Très bon
31 mai 2025
Alors qu’il a enfin achevé le vaccin contre le no-sex, le virus qui neutralise la libido masculine, Reito est enlevé par un mystérieux groupe qui le jette en cellule avec Akane. Leur demande est simple et constitue l’arlésienne de la série : ses kidnappeurs veulent qu’ils couchent avec des femmes. Et pour briser sa volonté, ses ravisseurs lui annoncent la mort de Mira. Le piège est grossier mais l’isolement prolongé semble faire son effet sur Reito qui se comporte étrangement...
L’intrigue principale du manga s’était achevée au tome douze avec la finalisation du vaccin contre le MK Virus (qui tue exclusivement les hommes) et les machinations de l’United Women révélées au grand jour. Cependant les auteurs ont décidé de continuer avec une nouvelle intrigue (le virus no-sex), mais comme nous l’avions noté cet acte supplémentaire, baptisé After World, n’apportait rien de neuf et reprenait parfois à la lettre certains éléments (la situation du nouveau protagoniste Riku est par exemple identique à celle de Shôta).
Ce dernier tome revient finalement aux fondamentaux en se focalisant sur la relation entre Reito et Mira, et leur histoire d’amour longtemps retardée. Alors que la menace du no-sex semble à son tour neutralisée, les auteurs sortent un nouveau "virus" dans le but de mettre en avant la sous-intrigue des clones - rappelons que Mira est un clone de la défunte bien aimée de Reito, Elisa. Un tour de passe-passe un peu facile mais qui a le mérite de renouer avec une certaine intensité et émotion, et de se recentrer sur le protagoniste initial du titre.
De ce fait, ces épisodes ultimes se révèlent fort réussis et même Akane, l’infirmière obsédée sexuelle, bénéficie d’un développement et d’une conclusion qui fera verser sa larme au lecteur. De façon générale, outre le couple principal au cœur du maëlstrom, chaque personnage a droit à son dénouement, voire à son intervention (Riku trouve même une petite utilité). Bref le final est soigné et satisfaisant, s’inscrivant dans le sérieux dont les auteurs ont généralement fait preuve avec leur manga.
En dépit d’un propos de type série Z érotique - suite à un virus tueur il ne reste plus que quelques hommes sur Terre qui doivent coucher avec un maximum de femmes pour assurer la survie de l’humanité - World’s End Harem s’est toujours distingué par le soin apporté aux dessins, aux intrigues alambiquées et aux motivations des personnages. C’est en ce sens que ce fut un objet haut de gamme qui a connu un joli succès auprès d’un lectorat amateur de ce type de titre.
Réservée à un public averti, l’œuvre tire donc sa révérence avec un très bon dernier tome concluant d’une part une seconde partie à l’intérêt limité, mais surtout de l’autre une excellente série érotique qui a été au bout de sa logique, assumant ses outrances et ses fantasmes avec aplomb. Un classique qui aura marqué la fin des années 2010, à découvrir ou redécouvrir.
Par Guillaume BOUTET
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World’s End Harem T.18. Par Link (scénario) et Kotarô Shouno (dessin). Traduction : Fabien Nabhan. Delcourt/Tonkam, collection "Seinen". Sortie le 21 mai 2025. 240 pages. 8,50 euros.
World’s End Harem sur ActuaBD :
– Lire la chronique du tome 1
– Lire la chronique des tomes 2 & 3
– Lire la chronique du tome 7
– Lire la chronique du tome 11
– Lire la chronique du tome 12
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