Très bon
17 avril 2025
Les éditions Glénat semblent parier sur le succès à venir de l’auteure Oreco Tachibana sous nos latitudes : en effet, après la publication en simultané de deux séries, l’artiste sera présente comme invitée à la prochaine Japan Expo 2025. Au regard de la qualité de son œuvre, on ne peut que vous conseiller de guetter sa venue prochaine du côté du parc des expositions de Paris Nord – Villepinte.
On retrouve donc notre héroïne, Satoko, là où nous l’avions laissée : pour survivre, elle décide de travailler comme courtisane dans une maison close. Novice des choses de l’amour ou de la séduction, la jeune femme angoisse à l’idée de recevoir un premier client… d’autant plus que son protecteur, le lunatique Shinpei, ne goûte guère l’idée de la voir fréquenter un autre homme !
La séquence ne manquera pas de piquant, car le premier client en question est affable de prime abord… avant de se transformer en monstre lubrique dès qu’il a bu une goutte d’alcool ! Ajoutez à l’équation un Shinpei possessif au point de devenir violent avec son rival et vous obtiendrez un plaisir de lecture non dissimulé.
À nouveau, nous avons particulièrement apprécié le style narratif déployé par Oreco Tachibana, qui ne laisse aucun temps mort aux lecteurs. On est ainsi pris dans un tourbillon allant de l’action sanglante (grâce aux moments de bravoure de Shinpei) à des récits réussis de tranches de vie (Satoko apprenant à travailler dans une maison close), pour aboutir à de touchants moments de drame romantique.
L’écriture des personnages vaut ainsi le détour, notamment pour l’héroïne. Satoko a un caractère bien trempé, mais sa découverte du monde ne se fait pas sans heurts (pour rappel, à cause de sa maladie qui la condamne à court terme, elle avait jusque-là toujours vécu recluse au sein de sa famille noble et aisée). Comme évoqué, Satoko est novice en amour et les événements successifs la questionnent : est-elle amoureuse de Shinpei ?
Satoko n’est pas l’unique personnage à recevoir l’attention de son auteure : dans ces deux tomes, la description de l’univers propre aux maisons closes fait mouche. En effet, la tension règne entre les pensionnaires de ces établissements, entre la nécessité de dominer les autres pour s’en sortir pour les premières, et la fragilité des espoirs qui permettent d’encaisser la rudesse de la vie pour les secondes. À travers une galerie plutôt touchante de personnages, bien souvent féminins, Oreco Tachibana propose une dynamique intéressante pour définir le sentiment amoureux et ce que l’individu est prêt à sacrifier pour accéder à ses rêves.
Portés par un très joli trait (qui se démarque particulièrement durant les séquences d’action et l’acmé des séquences romantiques), ces deux tomes (D)es Noces des lucioles ont été pour nous une lecture très plaisante qui mérite le détour.
Par Romuald LEFEBVRE
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Les Noces des lucioles T.3. Par Oreco Tachibana (scénario et dessins). Traduction de Mathilde Vaillant. Glénat. Sortie le 16 avril 2025. 192 pages. 7,90 Euros.