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Jean-Michel Nicollet est l’un des plus grands noms français de l’illustration fantastique et de la science-fiction. Il en est de même pour le roman policier : Conan Doyle, Agatha Christie, Gaston Leroux font partie de son tableau de chasse. Des réalisations magnifiques toutes présentes ici. Toutes ces pièces proviennent directement de l’atelier de l’artiste.
Dès l’entrée de la galerie Barbier de Paris, un Harry Dickson sculpté par Jean-Michel Nicollet nous accueille. Le personnage-culte de l’écrivain belge Jean Ray a curieusement pris les traits de l’artiste.
Au mur, des dizaines de Nicollet défilent, menant leur enquête aux portes de l’étrange. Le "détective de l’impossible" rencontre une floppée de personnages fantastiques et inquiétants : Jean Ray introduit dans les enquêtes une dimension surnaturelle omniprésente – créatures monstrueuses, sectes occultes, sciences interdites – qui flirte parfois avec l’horreur lovecraftienne. Nicollet s’y adonne avec délice.
Dans une deuxième partie de la galerie se trouvent les illustrations réalisées pour la plus célèbre aventure du plus célèbre des détectives : Sherlock Holmes, le Chien des Baskerville (Gallimard).
Les techniques sont variées : ici des photos en noir et blanc rehaussées à l’acrylique ; certaines photographies ont été prises par Doisneau ; là, c’est l’aérographe qui confère à certaines pièces une texture particulière, plus loin ce sont les encres qui se déploient dans leurs infinies variations… Tout au long de sa carrière Nicollet n’a cessé d’explorer, de tester toutes les techniques d’avant le numérique... repoussant sans cesse les frontières de l’imaginaire, dans la tradition des grands peintres. C’en est d’autant plus bluffant.
Dans cette exposition, c’est un condensé de la complexité de l’œuvre de l’artiste. Nicollet illustre des auteurs avec un respect de l’esprit des textes, mais aussi une lecture personnelle teintée d’ironie. Il joue des codes du fantastique et de la science-fiction, qu’il revisite avec une esthétique à la fois rétro et subversive. Il affectionne les métamorphoses, les assemblages improbables, les créatures biomécaniques, dans une tradition qui pourrait convoquer Jérôme Bosch, Arcimboldo ou même les surréalistes. Ce goût du grotesque savant, mêlé à une forme de désir polymorphe, donne à ses œuvres une densité troublante.
La sélection est hétéroclite, les pièces n’ont pas été toutes réalisées à la même période, et pourrtant, une sorte d’unité se dégage qui nous plonge dans l’esprit d’un artiste unique, qui aura marqué la figuration de l’imaginaire de son temps.
Par Kelian NGUYEN Didier PASAMONIK
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Exposition à la galerie Barbier
10 rue Choron, Paris IX
Du 28 mai 2025 au 14 juin 2025
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