Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
Très bon
20 décembre 2024
Le récit débute avec les remords de Martial, installé dans sa voiture et qui vient de perdre son grand-père, Hector Grémiat. Cette mort suscite des regrets et un sentiment de culpabilité chez Martial : regrets des moments de complicités qui ne seront plus et remords de l’avoir délaissé depuis deux ans.
La BD d’abord intimiste, centré sur les états d’âme de Martial et des relations familiales bien peu satisfaisantes, s’oriente rapidement vers une enquête. Le grand-père a laissé une valise, fermée à clé, pour un mystérieux Félix Larose et une correspondance amoureuse avec une certaine Georgette Blizard.
Au volant de sa Mini, Martial part donc pour Magnat l’Étrange, petit village de la Creuse traversé par la départementale D32 et comptant deux cents habitants.
Les habitants du patelin ont leurs habitudes, comme celui qui observe aux jumelles Linlin : « il y a toujours une nouvelle bizarrerie à observer ; ce type est fascinant ! Et attention, hein, tout-est-consigné ! Seize grands cahiers depuis neuf ans que je fais ça ! » (page 47).
Parce que oui, le dénommé Linlin, peintre du dimanche et « voleur » d’une bicyclette, ainsi que sa fille au caractère bien trempé font office de bouc-émissaires pour les villageois : « sans compter tous ceux qui sont convaincus que Linlin est un vampire ! On dit même qu’il transmet la rage ! » (page 47).
C’est d’ailleurs lors d’une visite à l’hôpital que Martial fait leur connaissance.
Les relations entre Martial et la jeune femme orientent davantage le récit vers la comédie, avec la scène du pique-nique par exemple, voire la comédie romantique.
Ajoutons, parmi les personnages étranges, Andy, un blogueur à l’apparence gothique et Archibald, du département chiroptérologique du musée d’histoire naturelle, que les gens du coin imaginent être des journalistes.
L’histoire devient fantastique avec le camp militaire déserté, les roses trémières géantes et les chauve-souris qui dorment en plein jour sur un arbre et se baladent la nuit, dans le village.
En parallèle de ces changements de ton, des planches sans texte viennent encore créer de l’étrangeté, au risque d’égarer le lecteur.
Par rapport à l’édition en bichromie, la mise en couleurs adoucit et convient plutôt bien à ces épisodes introspectif et sentimentaux.
À l’inverse, les couleurs pastel créent un contraste fort lors des situation fortes et douloureuses. C’est le cas par exemple, avec les souvenirs concernant le passage d’Hector dans une école spéciale : « C’étaient en des temps où l’on prêtait à la barbarie des valeurs rédemptrices. » (page 120) « Clairon à six heures du matin. Douche froide (…) on virait brutal et insensible » (page 121).
Au final, cette nouvelle publication permettra à de nouveaux lecteurs de découvrir un univers singulier et à ceux ayant déjà lu la version en noir et blanc de l’appréhender différemment. Une double lecture est de toute façon conseillée pour mieux apprécier cet album.
Voir en ligne : Entretien avec l’auteur sur le site de l’éditeur
Par Christian GRANGE
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