Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
L’année 2026 est placée sous le pavillon de la BD finlandaise. Le festival d’Aix-en-Provence a inauguré en mai dernier Sarjakuva, une série de manifestations qui mettent à l’honneur la création finlandaise dans l’Hexagone tout au long de l’année.
À Paris, parfums scandinaves et mercantiles
En ce mois de septembre, c’est au festival parisien Formula Bula de prendre le relais. Parmi une série d’expositions consacrées à un panel varié d’auteurices, les Moomins se font une place, certes discrète. Les trolls venus du Nord occupent les murs de l’espace familial Formula Bambini. Ils prennent également part à la programmation hors les murs, avec une exposition et de nombreuses activités proposées dans les médiathèques de l’Heure joyeuse, dans le Ve arrondissement de Paris, et Aimé Césaire, dans le XIVe, jusqu’au 3 octobre 2026.
Les trolls et leur univers s’installent plus visiblement encore dans la capitale avec une boutique qui leur est entièrement consacrée, elle aussi ouverte jusqu’au 3 octobre 2026. Au 36, rue Étienne-Marcel, à deux pas de Châtelet, les Moomins et leurs innombrables produits dérivés occupent une petite mais dense boutique au cœur de Paris.
La quasi-totalité des produits proposés est importée, non pas du nord de l’Europe, mais du Japon. Là-bas, les trolls aux allures d’hippopotames sont devenus un véritable phénomène depuis les années 1990 et la diffusion de la série animée tirée de leur univers, coproduite notamment par des studios japonais. Un parc à thème leur est même consacré, le Moominvalley Park, à Hannō. Il est donc assez naturel que l’offre de produits dérivés soit à la mesure de l’engouement que leur portent les Japonais. Tout y est : vêtements, pins, mais aussi vaisselle ou torchons. Et, bien sûr, dans un coin, les œuvres originales : les albums de bande dessinée signés Tove Jansson, édités en France par Le Lézard Noir.
L’éditeur prépare, par ailleurs, une nouvelle édition de l’intégrale des œuvres de l’autrice finlandaise. Jusqu’alors disponibles en une dizaine de volumes, les 21 histoires seront réunies dans un volume de plus de 400 pages, bénéficiant d’une fabrication particulièrement soignée. Un objet de collection qui se veut une édition définitive et qui prolonge le travail patrimonial de l’éditeur. Celui-ci avait reçu le Prix du patrimoine à Angoulême en 2008 pour son édition de Moomin et les brigands. Cette nouvelle intégrale fera l’objet d’une campagne de financement participatif lancée dans quelques jours.
De l’autre côté de la Manche : une autrice redécouverte
Déjà présente dans l’exposition Queer as Comics, Tove Jansson se voit consacrer une exposition monographique au Quentin Blake Centre for Illustration de Londres. Redécouverte ces dernières années au-delà du seul phénomène Moomins, notamment à travers sa vie et ses relations avec des femmes, l’artiste est souvent restée dans l’ombre de son œuvre, au point que certains imaginent parfois les Moomins d’origine japonaise.
Tove Jansson and Her Families entend précisément remettre en lumière la femme et l’autrice à travers son œuvre. Ouverte à partir du 21 novembre 2026, cette nouvelle exposition, placée sous le commissariat de Paul Gravett, présentera des illustrations, des strips, mais aussi une série de documents davantage centrés sur la vie privée de l’autrice. Certaines pièces seront montrées au public pour la première fois. L’événement est d’autant plus notable qu’il s’agit de la première grande exposition consacrée à Tove Jansson au Royaume-Uni.
Au-delà d’un anniversaire tardivement célébré, cette actualité particulièrement riche remet en lumière une œuvre patrimoniale en explorant toutes ses facettes, de la création littéraire et graphique à la pop culture, jusqu’à la transformation des Moomins en une licence internationale.
Par Kelian NGUYEN
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Photos : Kelian Nguyen
Participez à la discussion