Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
C’est sur le compte Twitter/X de son fils Kôsei Abe que nous apprenons la disparition de Shin’ichi Abe, des suites d’un cancer des glandes salivaires. Ce dernier lui rend alors un dernier hommage :
Mon père, le mangaka Shin’ichi Abe, s’est éteint au petit matin du 4 septembre 2026 des suites d’un cancer des glandes sous-maxillaire.
Merci à toutes les personnes qui l’ont soutenu de son vivant. Je profite également de cette occasion pour présenter mes excuses à tous ceux à qui il a pu causer du tort.
La veillée funèbre et les obsèques se sont déroulées dans la stricte intimité familiale.
L’œuvre de mon père continuera de vivre pour toujours.
Né dans la ville de Tagawa le 7 avril 1950, Abe deviendra au cours des années 1970 et 1980 une figure de proue du magazine alternatif Garo. Influencé notamment par les récits intimistes de Yoshiharu Tsuge et Seiichi Hayashi, eux aussi dessinant pour le magazine, il y fait ses débuts en mai 1970 avec Un gentil garçon. Mais c’est avec Miyoko, humeur d’Asagaya, publiée l’année suivante, que l’auteur acquiert une véritable notoriété critique. Il y met en scène celle qui deviendra sa future femme, Miyoko, un personnage indissociable et central de son œuvre.
Au côté de Oji Suzuki et de Masuzô Furukawa, il fait partie du Garo Sanbagarasu, ou Garo Trio, incarnant cette nouvelle génération d’auteurs désabusés par les échecs des révoltes étudiantes de la fin des années 1960 et à la recherche de leur propre identité. De ce mal-être et de cette recherche identitaire, tant politique que générationnelle, se niche le cœur de l’œuvre de plusieurs mangakas de cette époque, va naître un genre qui va faire basculer le magazine dans une avant-garde qui le rendra célèbre : le watakushi-manga, ou la bande dessinée du « moi ».
Mais au cours des années 1980, alors âgé d’une trentaine d’années, l’auteur développe une schizophrénie et se retire peu à peu du médium, sombrant dans l’alcoolisme. Il revient sur le devant de la scène au cours des années 2000 au sein du magazine AX, successeur de Garo, pour lequel il mettra à profit ses dernières créations.
C’est à cette même période que l’on voit naître un intérêt pour son œuvre en France, avec la sortie en 2006 de Paradis aux éditions Picquier, puis d’Une bien triste famille (2006) et des Amours de Taneko (2007), tous deux parus aux éditions du Seuil. Cette même année, les éditions Cornélius publient le recueil Un gentil garçon, qui obtiendra une nomination pour le Prix du patrimoine du Festival d’Angoulême de 2008.
On le retrouvera une dernière fois au sein de l’anthologie AX publiée en 2011 chez le Lézard Noir, avant de le voir absent du marché français pendant près de 15 ans. Il faut attendre février 2026 pour voir l’auteur revenir sur le marché français grâce aux éditions Cambourakis avec Miyoko, humeur d’Asagaya, un recueil reprenant partiellement les histoires parues dans Un gentil garçon et qui constitue aujourd’hui sa seule œuvre disponible en France.
Par Anthony APRIN
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Bibliographie de Shin’ichi Abe en France :
• Paradis, Editions Picquiers, 2006.
• Une bien triste famille, Le Seuil, 2006.
• Les Amours de Taneko, Le Seuil, 2007
• Un gentil garçon, Cornélius, 2007
• AX Anthologie, Le Lézard Noir, 2011.
• Miyoko, humeur d’Asagaya, Cambourakis, 2026.
Participez à la discussion