Favori de la rédaction
17 avril 2025
C’est un véritable chef-d’œuvre que l’on tient entre les mains. Une magnifique réalisation à plusieurs points de vue. L’occasion, d’abord, pour nous de parler une nouvelle fois du célèbre Frankenstein, qui, rappelons-le encore et inlassablement, est le nom du scientifique ayant donné naissance à la créature à qui l’on affuble trop souvent le patronyme de son géniteur. Bravant la mort et avide de reconnaissance dans le monde scientifique, Victor Frankenstein a trouvé le moyen de redonner la vie à un puzzle humain composé de morceaux de défunts glanés ici ou là sur des cadavres fraîchement enterrés.
Mais la créature qu’il engendre est dotée d’un fort sentimentalisme qui la pousse à vouloir être reconnue par les Hommes comme une personne digne de ce nom. Elle désire l’amitié, voire l’amour, et veut entrer en relation avec l’autre. Cependant, son aspect terrifiant fait peur et la pauvre créature ne subit que le rejet et la détestation. Dès lors, elle décide de poursuivre son créateur pour lui imposer sa volonté : créer une seconde chimère avec qui elle partagera sa « vie ». La « bête » promet une vengeance terrible sur les proches de Frankenstein si ce dernier refuse d’accéder à ses désirs. La suite, on la connaît…
Entièrement réalisée à la carte à gratter, cette bande dessinée montre la maîtrise de Meritxell Ribas Puigmal dans cette technique. Les noirs profonds mettent en valeur chaque coup de stylet pour donner vie aux personnages dans des ambiances et des décors absolument sublimes. Les textures, les formes et les reliefs apparaissent comme nulle part ailleurs, tant tout est réalisé avec une minutie chirurgicale, conférant à l’ensemble une élégance rare et macabre à la fois. Cette atmosphère est renforcée par une mise en couleur de certains épisodes ou de certains détails qui traduisent les sentiments et les émotions des protagonistes (terreur, tristesse, inquiétude ; joie et bonheur également).
Ces couleurs ne sont pas les seuls ajouts par rapport à la version originale parue aux éditions Petit à Petit en 2009. Un format plus grand a permis la suppression des marges et à la dessinatrice d’ajouter plus de détails à certaines images. Douée d’une meilleure maîtrise de la carte à gratter, elle dit avoir pu corriger certaines de ses erreurs commises sur le premier opus.
Bien que le catalogue des Aventuriers d’Ailleurs propose beaucoup d’ouvrages jeunesse, ce Frankenstein s’adresse à un public plus large qui apprécie les beaux objets réalisés avec excellence.
Par Romain BLANDRE
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