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Mon Copain Frankenstein - Par Vincent Kings et Hélène Lespagnard - Sarbacane

Par Romain BLANDRE Bon 30 mars 2026 
Les adaptations du roman de Mary Shelley en bande dessinée se multiplient depuis l’année dernière. Elles sont nombreuses à tenter d’adapter au mieux l’ambiance gothique et horrifique du texte d’origine, tout en prenant plus ou moins de liberté ou en représentant le monstre de la façon la plus originale possible. Cet ouvrage à destination des plus jeunes voit s’associer Vincent Kings, auteur d’origine californienne, à l’illustratrice belge Hélène Lespagnard, pour un résultat pour le moins surprenant…
Mon Copain Frankenstein - Par Vincent Kings et Hélène Lespagnard - Sarbacane

La bande dessinée s’ouvre avec l’enterrement de Madame Frankenstein, décédée depuis peu. Elle laisse seuls son mari et le jeune Victor. Depuis peu, Elizabeth vivait dans le manoir des Frankenstein avec sa mère qui venait d’être embauchée comme gouvernante par la famille. Elizabeth fréquente la même école que Victor. Espiègle, elle aime se mêler de tout et mettre les pieds dans le plat, surtout quand ça dérange. La preuve, elle veut devenir journaliste et tient la gazette de l’école.
Le jeune Victor Frankenstein, quant à lui, et une sorte de génie surdoué qui consacre sa jeunesse à la science. Son objectif ultime est de travailler dans la communauté scientifique et, pour cela, d’entrer à l’Académie d’Ingolstadt. L’occasion rêvée lui est donnée quand est organisé un concours de sciences dont le premier prix permettra d’obtenir le précieux sésame pour accéder à cette institution prestigieuse.
Le jeune Victor œuvre désormais en secret pour obtenir la première place. Quoi de mieux que de redonner la vie aux défunts pour éblouir le jury ? Victor se lance alors à la quête du « matériel » nécessaire à son chef-d’œuvre et, par une nuit orageuse, il crée un monstre gigantesque et tout couturé, dont le visage verdâtre est affublé d’un troisième œil.

Horrifié par sa création qui lui échappe, Victor sombre dans une profonde dépression. Non seulement il est le créateur d’une horreur ultime, mais en plus, il se rend compte qu’à trop jouer avec la science, il l’a complètement dévoyée. De son côté, Elizabeth veut absolument alimenter les pages de son journal et l’occasion est trop belle pour la laisser filer. Elle réussit à apprivoiser la créature dans le but premier de l’interviewer. Au fil des discussions, elle se rend compte de la fragilité de cet être conscient qu’il est composé de fragments de morts et que son créateur ne veut pas de lui.
Dès lors, la bête va vouloir aider Victor afin que ce dernier puisse accéder au monde des chercheurs. Cela lui permettrait de sauver celui qu’elle considère comme son père, tout en donnant un sens à « sa vie ». Aidée d’Elizabeth, la créature réussit tant bien que mal à se faire accepter par une société qui a peur de la différence, mais qui l’accepte à partir du moment où elle lui apporte quelque chose.
Il est vrai que cette réécriture du mythe de Frankenstein est certainement celle qui est la plus éloignée de l’œuvre d’origine. Pour cause : elle s’adresse à un jeune public qui ne doit pas être choqué par le caractère particulièrement glauque et tragique du roman de Mary Shelley. Les deux auteurs ne se privent pourtant pas de proposer des scènes très sombres. Le tout est cependant apaisé par une mise en couleur plutôt heureuse. Au milieu des tombes d’un cimetière poussent de belles fleurs ; le monstre, certes couvert de cicatrices est paré de somptueux vêtements et d’un caractère drôle et plein d’autodérision.

Ce petit roman graphique pose également pas mal de problématiques sur lesquelles il est intéressant de faire réfléchir dès le plus jeune âge : l’acceptation de l’autre et de ses différences ; l’attirance des jeunes pour le macabre et le violent ; l’éducation aux médias et la possibilité de sacrifier des projets rentables dans l’unique but gratuit de venir en aide à autrui ou les conséquences de la perte d’un être cher. Un album plutôt intéressant et réussi qui bénéficie d’une production vraiment très soignée.

Par Romain BLANDRE

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Code EAN : 9791040806561
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