le pape Pie XI et l’évêque mexicain Pascual Díaz y Barreto -, Gorostieta fut tué à la suite d’une opération des services de Renseignement du gouvernement mexicain (2 juin 1929). Le mouvement s’effondrant rapidement, Gorostieta tentait une retraite en Michoacán, où il espérait recruter des combattants et continuer la rébellion. Un agent fédéral, qui avait infiltré le cercle intérieur de Gorostieta, avertit la cavalerie mexicaine de la présence du général à Atotonilco, Jalisco, et le tua lors d’un court échange de tirs."
    Ajoutons aussi que dans la BD, Lindbergh ne bombarde pas les cristeros mais fait la démonstration d’un avion qui évidemment, permettra au gouvernement mexicain de bombarder les insurgés... Notons aussi que ce conflit opposait une "gauche" anticléricale (et souvent appartenant à la franc-maçonnerie) du côté gouvernemental et une "droite" cléricale et populaire du côté des insurgés (avec des guillemets pour la simplification), et que les USA jouèrent un rôle de médiateur pour terminer le conflit (est ce que cela passait par la mort du général Gorostieta, mystère...)
    Sinon, une très bonne BD à mon sens, pas indigne des bons crus de Pratt...

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