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Pénélope Bagieu fait partie de ces autrices dont beaucoup de lectrices et de lecteurs ont l’impression d’avoir suivi l’évolution presque en temps réel. Il y a d’abord eu le blog Ma vie est tout à fait fascinante, puis Joséphine, qui l’ont imposée avec un ton immédiatement identifiable : drôle, vif, ancré dans le quotidien, mais jamais réduit à la simple chronique légère.
La suite a rapidement révélé une autrice capable de se réinventer, de changer de registre, de format et d’ambition. Cadavre exquis, California Dreamin’, Culottées, Sacrées Sorcières ou encore Les Strates composent aujourd’hui un parcours bien plus riche et diversifié qu’on ne le résume parfois.
L’exposition amiénoise avait justement le mérite de rendre visible cette diversité. Sur les murs, couvertures et albums dessinaient un long fil rose reliant près de vingt ans de création, de 2008 à 2026. Mais le parcours ne se contente pas d’aligner les ouvrages : il cherche également à reconstituer un univers. Objets, installations, évocation de son intérieur, bibliothèque remplie d’influences, clins d’œil à ses chats pour les habitués de ses réseaux sociaux… L’ensemble donne à voir non seulement une œuvre, mais aussi une manière d’habiter la création, entre humour, mémoire personnelle et curiosité insatiable.
Cette traversée permet également de mieux replacer ses deux ouvrages les plus récents. Avec La Nuit retrouvée, Pénélope Bagieu accompagne Lola Lafon dans un récit plus intime, au cœur de la forêt des Landes, autour d’un secret confié dans la nuit. Le livre s’inscrit dans une veine plus sensible, plus silencieuse peut-être, où le dessin laisse respirer les émotions et les non-dits.
À l’inverse, Incendie ! Canadair à la rescousse adopte la forme d’un documentaire jeunesse consacré aux feux de forêt et aux avions qui les combattent. Deux livres très différents, mais qui disent aussi quelque chose de son parcours : une capacité à passer d’un registre à l’autre sans jamais perdre son attention au récit, au rythme et au lecteur.
Dans le podcast qui accompagne cette rencontre, Pénélope Bagieu revient sur cette exposition, sur ce que cela représente de voir son travail ainsi réuni, mais aussi sur la manière dont chaque livre correspond à une période de sa vie, à une envie, parfois même à une nécessité. Une conversation généreuse avec une autrice qui, près de vingt ans après ses débuts en librairie, continue d’explorer de nouveaux territoires et de se déplacer là où on ne l’attend pas toujours.
Par Colin BESNIER
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L’exposition est encore ouverte lors des deux derniers week-end des Rendez-vous de la Bande Dessinée d’Amiens les 13, 14, 20 & 21 juin 2026