Du jamais vu : le Grand Prix d’Angoulême appelle au boycott du Festival !

Par Didier PASAMONIK 18 avril 2025 
Dans L’Humanité, Anouk Ricard, Grand Prix 2025 d’Angoulême, annonce qu’elle signe avec 400 auteurs une pétition pour réformer la gouvernance du Festival. En cause le renouvellement du contrat entre 9eArt+ et l’Association du Festival International de la BD d’Angoulême (FIBD) et un management jugé « toxique » qui ne tient plus compte de la parole des auteurs. C’est la première fois qu’un Grand Prix monte ainsi au créneau pour peser sur cette question, soutenu par bon nombre d’auteurs, d’éditeurs et de gens de la profession.

La pression ne redescend pas sur le FIBD, son délégué général Franck Bondoux, sa société 9eArt+ et Delphine Groux, la présidente de l’Association du FIBD qui a délégué à cette entreprise sa gestion depuis 2007 et qui aimerait reconduire cette collaboration dans le cadre d’une nouvelle société dont les contours sont en ce moment encore flous.

En janvier dernier, le journal L’Humanité Dimanche publiait une enquête, largement reprise par les médias, accablante pour le festival : pratiques managériales contestables, licenciement d’une ancienne employée à la communication après qu’elle ait dénoncé un viol lors de la 51e édition, etc. Cette dernière affaire avait suscité beaucoup d’émotion et vu fleurir partout dans le festival des affiches « Chloé on te croit ».

Du jamais vu : le Grand Prix d'Angoulême appelle au boycott du Festival !
Entre messages de soutien et revendications, les murs angoumoisins étaient politiques en janvier dernier.
Photos : Kelian Nguyen

Aujourd’hui, L’Humanité publie un nouvel article qui poursuit son enquête et qui annonce que l’actuelle directrice artistique de l’événement, Marguerite Demoëte, dont la compétence est largement reconnue, s’était vue, selon le quotidien communiste, « proposer contre son gré une modification de son contrat recentrant ses missions au secteur jeunesse, ou un licenciement économique en cas de refus. »

« Ni ces affaires ni les critiques sur la gestion de 9e Art+, poursuit la journaliste Lucie Servin, ne semblent émouvoir Delphine Groux, la présidente de l’association du FIBD, seule légitime à décider de la mise en concurrence éventuelle de cet événement, financé à 44 % par des fonds publics (soit 2,7 millions d’euros). La présidente assure Franck Bondoux de son entière confiance et invite à « capitaliser sur la réussite plutôt que de prendre le risque de déstabiliser le festival  ».

Ce refus de faire un appel d’offre qui permettrait d’envisager de changer de prestataire (qui en a encore pour deux ans) interpelle la profession qui, de façon quasiment unanime : auteurs, éditeurs, partenaires institutionnels, y compris le ministère de la Culture, demande à ce que s’institue cette mise en concurrence.

Anouk Ricard lors de la remise du Grand Prix en janvier dernier
Photos : ActuaBD

« L’idée d’un boycott fait, elle aussi, son chemin. Trente-cinq maisons d’édition sur les 48 que représente le SEA l’envisagent. Une position partagée par les 400 auteurs et autres professionnels… » constate L’Humanité, tous signataires d’une pétition dont… le Grand Prix d’Angoulême 2025, Anouk Ricard.

L’Association du FIBD, c’est environ 70 membres, angoumoisins et non angoumoisins. Le conseil d’administration de l’association du FIBD se réunit ce vendredi 18 avril 2025 pour examiner le contrat qui la lie à la société prestataire 9e Art+ et qui, selon les vœux de beaucoup devrait être dénoncé avant le mois de mai.

Peut-être en saura-t-on un peu plus à la fin de la journée sur la nature de cette nouvelle société que Delphine Groux et 9eArt+ envisagent de créer.

Affaire à suivre…

L’Humanité compte déjà plus de 400 signatures en ligne parmi lesquelles des auteurs réputés comme... Anouk Ricard, le dernier Grand Prix du Festival.
© L’Humanité

Voir en ligne : LE TEXTE INTEGRAL DE LA PETITION

Par Didier PASAMONIK

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✏️ Anouk Ricard Festival Prix Marché de la BD : Faits & chiffres Angoulême 2026
 
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12 Messages :
  • Pas la peine de signer une pétition pour ne pas aller à Angoulême. Si on vous invite, suffit de décliner l’invitation.

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    • Répondu par Tim le 19 avril 2025 à  08:43 :

      ça n’aurait pas beaucoup d’impact... L’objectif de la menace d’un boycott est de médiatiser l’affaire, de la faire connaître au public et de faire pression en espérant que les choses évoluent. Ignorer poliment une invitation ne fera rien avancer.

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      • Répondu le 20 avril 2025 à  07:46 :

        Il y avait une pointe d’humour absurde dans mon commentaire. Mais bon, la BD, c’est devenu tellement sérieux.

        Et les auteurs qui en sont jamais invités à Angoulême parce qu’ils ne vendent pas assez (les éditeurs invitent els auteurs qui peuvent être rentables sur un festival pour amortir les frais. Ces auteurs invisibilisés ne peuvent pas boycotter et n’y ont aucun intérêt, non ?

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  • Je suis bien d’accord avec cette pétition, mais pourquoi l’avoir publié dans L’Humanité ?
    Elle aurait mieux trouvé sa place dans les pages de Libération ou du Monde !!

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    • Répondu le 18 avril 2025 à  15:11 :

      Communiste ou pas, ça fait un petit moment que l’Humanité fait un meilleur boulot d’investigation que Libé. Et Libé ne se vend guère plus…

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  • Dans l’extrait de l’Humanité. en illustration en bas de votre article, je lis : "il est devenu un évènement d’un intérêt public pour la survie de notre médium."

    Si la bande dessinée a besoin du secours de ce festival charentais pour survivre, c’est peut-être plus la peine de s’y rendre et le mieux est de passer à autre chose, d’inventer un autre art.

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    • Répondu par Roger le 19 avril 2025 à  14:49 :

      Le festival d’’Angoulême est le seul moment de l’année où les médias généralistes daignent parler de bande dessinée (sauf quand sort un nouvel Astérix). C’est là le sens de la phrase que vous citez, les auteurs ne sont pas responsable de cet état de fait avéré ni de l’existence de ce marronnier. C’est à ce titre qu’on ne peut pas se passer d’Angoulême, par contre on peut encore choisir qui organise le festival, et d’y aller, ou pas.

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    • Répondu par Gina Vanilla le 19 avril 2025 à  16:23 :

      C’est le plus grand Festival BD de France, avec plus de cent mille visiteurs sur quatre jours. Il existe d’autres festivals (festiveaux ?) en France, les plus réputés sont Saint-Malo et Blois, mais ils n’ont pas la même renommée internationale...sans compter les nombreuses organisations qui se déroulent dans toute la France, à une échelle plus petite, et donc plus sympathique (parfois, l’entrée est gratuite, et il ne faut pas attendre une demie -heure pour une dédicace, parfois on peut même amener un album déjà acheté à l’extérieur et papoter cinq minutes avec le dessinateur.) Ce qu’il y a de mieux à Angou, ce sont les expos et les débats !

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      • Répondu le 19 avril 2025 à  21:43 :

        Saint-Malo et d’autres mériteraient largement de supplanter Angoulême une bonne fois pour toutes en terme d’exposition médiatique. C’est ce qui finira par arriver si l’organisation du festival d’Angouléme n’est pas revue de fond en comble. Il faut en changer la gouvernance avant que les dégâts soient irrémédiables. La légitimité du festival et de son palmarès (dont justement les grands médias se contrefichent) est déjà gravement atteinte.

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      • Répondu le 20 avril 2025 à  08:04 :

        « La renommée internationale… Très relatives.
        Le rayonnement de la culture française dans toute sa prétention !
        Je me souviens d’un (gros) producteur de dessins animés à Los Angeles qui n’avait jamais entendu parler du festival international de la BD d’Angoulême, alors qu’il connaissait bien la foire du livre jeunesse de Bologne et la foire du livre de Francfort. J’ai donc essayé de lui situer Angoulême. Il n’avait jamais entendu parlé de cette ville. Je lui ai dit que c’était à côté de Bordeaux. Il a souri, il connaissait bien le vin de bordeaux. »

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        • Répondu par Roger le 20 avril 2025 à  17:57 :

          Sauf que la bande dessinée n’est ni du dessin animé, ni du livre jeunesse (en tout cas pas systématiquement). Votre anecdote n’est éloquente que pour les amalgames que vous faites entre ces différentes disciplines bien distinctes.

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  • Bravo Anouck Ricard (et tous les autres) !

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